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en rapport avec celle de la stratification d'abord et de la continuité des assises ensuite. Il en est à peu près de même pour les calcaires lorsqu'ils sont plus ou moins marneux, ou lorsqu'ils alternent en bancs peu épais avec des couches marneuses. Quant aux calcaires purs des parties supérieures et aux poudingues des anciens rivages, les fentes qui les découpent leur donnent une grande perméabilité qui permet un dessèchement facile et rapide du sol. Les sources, en général peu considérables et tarissant dans les grandes sécheresses, naissent à leur base, sur les couches marneuses. Aucun Khonos (Katavothron ) ne paraît y exister.

Comme dans les autres pays, sur les roches facilement désagrégeables, molasses, argiles, marnes et calcaires marneux ou crayeux, la terre végétale a une nature et une couleur tenant beaucoup de celles de la roche sous-jacente; elle emprunte continuellement au sous-sol une humidité dont les effets se manifestent plus longtemps à la surface. Sur les plateaux calcaires recouverts de terre végétale argilo-sableuse rouge, assez épaisse, l'humidité se comporte comme dans les calcaires gris, elle disparaît depuis les premières chaleurs de juin jusqu'aux premières pluies d'octobre, les roches calcaires n'en ayant que fort peu à lui céder.

C'est seulement dans les parties inférieures formées par les molasses et les marnes, qu'il peut exister de véritables nappes d'eau; mais elles doivent être peu importantes en raison du peu d'étendue des bassins, et il est peu probable qu'elles soient suffisantes pour alimenter de petits puits artésiens.

Usages économiques. Toutes les roches suffisamment solides donnent partout du moellon pour les constructions grossières. Certains bancs calcaires, dans les alentours des villes, surtout de Khania et de Rhethymnon, donnent de la pierre de taille poreuse jaunâtre, de petite dimension, analogue à celle de Malte. Dans des bancs plus durs, on taille à Khalepa de petites pierres à eau, et à Prosnero des pierres à moudre le grain et pour des huileries; Sur quelques points on en fait de la chaux. On pourrait aussi en tirer de bons matériaux pour les chemins. Les argiles sont rarement assez dépourvues de matière calcaire pour donner de bonnes poteries; on les emploie cependant à cet usage sur quelques points. Les gypses, ainsi que je l'ai dit, sont exploités à Kaleriana près de Kisamo-Kasteli, pour donner de la force aux vins; je ne me suis pas aperçu qu'il en fût de même pour ceux de Messara et de Hierapetra. Enfin j'ai parlé, pages 574-76, de tentatives d'extraction des lignites à Palæoloutra et à Myrthio.

Végétation. L'humidité naturelle plus grande des molasses et surtout des argiles et des marnes, imprime à leur végétation un caractère différent de celui des calcaires, et qui les rapproche davantage des talschistes et du macigno, sans que cependant les bruyères y soient aussi abondantes. Quant à la flore des calcaires elle est identiquement celle de la zone inférieure des calcaires gris, ainsi que je l'ai dit page 551 et surtout page 34.

Appendice.

Dépôts des hautes plaines,

Des dépôts qui paraissent plus récents que ceux qui ont été décrits jusqu'à présent, ont été formés dans de véritables bassins situés dans les dépressions des montagnes. Malgré leur faciès fort analogue à celui des dépôts diluviens, je ne pense pas qu'on doive les rapporter au commencement de la période actuelle. Je les considère comme les analogues de ceux que Boblaye caractérisait ainsi en Morée «Les bassins fermés contiennent des dépôts d'alluvion depuis la période tertiaire subapennine inclusivement jusqu'à l'époque actuelle; aucun d'eux n'ont les caractères de dépôts marins. L'ouverture, à travers l'enceinte de ces bassins, de chasma souterrains, comme dans la plaine de Tripolitza, ou de fentes extérieures, comme dans la plaine de Sinano, les a dénudés et permet d'étudier la succession des dépôts » (1).

