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LA

FEMME PAUVRE

AU XIXE SIÈCLE

PAR

ME J.-V. DAUBIÉ

Quvrage couronné par l'Académie de Lyon.

« L'injustice, à la fin, produit l'indépendance. »

(VOLTAIRE, Tancrède).
« Non ignara muli, miseris succurrere disco. »

(Virgile, Énéide).

PARIS

LIBRAIRIE DE GUILLAUMIN ET C'e

diteurs du Journal des Economistes, de la Collection principaux Economi
du Dictionnaire de l'Economie politique, du Diclionnaire universel du Commerce et de la Navigation, etc.

RUE RICHELIEU, 14

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AVANT-PROPOS

Quand l'Académie de Lyon soumit, il y a quelques années, à l'attention publique, la question si grave de l'amélioration de la condition sociale des femmes, l'honorable M. ArlèsDufour, rapporteur de la commission du concours, s'exprima ainsi :

« Il y a dix-huit siècles que le christianisme a proclamé » l'égalité de l'homme et de la femme, et cependant presque » partout les lois civiles et religieuses consacrent encore leur » inégalité.

» Malgré les progrès de la civilisation et l'adoucissement » des mœurs, on ne se fait aucun scrupule de traiter de nos » jours la femme comme si elle était naturellement l'infé» rieure de l'homme, et de rétribuer ses services et son tra» vail en conséquence de cette infériorité.

» Ainsi les institutrices, les directrices des asiles, des » écoles, des bureaux de poste et les filles de magasin, les » femmes de charge, les servantes, les ouvrières qui tra» vaillent en chambre ou en atelier sont moitié moins rétri» buées que les hommes remplissant des fonctions analogues

ou exécutant les mêmes travaux.

» Il semble même que les rapides développements de la » civilisation, loin d'améliorer cette triste condition des » femmes, ne fassent que l'aggraver en les excluant chaque

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» jour de fonctions et de travaux qui, autrefois, leur étaient » propres.

» De cette position inférieure et de plus en plus précaire, » si contraire à la justice et à la dignité humaine, il résulte » une foule de maux et de désordres physiques et moraux » qui deviennent partout de plus en plus manifestes, mais » qui sont surtout affligeants dans les grands centres indus» triels comme l'agglomération lyonnaise.

» Il appartenait donc à l'Académie de Lyor d'appeler l'at»tention et l'étude sur cette grave et triste question, en con» séquence j'ai l'honneur de lui proposer comme sujet d'un » prix à décerner au meilleur mémoire, la question sui») vante :

» Étudier, rechercher, surtout au point de vue moral, et » indiquer aux gouvernants, aux administrateurs, aux chefs » d'industrie et aux particuliers, quels seraient les meilleurs » moyens, les mesures les plus pratiques :

» 1° Pour élever le salaire des femmes à l'égal de celui des » hommes, lorsqu'il y a égalité de services ou de travail;

» 2° Pour ouvrir aux femmes de nouvelles carrières, et leur procurer

des travaux qui remplacent ceux qui leur sont » successivement enlevés par la concurrence des hommes et » par la transformation des usages ou des meurs '. »

Un examen attentif de ce programme d'une précision si remarquable, montre qu'il se rattache aux plus hautes questions économiques et morales, car la femme qui n'est point isolée dans l'ordre social, porte avec elle les destinées de l'enfance et exerce une grande influence sur l'homme fait. Aussi peut-on attribuer le profond inalaise de notre époque à la condition inférieure de la fille du peuple surtout, aux lois contradictoires qui règlent son sort, et dont le caractère d'inconséquence est très-préjudiciable à l'économie sociale tout entière.

Malgré les droits théoriques à l'égalité civile que notre légis

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· Question proposée par l'Académie impériale de Lyon (classe des belles-lettres et arts), rapport présenté au nom de la Commission du concours, par M. Arlès-Dufour.

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