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rite, lisse et brunie, servant de miroir. Elle est connue vulgairement sous le nom de miroir de Montezuma; on pouvait la porter suspendue au moyen d'un trou qui la traverse par derrière. Un Indien, en labourant son champ près de la ville d'Antequera, trouva un pot de terre qui contenait vingt-trois douzaines d'un instrument de cuivre rouge, de métal fondu et non travaillé au marteau. Cet instrument ressemble au fer d'une hache de sapeur; il est très-affilé et très-échancré sur les bords, qui offrent l'apparence d'un croissant; le manche sortait du milieu de la partie concave. Autre instrument offrant l'apparence d'un coin, et servant à donner une forme régulière au bois ou à la pierre.

N° 76, pl. xxvII.—Autre tumulus, traversé aussi par un souterrain avec une voûte solide et à plein cintre. Il a cette particularité que la ligne droite du souterrain arrivée à 60 pieds, s'interrompt et forme une salle de 12 pieds de haut et autant de large; la voûte ne reprend qu'à l'angle opposé et en changeant de côté de la salle, et se prolonge jusqu'au bout, parcourant un espace de 84 pieds.

N° 77, pl. xxvIII.-Autre tumulus plus remarquable encore; il est formé en entier de pierres, de sable et de chaux mêlés ensemble. L'intérieur est percé de souterrains aussi solides que les précédens, mais traversant le tumulus par ses quatre points cardinaux, et aboutissant au milieu à une grande salle carrée, se terminant en cône et de 30 pieds de haut sur 18 de large.

Dans le prochain article nous donnerons la description des palais de Milla; puis nous ferons connaître le curieux monument de sculpture de Palenque, connu sous le nom d'Adoration de la Croix.

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A.

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Les journaux ont parlé, il y a quelque tems, d'un bas-relief en plâtre, qui avait éte déposé à la salle du zodiaque de la bibliothèque royale, et ont assuré que c'était la figure du roi David, trouvée sculptée sur un rocher près de Jérusalem; il n'en est rien. Nous avons examiné cette figure, et nous allons en donner la description suivante, que nous empruntons à un journal scientifique; mais nous la compléterons, et relèverons quelques erreurs dans les notes que nous y ajouterons.

«L'objet exposé est une empreinte en plâtre, d'un bas-relief sculpté sur un rocher, près de la ville de Beiruth, en Phénicie, l'ancienne Bérytus, au pied du mont Liban, et dans un défilé qui est le chemin de la Phénicie à la Syrie.

Ce bas-relief, peu épais, représente un homme à peu près de grandeur naturelle, portant une longue barbe carrée, divisée en plusieurs tresses, coiffé d'une tiare à la manière des Syriens et des Arméniens, et vêtu d'une longue robe, par-dessus laquelle il a une espèce de petit manteau, ou plutôt de larges bandelettes, dont l'une se croise sur la poitrine et l'autre tombe derrière son dos; de la main gauche, il tient une sorte de sceptre ou canne. Sur tout le bas-relief, sur le bonnet, et même sur le corps de la figure sont des caractères babyloniens cunéiformes.

Ces caractères sont absolument semblables à ceux que l'on voit sur la pierrre babylonienne, rapportée de Perse en 1786, par M. Michaux, et cédée au cabinet des médailles en vendémiaire (en 1800).

Les mêmes caractères se voient encore sur les briques que l'on trouve dans les ruines de Babylone'.

La pierre étant rare dans ce pays, la brique y suppléait; le temple de Bélus, les murs des jardins de Sémiramis étaient de briques au rapport d'Hérodote.

Quant aux caractères que l'on y remarque, ainsi que dans les inscriptiptions de Persépolis, on y distingue trois systèmes différens d'écriture en forme de clous.

Le personnage représenté sur notre bas-relief, est sans doute un roi ou un prêtre phénicien. Il tient de la main droite quelques objets qui ont l'air d'épis 2. Il paraît faire une offrande à un astre qui est au-dessus de lui, et qui est semblable à celui que l'on voit sur la pierre de M. Michaux 3.

