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un Bourgeois de la ville. Cet homme, épris tout-à-coup de la beauté de celle qui imploroit son affistance, voulut mecire, au service qu'elle lui demandoit, un prix que cette femme honnêre refusa sans hésiter : cependant, comme son mari ne Tevenoit point, toutes ses petites refsources se trouvèrent bientôt épuisées. Contrainte

par la néceslicé, qui se faisoit sentir de plus en plus, &

par

les befoins toujours renaillans d'un enfant qu'elle nourrissoit , & d'un autre plus ágé qui lui demandoit du pain, elle fe détermina , dans l'espérance de trouver un cæur plus humain & plus sensible ; à retourner chez celui dont la propofition l'avoit indignée. Malgré ses instances & ses prières, elle ne put rien obrenir. Elle fut obligée de capiteler, &,vaincue par le besoin, elle lui permit de venir souper avec elle. Après le souper, qui fut des plus tristes, cet homme emporté, la presse vivement de remplir leur convention. Cette pauvre femme voyant qu'il n'y a plus d'espérance pour elle, tire alors son enfant du berceau où il dormoit , & le pressant contre son sein, les yeux remplis de larmes : Teite , lai dit-elle , tette, mon enfant , & tette bien i

tu reçois encore le lait d'une honnête femme, que la nécessité poignarde : demain... Que ne puis-je, hélas ! te fevrer ? Tu n'auras que le lait d'une malheureuse... Ses larmes achevèrent. Le Bourgeois décon-, certé, s'enfuit à ce spectacle en jerant sa bourse, & s'écriant : Il n'est pas pof-: sible de résister à lant de vertů.

II.

En 1521 , une puissante armée de l'Empereur Charles Quint, mir le siége. devant Mezières. Le Chevalier Bayard réfolat de la défendre, quoique cette place fur dénuée de tout & n'eut qu'une crès-foible garnison. Sur ce que quelques personnes lui conseilloient de se rendre, à cause du peu d'apparence qu'il y avoit de sauver la ville : « Avant que d'en w fortis , dit-il, il nous faudra former, » un pont des cadavres de nos ennemis ».

III.

Après la révolution qui renversa Jacques

II du Trône d'Angleterre, on avoit intercepté des lettres du Comte Godolphin au Roi détrôné. Cette corespon

dance étoit un crime de haute trahison. Le Roi Guillaume , qui connoisloir le mérite du Comte , voulur se l'attacher au lieu de le perdre. Un jour, dans un entretien particulier, il lui montra ces lettres, loua fon zèle, & ne lui dillimula point l'imprudence où il l'avoit engagé. Il lui témoigna le desir qu'il avoit de le compter au nombre de ses amis, & en même temps brûla les lectres de fa

propre main. Cet acte de générosité toucha le Comte , & l'attacha pour jar mais à Guillaume.

IV.

Une femme de condition, apparemment peu scrupuleuse, jouant au vingtun, demandoit une carte : celui qui tenoic la main lui donna un dix : la Dame, qui avoit un cinq & un sepe, ce qui lui faifoit 22, mir le doigt sur le point du sept , & accufa brusquement 21. Le Banquier lui paya , sans examen, trois louis qu'elle avoit mis sur sa carte ; mais un Anglois qui se tenoit derrière certe Dame, & qui avoit mis so louis sur les cartes, ne vouloit pas accepter l'argent de celui qui tenoit la main ; & se tuoi

de lui dire : Pour vous , Monfir, pour vous. Mais , Monsieur, n'avez vous pas eu 21 ? - Non, Monfir, c'eļi Madame ; moi , je n'ai eu que 22.

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V.

Richard Steele, célèbre écrivain Anglois , invita un jour à dîner chez lui plusieurs personnes de la première quą. fité. Les convives furent surpris, en arrivant, de la multitude de domnestiques qui environ.oient la table. Après le dîner , lorsque le vin & la gaieté eurent banni tout cérémonial, un d'elix demanda á Richard comment il pouvoir entretenir, avec si

peu

de fortune, un nombre si prodigieax de laquais. Richard lui avoua , avec la plus grande franchise, que c'étoient un tas de coquins dont il defi:oir fort qu'on le débarrassât. Eh! qui vous en empêche ? lui répondit le Lord : « Une bagatelle , répondit-il ;

que ce sont autant de fergeiis qui » se font introduits chez moi une feii» rence à la inain ; &, ne pouvant

les congédier , j'ai jugé à propos de leur endotler des habits de livrée afin qu'ils puillent me faire honneur taule

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qu'ils reiteron: chez moi ». Ses ainis rirent beaucoup de l'expédient, le déchargèrent de ces hôtes en payant les dettes , & lui firent promettre qu'ils ne le trouveroient plus si bien monté en domestiques.

V I.

Deux Paysans des environs de Grenoble plaidoient l'un contre l'autre au Parlement de cette Ville , pour un objet de peu d'iinportance ; mais les frais commençoient à devenir considérables. Ils se rencontrent un jour, s'abordent, & conviennent de décider eux-mêmes leur procès en jouant une partie de bonles. Cette convention faire de bonne-foi de part & d'autre, fut reinplie fidellement. Le Perdant alla tout de suire payer les frais cominuns du procès, qui inontoient à 300 liv. après quoi ils allèrent tous deux chez un Notaire faire pafer l'acte de leur accommodement , dînèrent ensemble, s'embrassèrent, & se quitterent bons amis.

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