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Théologie.

COURS DE THÉOLOGIE

DE MGR. L'Évêque du mans.

Premier Article.

Difficultés d'un ouvrage de ce genre.

Des anciens Traités de Théogie. Avantages du Cours de Mgr. l'évêque du Mans. De la Scholastique. · Division de tout l'ouvrage.

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Nous sommes prodigieusement en retard avec cet important ouvrage, et nous commencerons par en demander pardon au savant auteur, puis à nos lecteurs : il n'a pas tenu à nous de remplir plutôt nos engagemens. Nous cherchons toutefois à nous en consoler, par la pensée qu'il ne sera pas hors de propos de venir, au terme de l'année scholaire, recommander un nouveau Cours de théologie, alors que chaque séminaire s'occupe d'assurer aux études de l'année suivante une impulsion plus forte, une direction mieux appropriée aux besoins des intelligences et des cœurs. A ce double titre, la théologie de Mgr. l'évêque du Mans peut être présentée avec quelque confiance.

Nous le confessons, il faut du courage et un rare désintéressement pour se vouer à un travail ardu, qui exige des recherches immenses, et une prudence, une sagacité, une droiture de jugement qui ne se brisent point contre les écueils. Cette tâche est sans gloire; les battemens de mains n'accueilleront point un livre élémentaire de théologie, au milieu des mille préoccupa

1 Institutiones theologica, auctore J.-B. BOUVIER, Episcopo Cenomanensi. 6 forts vol. in-12. 15 fr. Paris, chez Méquignon, rue des GrandsAugustins, no 9.

tions qui remplissent nos journées. Il y a plus, c'est travailler pour des ingrats. Car, dites-moi, je vous prie, quel traité évitera d'être torturé, rajusté, délayé, annoté à plaisir par le professeur; tronqué, écourté par les élèves? C'est la maladie de nos écoles; elle paraît incurable, plaga insanabilis. On a écrit quelque part que le docte auteur, frappé de l'insuffisance des livres mis entre les mains de ses auditeurs, avait pris depuis longtems le parti de dicter les traités destinés à servir de texte à ses leçons. Ce sont ces traités épars qu'on a réunis pour la première fois dans un même corps d'ouvrage, pour en faire un ensemble complet de doctrine. Le même sort ne leur est-il pas réservé ? Les élèves seront-ils délivrés des éternelles dictées particulières ? Nous n'oserions l'affirmer, tant on est peu avare de leurs loisirs, tant la force de l'habitude est impérieuse et

tenace.

Depuis quelque tems, il est de bon ton de déprécier à qui mieux mieux toutes les théologies qui ont eu crédit dans nos séminaires. Il suffit, ce semble, qu'elles aient fait autorité pendant longues années, pour qu'on les dédaigne et les relègue aux Gémonies. Ainsi, vainement s'est-on efforcé de rajeunir la théologie de Poitiers : elle est délaissée. Qui n'a oublié aujourd'hui les noms de Juénin, Lherminier, Simonet, Habert, Antoine, Vasquez et tant d'autres ? qui s'occupe de Valla, du maigre abrégé de Collet? Le nom du savant Lazariste, ceux de Billuart, de Tournély, ont bien encore quelque poids dans l'école : mais Bailly, tant prôné pour son orthodoxie, sa prudence, sa grande réserve, Bailly qui, depuis plus de trente ans, régnait presqu'universellement, même hors de France, dans les cours de théologie, Bailly a vu pâlir son étoile.

Pourquoi tant de dédains, tant d'inconstance, quand on persiste à suivre les routes battues? Si nous demeurons dans le même point de vue, si, pour établir et déduire les vérités religieuses nous nous renfermons dans la méthode et la forme admises par ceux qui nous ont précédés, ne serait-il pas aussi sage de s'en tenir aux auteurs accrédités? Et pourtant on réclame à grands cris des livres nouveaux. Tant d'inconstance, tant de dédains sont-ils bien mérités? J'ai peine à le croire.

Ce malaise, ce besoin de nouveauté ne décèle-t-il pas un vice

radical dans l'enseignement ecclésiastique? Pourquoi tous ces nouveaux cours élémentaires? Théologie de Rouen, théologie de Strasbourg, théologie du Mans, que sais-je ? Bientôt chaque diocèse aura la sienne, comme il a sa liturgie propre et son catéchisme. Toutes prétendent combler une lacune, suppléer à l'insuffisance de leurs devancières, répondre aux besoins uaiversellement sentis. Cependant la science avance-t-elle? sans doute nous tenons grand compte de toutes ces tentatives; mais on continue de tournoyer dans un même cercle d'idées : c'est toujours même plan, même marche, même forme d'exposition et de discussion, à la prolixité ou à la sécheresse près. Le progrès nous semble imperceptible.

Nous devons toutefois à la théologie de Mgr. Bouvier cette justice: elle a élagué bien des questions oiseuses, elle a éclairci et fixé plus d'une difficulté fort embrouillée dans les autres livres de cette nature; elle résume avec un rare mérite de logique et de netteté certaines questions capitales, texte favori d'éternelles disputes aux beaux jours de la Sorbonne. L'auteur n'a pas craint d'aborder franchement les objections soulevées dans ces dernières années les solutions en sont péremptoires et décèlent de graves et consciencieuses études. C'est un éminent service rendu à la jeune milice sacerdotale: nous aimons à le proclamer hautement.

