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35 de

gagner sa cause

is beauté de la force, & qui fait servir s ses ornemens mêmes à la victoire. Il » a d'ailleurs combatru pendant toute fa » vie. Il n'a presque fait que

des Ouvra» ges polémiques, & l'on peut dire que » ce sont autant de plaidoyers, où il a » eu toujours en vue d'établir ou de » réfurer, d'édifier ou de détruire, &

par

la seule supé w riorité du raisonnement. On trouve » donc dans les écrits d'un génie si fort » & fi puissant, tout ce qui peut appren» dre l'art d'instruire, de prouver & de » convaincre ». M. l'Abbé Mauri ne se borne

pas

à apprécier le mérite des Orateurs qui ont illustré la chaire , & à nous apprendre que

le célèbre Missionnaire, M. Bridaine, possédoit au plus haut degré le talent de s'emparer d'une multitude afsemblée. Il appelle encore à son tribunal les Orateurs qui se sont distingués dans le barreau , & croit nous donner une preuve de son goût & de fon impartialité, en tempérant, par un correctif, les éloges donnés de toutes parts à M. le Chancelier d’Agniesseau, considéré comme Orateur. Ce Magistrat, malgré toutes les belles qualités que M. l'Abbé Mauri lui

n'avoit pas eu assez de vigueur,

donne,

s'il faut l'en croire , pour s'élever julqu'à la hauteur des sujets que le ministère public, dans le sanctuaire des loix, l'avoitobligé de traiter. Ainsi M. d'Aguerseau, comme Orateur, n'a point , selon M. l’A. M. , certe supériorité qu'il s'est acquise dans les autres genres. Cette manière de penser du nouveau Panégy. riste, ne l'empêche point d'assurer que de tous les hommes célèbres qui, depuis le commencement du siécle, ont parcouru la inème carrière, M. le Chancelier d'Aguesseau est celui qui s'est acquis le plus de gloire en exerçant les fonctions du ministère public. Ainsi, quoique placé suivant l'opinion de M. l'Abbé Mauri, au-dessus des grands hommes qui ont exercé, & qui exercent encore aujourd'hui avec tant de gloire les fonctions du ministère public, le Chancelier d'Aguef: feau n'en seroit

pas

moins, malgré cette prééminence si glorieuse, qu’un foible & médiocre Orateur. Personne ne croira que

M. l'Abbé Mauri air vouli le rehanfer & attirer les regards du Public, en cherchant à diminuer, s'il étoit pollible, la gloire de ces grands hommes, & à s'efforcer, par cette opinion singulière,

d'échapper à l'obscurité & à l'oubli, dont la médioctité et digne, & que la vanité

ne peut souffrir. Ses Ouvrages & fa réputation le mettent trop au-dessus de pareilles imputations. Cette nouvelle manière d'apprécier le mérite du Chancelier d'Aguesleau , ne peut être que

l'effer de la trop grande docilité d'un Écrivain qui ne peut pas tout examiner, & qui est souvent obligé de juger sur parole. Nous sommes intime:nent persuadés qu'il ne suffisoir à M. l'Abbé Maury, pour apprécier avec plus d'équité & de discernement, les qualices littéraires de M. le Chancelier d'Aguesseau, que d'avoir lu, avec la plus légère attention , les Plaidoyers dans les causes de M. le Prince de Conty & de Madame la Ducheffe de Nemours, de M. le Duc de Luxembourg, & des autres Dues & Pairs: Laïcs , du sieur de la Pivardière, de M. & Made la Comtesse de Boflur, & des héritiers de M. le Duc de Guise,

Au reste, ce seroit faire injure, à la mémoire de cet illustre Magistrat , qued’entreprendre ici son apologie. Ce n'est point par des opinions fingulières & des para doxes qu'on parvient à dégrader les grands hommes, de cerre haute élévation où l'e: jugement de la saine partie din public,& Ladmiration de leurs contemporaiiis its

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ont placés. Tant que le bon goût régnera parmi nous, le Chancelier d'Aguelleau occupera un rang diftingué parıni les Orateurs du Barreau ; & s'il arrivoit jamais qu'on ne lui rendît point la même justice, ce seroit une preuve que les Écrivains, qui ont substitué l'enflure à l’élévation & le bel esprit au génie, ont enfin opéré, dans la littérature, la révolution dont elle étoit menacée. Mais rien n'est plus propre à éloigner cette triste époque , que les préceptes excellens & les morceaux éloquents qu’on admire dans l'Ouvrage que nous annonçons.

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