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nous fommes déterminés à réclamer la dernière liberté qui refte à ceux à qui l'on fait tort, la liberté de fe plaindre ce n'eft pas avec des pourfuites judiciaires qu'un corps législatif peut conferver fa dignité; qu'il commence par fe purger de la corruption & les erreurs mêmes deviendront refpectables.

Réfolu. Que l'établiffement d'une armée indépendante du Parlement, feroit une atteinte portée aux principes de la conftitution: atteinte également dangereufe pour les libertés de la Grande-Bretagne & de l'Irlande que quoiqu'il paroiffe que le bill récemment paffé au fujet de la mutinerie, établit le droit que nous avons de faire des règlemens pour nos troupes; cependant, comme par ce bill même nous nous fommes mis dans le cas de ne jamais exercer ce droit, il réfulte de cette circonf tance que c'eft un droit que nous avons perdu au moment même où nous en avons fait ufage, enforte qu'il paroîtroit que les efforts puiffans que nous avons faits fe bornoient dans leur objet à obtenir le privilége glorieux de perpétuer notre esclavage.

Réfolu Que l'opinion unanime des perfonnes verfées dans les matières du reffort du commerce, étant qu'il feroit plus avantageux pour ce Royaume de laiffer celui des Indes Occidentales fur le pied où il étoit que de l'accepter furchargé des entraves que lui impofe le dernier acte, nous ne pouvons diffimuler combien nous fommes furpris de voir que malgré une oppofition fi raisonnable, on a forcé la Nation à adopter une mefure fi pernicieuse, fous les apparences de l'avantage.

Refolu. Que l'Angleterre ayant le droit indubitable d'attacher au préfent qu'elle nous fait du commerce avec les Indes Occidentales, les conditions qu'elle juge à propos de preferire, que l'ayant en conféquence accompagné de restrictions équivalentes

à une prohibition, nous nous croyons autorisés par fon exemple, & forcés par la néceffité à avoir recours à cet autre droit inconteftable de toutes les Nations, qui confifte dans la consommation exclufive des produits de nos propres manufactures, mesure auffi innocente en elle-même qu'elle eft efficace, qui à la fois tend au redreflement National & excluc la poffibilité des commotions civiles : en conféquence nous nous engageons folemnellement par la préfente les uns envers les autres, & tous envers notre pays, par tout ce que l'honneur, l'intégrité, & la religion ont de liens capables d'impofer des devoirs à l'homme, à n'acheter directement ou indirectement pour nous-mêmes, & à ne fouffrir qu'aucune perfonne fous notre influence achète pendant le cours de trois ans, à dater d'aujourd'hui, (à moins que dans cet efpace de tems le dernier bill relatif aux fucres ne foit révoqué) aucunes marchandifes quelconques, que nous faurons ou foupçonnerons être Manufacture étrangère, en y comprenant les Munufactures Angloifes, fi nous pouvons nous procurer des marchandifes de la même efpèce, quoique peut-être d'une qualité inférieure, des Manufactures de ce Royaume déclarant que fous aucun prétexte, pous ne ferons d'affaire avec aucunes perfonnes, qui dans le cours de cetre période importeront ou vendront des Marchandifes étrangères, & que nous publierons le nom de toutes celles que nous découvrirons dans l'étendue de ce Royaume avoir violé le véritable efprit de cette convention, la regardant comme ennemie de la prospérité de fon pays.

Réfolu. Que nous croyons néceffaire de déclarer que lors de l'élection générale nous ne voterons pour aucun Candidat qui a déjà trahi la confiance publique, ou qui à l'avenir ne s'engagera pas par un ferment convenable à faire tout ce qui fera en fon pouvoir pour obtenir, 1°. Une modification

de la loi de Poyning qui fupprime le pouvoir inconf titutionnel que s'eft arrogé le Confeil-Privé d'empêcher que la voix du Parlement ne parvienne à l'oreille du Souverain: 2°. Un acte qui rétablisse l'égalité entre le prix des fucres, & les droits qui Y font impofés: 3°. Un acte limité relativement la mutinerie: 4°. Un acte que limite dans le Parlement le nombre des hommes à place & à penfion, & qui établiffe l'économie dans les finances publiques. Convaincus qu'avec les avantages d'un commerce actuellement ouvert avec toutes les parties du monde, à l'exception des Domaines Britanniques, nous poffédons chez nous dans l'économie publique, & dans la confommation des produits de nos propres Manufactures les fources de la profpérité Nationale, nous fupplions inftamment nos concitoyens de toutes les parties du Royaume, d'oublier tous leurs petits différends & de coopérer avec nous pour parvenir à cette grande fin: nous espérons fincèrement, qu'animés de ce même zèle national au lieu de hauffer le prix, ou d'avilir la qualité de leurs Ouvrages, nos Manufacturiers porteront leur émulation à égaler les Fabriquans étrangers, foit dans la bonté des Ouvrages, foit dans leurs prix modérés: la politique bornée qui confifte à produire de mauvais ouvrages, & à les vendre à de grands prix ruine promptement les Manufactures, la vertu publique ne peut tenir long-tems contre des fraudes multipliées, & fi l'eflor que prend en ce moment l'efprit National eft découragé, c'en eft fait pour jamais ".