Dans les prolégomènes, le savant prélat prend soin de justifier la méthode scholastique. Que n'a-t-on pas dit pour et contre? Au fonds, ce n'est qu'une dispute de mots. Si l'on entend par scholastique la réunion en un seul tout des matières diverses dont se compose la théologie, leur distribution par ordre, la solution méthodique des argumens soulevés coutre la vérité catholique, il n'y aura qu'une voix à ce sujet. Seulement on pourrait peut-être concevoir un ensemble plus puissant, une ordonnance plus satisfaisante, que la distribution en traités isolés qui' est toutefois dans l'usage et pour la majorité des élèves, peu capables de saisir un ensemble un peu vaste, d'une utilité incontestable. Mais si, par scholastique, on entend l'application continue du syllogisme à l'enseignement des choses du ciel, n'y aurait-il pas à dire que cette méthode (parfaite pour la controverse, en ce qu'elle précise les questions, et fait bonne justice

tions qui remplissent nos journées. Il y a plus, c'est travailler pour des ingrats. Car, dites-moi, je vous prie, quel traité évitera d'être torturé, rajusté, délayé, annoté à plaisir par le professeur; tronqué, écourté par les élèves? C'est la maladie de nos écoles; elle paraît incurable, plaga insanabilis. On a écrit quelque part que le docte auteur, frappé de l'insuffisance des livres mis entre les mains de ses auditeurs, avait pris depuis longtems le parti de dicter les traités destinés à servir de texte à ses leçons. Ce sont ces traités épars qu'on a réunis pour la première fois dans un même corps d'ouvrage, pour en faire un ensemble complet de doctrine. Le même sort ne leur est-il pas réservé ? Les élèves seront-ils délivrés des éternelles dictées particulières ? Nous n'oserions l'affirmer, tant on est peu avare de leurs loisirs, tant la force de l'habitude est impérieuse et

tenace.

Depuis quelque tems, il est de bon ton de déprécier à qui mieux mieux toutes les théologies qui ont eu crédit dans nos séminaires. Il suffit, ce semble, qu'elles aient fait autorité pendant longues années, pour qu'on les dédaigne et les relègue aux Gémonies. Ainsi, vainement s'est-on efforcé de rajeunir la théologie de Poitiers: elle est délaissée. Qui n'a oublié aujourd'hui les noms de Juénin, Lherminier, Simonet, Habert, Antoine, Vasquez et tant d'autres ? qui s'occupe de Valla, du maigre abrégé de Collet? Le nom du savant Lazariste, ceux de Billuart, de Tournély, ont bien encore quelque poids dans l'école : mais Bailly, tant prôné pour son orthodoxie, sa prudence, sa grande réserve, Bailly qui, depuis plus de trente ans, régnait presqu’universellement, même hors de France, dans les cours de théologie, Bailly a vu pâlir son étoile.

Pourquoi tant de dédains, tant d'inconstance, quand on persiste à suivre les routes battues? Si nous demeurons dans le même point de vue, si, pour établir et déduire les vérités religieuses nous nous renfermons dans la méthode et la forme admises par ceux qui nous ont précédés, ne serait-il pas aussi sage de s'en tenir aux auteurs accrédités? Et pourtant on réclame à grands cris des livres nouveaux. Tant d'inconstance, tant de dédains sont-ils bien mérités? J'ai peine à le croire.

Ce malaise, ce besoin de nouveauté ne décèle-t-il pas un vice

radical dans l'enseignement ecclésiastique? Pourquoi tous ces nouveaux cours élémentaires? Théologie de Rouen, théologie de Strasbourg, théologie du Mans, que sais-je ? Bientôt chaque diocèse aura la sienne, comme il a sa liturgie propre et son catéchisme. Toutes prétendent combler une lacune, suppléer à l'insuffisance de leurs devancières, répondre aux besoins universellement sentis. Cependant la science avance-t-elle? sans doute nous tenons grand compte de toutes ces tentatives; mais on continue de tournoyer dans un même cercle d'idées : c'est toujours même plan, même marche, même forme d'exposition et de discussion, à la prolixité ou à la sécheresse près. Le progrès nous semble imperceptible.

Nous devons toutefois à la théologie de Mgr. Bouvier cette justice: elle a élagué bien des questions oiseuses, elle a éclairci et fixé plus d'une difficulté fort embrouillée dans les autres livres de cette nature; elle résume avec un rare mérite de logique et de netteté certaines questions capitales, texte favori d'éternelles disputes aux beaux jours de la Sorbonne. L'auteur n'a pas craint d'aborder franchement les objections soulevées dans ces dernières années : les solutions en sont péremptoires et décèlent de graves et consciencieuses études. C'est un éminent service rendu à la jeune milice sacerdotale : nous aimons à le proclamer hautement.

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Dans les prolégomènes, le savant prélat prend soin de justifier la méthode scholastique. Que n'a-t-on pas dit pour et contre? Au fonds, ce n'est qu'une dispute de mots. Si l'on entend par scholastique la réunion en un seul tout des matières diverses dont se compose la théologie, leur distribution par ordre, la solution méthodique des argumens soulevés contre la vérité catholique, il n'y aura qu'une voix à ce sujet. Seulement on pourrait peut-être concevoir un ensemble plus puissant, une ordonnance plus satisfaisante, que la distribution en traités isolés qui est toutefois dans l'usage et pour la majorité des élèves, peu capables de saisir un ensemble un peu vaste, d'une utilité incontestable. Mais si, par scholastique, on entend l'application continue du syllogisme à l'enseignement des choses du ciel, n'y aurait-il pas à dire que cette méthode (parfaite pour la controverse, en ce qu'elle précise les questions, et fait bonne justice

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