Plaine de Kadano. Au centre de l'éparkhie de Selino, existe une dépression qui s'ouvre aujourd'hui à la mer par le vallon du Vlithias, mais qui était certainement un bassin fermé pendant le dépôt des matériaux qui en occupent la partie basse. Sa surface de 15 à 20 kilom. carrés d'étendue, est unie, mais découpée par des vallons qui vont en s'approfondissant à l'extrémité S.-O. par laquelle s'échappe le Vlithias, ou plutôt ses deux ramifications qui limitent la plaine au S.-E. et à l'O. Entièrement formé aux dépens du terrain talqueux, ce dépôt consiste, dans la partie méridionale, en argile sableuse et talqueuse jaune (926), stratifiée horizontalement, renfermant sur plusieurs points des bancs ou lits de poudingue quartzo-talqueux jaune-grisâtre (927), quelquefois plus dur à ciment un peu ferrugineux (928). La partie supérieure renferme des lits ou des veines irrégulières de grès talqueux et ferrugineux brun-jaunâtre (929). Ce dépôt paraît avoir plus de 60m d'épaisseur sur son bord S.-O. à la naissance du vallon du Vlithias où l'on aperçoit les

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(1) Expédition scientifique de Morée, Géologie, p. 336.

talschistes sous-jacents. La plaine tout arénacéo-argileuse, de couleur jaune-rougeâtre, est peu cultivée, excepté dans les vallons et les dépressions où les habitations sont souvent disséminées au milieu des oliviers et des champs de céréales; la mosquée de Kadano est à 427".

Omalos. Dans la partie occidentale des Aspro-Vouna, se trouve ce bassin sans issue dont le fond ovale-triangulaire, de 10 à 12 kilom. carrés, a sa surface légèrement relevée vers le S. et sillonnée dans cette partie par de légers vallons. C'est certainement un ancien lac presque entièrement comblé par des matériaux descendus, comme aujourd'hui encore, des pentes du Volakia; le sol argilo-sableux jaune-rougeâtre, avec de petites pierres calcaires, est occupé en partie par des friches où paissent les moutons, et en partie par des champs de céréales. Le bord méridional atteint 1,067m d'altitude.

Plaine d'Askypho. La plaine de ce nom, dans la partie orientale des mêmes montagnes, est également fermée, mais beaucoup plus petite; son ancien fond doit aussi avoir été recouvert de dépôts formés dans un lac. La périphérie occupée par des champs et des vignes, ne présente que des grèves calcaires, parfois agglomérées en brèches épigéiques. Le centre n'est qu'à 668m.

Plaines de Lassiti. Au cœur des montagnes de ce nom existent deux grandes plaines, dont il a déjà été plusieurs fois question, qui appartiennent toutes deux à un grand bassin fermé et qui ont été jadis deux grands lacs dans lesquels se sont accumulés des dépôts considérables.

La plus élevée, dont les eaux se déversent aujourd'hui dans la plus grande, est le Katharos au-dessus de Kritsa; c'est une plaine sillonnée par quelques vallons dans son centre et dont les bords se relèvent vers les montagnes; les talschistes et le macigno forment la partie orientale et supérieure, tandis que les deux tiers inférieurs, sont formés sur une grande épaisseur par des sables argileux, semblables à ceux de la plaine inférieure et dans lesquels des habitants de Kritsa ont trouvé des portions de mâchoires inférieure et supérieure, des dents isolées et une défense d'un petit Hippopotame (575). Le ruisseau qui sillonne la partie haute orientale, roule des petits cailloux noirs de macigno et d'autres roches; il arrive par une crevasse à parois verticales, dans la grande plaine située à 200 plus bas. La chapelle du col de Kritsa atteint 1,150m.

La grande plaine inférieure de Lassiti, dont les bords viennent au contraire horizontalement presque partout jusqu'au pied des montagnes, possède une surface parfaitement unie, à l'exception des monticules de

calcaire gris de la Panaghia et d'Haghios-Kostantinos et Haghios-Gheorghiou; aussi ne peut-on avoir de notions que sur la partie tout-à-fait superficielle de son sol, partout en culture. Le tiers supérieur offre un sable argileux grossier, donnant principalement de l'orge d'excellente qualité; les deux tiers inférieurs étant plus argileux, sont divisés par de grands fossés d'assainissement et produisent surtout du froment. Au S. d'Haghios-Gheorghiou on extrait à une très-petite profondeur des argiles employées à faire de grandes jarres. Le Khonos où se perd le ruisseau, consiste en plusieurs trous obstrués de terre et de blocs calcaires à leur fond; l'excavation qui atteint 10m environ au-dessous de la plaine, ne laisse apercevoir qu'une argile sableuse et talqueuse jaune-grisâtre (935). C'est seulement au voisinage du ruisseau que le sol de la plaine est pierreux; les blocs, très-gros au débouché de la gorge du Katharos, nʼatteignent déjà plus la grosseur de la tête à la Panaghia; au Khonos, les cailloux ne dépassent pas la grosseur d'une noix. L'altitude la plus considérable est 866m.