L'élection de M. Shéridan Directeur de l'un des Spectacles de Londres, pour être un des repréfentans de la Nation, fes principes bien connus pour être ceux de l'Oppofition, les injures qu'on lui adresse

journellement dans les papiers miniftériels, les actes de rigueur du Chambellan, dont on le menace dans la cenfure des pièces qu'il voudra donner, & le total abandon où la Famille Royale laiffe fon spectacle, ont donné lieu à la plaifanterie fuivante; c'eft un dialogue entre le Chevalier Jofeph Manley & fa femme, intitulé le Déjeûner.

Le Chevalier. Je préfume que Milady a lu toutes les horreurs qu'on a publiées contre mon digne ami Shéridan. Quelle eft l'opinion de Milady à ce fujet ?

Milady. Eh mais! Chevalier, pour vous parler franchement, je fuis très-fort de l'avis du Chevalier George. Je ne trouve point qu'un homme dans la po fition de M. Shéridan, fasse bien d'afficher une sévérité fi pointilleufe contre le Gouvernement.

Le Chevalier. C'est-à-dire, Milady, qu'auffi-tôt qu'un homme eft élu Membre du Parlement, il doit fe débarraffer de fon efprit, comme certaines gens fe débarraffent de leur confcience. Que le ciel nous en préferve! Nous avons plus befoin que jamais de repréfentans doués de toute les facultés de l'efprit. Milady. Cela eft vrai. Mais M. Sheridan n'eft-il -point aux gages du Roi?

Le Chevalier. Tout bon fujet eft für d'être le ferviteur du Roi & à fes gages. Mais l'homme le plus digne de porter un tel nom eft celui qui fert fa patrie fans être foutenu même par l'autorité du Roi. Tel eft le portrait que fait Horace du parfaitement honnête homme. Mais quant à être ferviteur du Roi dans le fens ftrict que le Chevalier George donne à cette expreffion, j'aimerois autant dire que vous & moi nous fommes ferviteurs de notre Hôte M. Mood, parce qu'il nous loue ce bel appartement que nous occu, pons.

Milady. Vos argumens, Chevalier, portent avec

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eux la conviction de l'évidence. Encore une question, & fi vous y répondez, je n'ai plus rien à dire. Qu'estce que le Chevalier George entend par ces menaces d'un Lord Chambellan ?

Le Chevalier. Il est vrai, Milady, qu'il exifte quelque chofe comme un Chambellan. Cet hommelà eft, par Patente, une espèce de maltotier dans la Littérature, au moins pour les ouvrages de Théâtre, (car Dieu merci fon autorité ne s'étend pas plus loin) lequel juge non fi la liqueur est bonne, mais fi elle est préparée conformément aux Ordonnances. La boiffon la plus franche eft fouvent arrêtée par lui comme contrebande, tandis qu'il laiffe le plus libre cours à des mêlanges impurs, parce qu'ils ne font point précifément contraires à la lettre de la loi. Il fuit de là que cet Inquifiteur d'Etat, dans la cenfure des pièces. fournies à fon Tribunal, s'occupe beaucoup moins de leur moralité que de leur tendance politique. Au furplus les Acteurs d'intelligence avec l'Auteur, favent bien fur la Scène corriger le Cenfeur par des additions, qui pour lors ne font nullement de la compétence du Chambellan.

FRANC E.

De VERSAILLES, le 7

Novembre.

LA Cour eft revenue le 31 du mois dernier du Château de Marly. Le même jour Mefdames Adélaïde, Victoire & Sophie de France, revinrent auffi de leur Château de Belle-Vue.

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Le 1er de ce mois, fête de la Touffaint, LL. MM., accompagnées de la Famille Royale, affiftèrent dans la Chapelle du Château, à la Grand'Meffe chantée par

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