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traire en excitant un établissement qui n'auroit point eu lieu sans cela. L'auteur ajoûte : » Si un privilège exclu» fiféroit,sans exception, une violation » des droits de la société , comment » toutes les nations de l'Europe,les plus » attachées à la liberté, auroient - elles » confié l'exercice du commerèe des » Indes à une Compagnie privilégiée? » Cette question ne résoud pas la difficulté; car on pourroit demander aussi à l'auteur pourquoi les Anglois, à chaque renouvellement du privilège de leur Compagnie, demandent ils la liberté du commerce aux Indes ? » Etoit» il un moyen plus certain , continue » l'auteur, d'intéresser à ce commerce » le plus grand nombre possible de ci» toyens, que de subdiviser en trente » ou quarante mille parts tous les » fonds qu'on pouvoit y employer ? » La plus grande subdivision possible » d'intérêts une fois établie, étoit - il

» contraire à la sagesse & à la justice ds » Gouvernement, de réunir ces divers » intérêts dans leur mouvement , si » cette unité d'opérations conconroit à » leur avantage & à celui de l'Etat ? » Etoit-ce enfin une violation des droits » de la société que de présumer que les » hommes, toujours décidés par le mo» ment présent & par leur intérêt, peu» vent quelquefois, même dans le ccm» merce, recevoir des règles salutaires » de la part du Gouvernement , dont » l'œil paternel parcourt la masse en» tière des citoyens, & lie continuelle» ment le présent à l'avenir ?... » La formation de la Compagnie des Indes ne fut point l'ouvrage de la cupidité;il fallut échauffer les esprits par le patriotisme, & les aiguillonner par · la vanité. Louis XIV écrivit à ce sujet aux Maires & Echevins des principales villes du Royaume ; il engagea les grands Seigneurs à] concou

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rir à cet établissement ; ses Edits ne disent point, voulant favoriser tels & tels, mais sur ce qui nous a été représenté qu'il étoit du bien de notre Royaume , & c. La Compagnie a toujours été maintenue dans cet esprit, & ce fut sans doute ce qui détermina le Gouvernement à la faire régir par des Commissaires du Roi , & à ôter ensuite aux Actionnaires la nomination de ses Directeurs. » Vous rendez compte de toutes les » ventes que la Compagnie a procurées - » à l'Etat depuis 1725 , qui montent, » dites-vous , à trois cens millions ; » vous énumérez ensuite toutes les » sommes que le Roi a payées à la » Compagnie, & vous les faites mon» ter depuis cette époque à 376 mil» lions, & vous concluez que 3oo mil» lions de vente ayant coûté à l'Etat » 376 millions, il est clair que la Com» pagnie lui a constamment été à char

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L'auteur prouve à M. l'Abbé Morellet qu'il s'est trompé sur la somme des ventes. Il examine la méthode que cet * écrivain a suivie pour diminuer en apparence l'étendue du commerce de la · Compagnie. Il passe d'abord sous si· lence les ventes aux Indes des marchan· dises d'exportation ; il retranche ensuite le montant du commerce de la Chine , de la Guinée, du Sénégal & · du Canada. Le tableau des sommes payées par le Roi va jusqu'à l'année 1769 & le tableau comparatif des ventes finit à 1756. On n'y a fait entrer · que le retour des Indes ; on a fait de leur montant une moyenne proportion· nelle entre 44 années, afin d'affoiblir ainsi la fin par le commencement, & · la paix par la guerre; & l'on compare ensuite le résultat que donne une Pa

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