Plaine de Viano. Celle-ci, en partie sans écoulement, est formée par des sables argileux grisâtres, occupés, à partir du bourg qui est sur le bord septentrional, d'abord par des oliviers et ensuite par des terres cultivées au milieu desquelles j'aperçus des fossés pleins d'eau. A la sortie de Viano, à l'O., il y a un Khonos au pied d'un grand escarpement calcaire, sous un amas de gypse; il semblerait que la partie la plus basse de la plaine soit en ce point, et cependant aucun lit de cours d'eau n'y aboutit. Au bas du bourg l'altitude est de 501m.

Plaines de Silia. - Dans la partie occidentale de la presqu'île, les hautes plaines de Khandhra, de Kataleone et de Thiro sont de petits bassins intérieurs qui certainement étaient autrefois en communication les uns avec les autres, et aussi très-largement avec le golfe néogène de Piskokephalo, par Nethia. En quittant ces ruines, on voit, par-dessus les bancs calcaires, des molasses sableuses, des sables jaune-rougeâtre avec cailloux talqueux et quartzeux, qui donnent par places des poudingues friables, et qui forment la plaine de Khandhra; celle-ci, accidentée seulement par de très-légers vallons, est occupée en partie par des bruyères. Par un vallon sableux d'une part, et de l'autre par deux petites plaines sableuses, on peut arriver dans la plaine de Thiro très-unie et occupée par un argile sableuse rougeâtre avec cailloux talqueux et quartzeux (938), renfermant sur certains points quelques bancs irréguliers d'un tuf calcaire grenu, solide, sableux, avec petits cailloux quartzeux

et calcaires (939). La plaine de Kataleone est la seule que je n'aie pas visitée. La plaine de Khandhra atteint 588m, et celle de Thiro 575m.

Fossiles. Les seuls restes organiques que j'aie rapportés de ces plaines sont ceux du Katharos; ils ont été examinés par de Blainville (1), sous l'empire de son idée fixe, malheureuse, de rapporter les êtres fossiles aux espèces actuellement vivantes. C'est surtout en traitant de la distribution géographique et géologique des Hippopotames, qu'il a décrit les ossements indiqués ci-dessus. Après avoir essayé d'établir que le grand Hippopotame fossile (H. major identique pour lui avec l'H. amphibius du Cap.) varie de taille, il s'exprime ainsi, p. 65 et 86-87:

« Nous trouverons encore une dégradation évidente pour la grandeur dans un certain nombre de pièces fossiles recueillies dans une vallée de l'île de Crète... rapportées l'année dernière dans la collection paléontologique du Muséum, par M. Raulin, alors l'un des aides de la chaire de géologie, et chargé d'explorer cette grande fle dans l'intérêt de la science.

« Les pièces qu'il a recueillies sont :

< Un fragment de mâchoire supérieure du côté gauche, avec un petit morceau de palais portant les deux dernières dents molaires assez usées;

< Un fragment de branche horizontale de mandibule du côté gauche, portant également les deux dernières molaires avec l'alvéole de la précédente, indiquant un individu de la taille de l'Hippopotame de Palerme, un peu plus grand que celui auquel a appartenu la pièce précédente;

< Deux molaires supérieures séparées, une dernière et une avant-dernière du même côté gauche, et peut-être du même individu;

« Une autre également supérieure et septième, mais du côté droit, et un peu plus petite;

« Une moitié antérieure de canine ou terminale du côté droit, indiquant un animal de la taille de celui duquel provient la seconde pièce. Ces échantillons ont été figurés à moitié de grandeur naturelle, savoir :

« Pl. VII. 4 figures. Fragment de mâchoire supérieure avec les deux dernières molaires: vù par la couronne. Dernière molaire par la couronne. - Avant-dernière molaire par la couronne. 7 molaire par la couronne. « Pl. VII. 3 figures. Canine. Les deux dernières molaires encore implantées dans une portion de la mandibule : profil et couronne.

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(1) Ostéographie, etc., des cinq classes d'animaux vertébrés. 22o fascicule: Hippopotamus et Sus, p. 56, 65, 85-87, 102-104; 20 nov. 1847.

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