On sait que les Phéniciens rendaient un culte au soleil. Du reste, ils furent assujettis par les Assyriens et les Chaldéens,

1 Ceci nous paraît renfermer plusieurs erreurs. L'écriture cunéiforme, comme la plupart des écritures antiques, se composait de deux sortes d'écritures, l'hieroglyphique et l'alphabétique. L'écriture des briques babyloniennes paraît avoir été en hiéroglyphes, comme ou peut s'en convaincre dans le fac simile que nous en avons donné dans la planche de notre dernier No, ci-dessus, pag. 374. L'écriture alphabétique est celle que l'on voit sur les monumens de Persépolis, dont nous avons donné un fac simile accompagné d'un alphabet, au moyen duquel on a commencé à la lire, dans notre No 64, t. x, p. 460. - L'écriture de la pierre Michaux paraît être intermédiaire eutre l'écriture hiéroglyphique et l'écriture alphabétique; elle se rapproche de l'écriture médique et assyrienne, dont nous avons donné un fac simile dans le N° 64, t. x, p. 457. (N. du D.).

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S'il est vrai que ce soit un Epi que ce personnage tient dans sa main, cela donnerait lieu à une remarque importante. Le nom de Ta Tsin donné par l'inscription de Si-Gan-Fou (Voir le N° 20, t. IV, p. 126), à l'ancienne Assyrie, pays où elle fait naître Jésus-Christ, est formé du caractère Tâ, Grand, et Tsın, offrant l'idée de deux mains tenant des épis.

On sait d'ailleurs que les médailles de Judée portent, soit une grappe de raisin, soit des épis de blé.—On peut encore lire à ce sujet le mémoire que M. Dureau de Lamalle a insére dans les Annales des Sciences naturelles, et dans lequel il établit que la Syrie et la Judée sont le pays primitif des céréales.

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5 Voir la description de cette pierre et de cet astre dans le N° 65 cidessus, p. 367,

puis soumis aux Perses; il n'est donc pas étonnant de voir ici le costume, la religion et les caractères de la Chaldée et de la Syrie.

Nous devons la connaissance de ce curieux monument à un voyageur anglais, qui en a pris un moule dont le cabinet des médailles s'est procuré l'empreinte, maintenant exposée dans la salle du zodiaque de Denderah.

On ne peut préciser l'époque à laquelle appartient ce monument; cependant il est constant qu'il est d'une antiquité trèsreculée.

Nous apprenons des historiens anciens, que l'on écrivit d'abord sur les pierres, les piliers, les murailles, qui furent les premiers livres du monde : alors la plume était probablement un clou, ou un autre instrument analogue. De là, peut-être la forme du clou, donnée à ces caractères, les plus anciens de la Chaldée, et qui furent les premières esquisses de tous les caractères alphabétiques.

Les Babyloniens écrivirent des ouvrages sur des colonnes de briques. Clément d'Alexandrie rapporte, que Démocrite avait tiré des traités de morale d'une pareille colonne babylonienne 1. Il est malheureux, que, malgré toutes les recherches des savans, la clef de cette écriture soit entièrement perdue. On aurait quelques idées de ces sciences, qui ont été cultivées dès la plus haute antiquité par les Chaldéens, dont les Perses tirent

1 Nous croyons devoir donner ici ce texte de Clément d'Alexandrie, dont nous avous déjà parlé dans les Annales :

Δημόκριτος γὰρ τοὺς βαβυλωνίους λόγους ηθικοὺς πηποίηται· λέγεται γὰρ τὴν Ακικάρου στήλην ἑρμηνευθεῖσαν, τοῖς ἰδίοις συντάξαι συγγράμμασι. Car on assure que Démocrite composa un livre des préceptes moraux babyloniens, et qu'il fit entrer dans ce traité la traduction de la stêle d'Akikarus. Stromates, liv. 1, p. 356. Oxonii, 1715. On n'est pas d'accord pour savoir quel est cet Akikarus.

2 On voit par ce que nous avons dit, que l'auteur de cette notice ne connaît pas les travaux faits sur l'écriture cunéiforme persépolitaine, travaux continués en ce moment par M. Eugène Burnouf. Quant à l'écriture babylonienne, M. de Paravey pense que ce ne sera que par l'étude de l'ancien chinois que l'on pourra parvenir à la déchiffrer. L'ancien chinois présente en effet plusieurs signes cunéiformes.

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