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Ce lexique, aussi bien que les autres recueils, est dépourvu d'une méthode explicative. 2:1

Les savants diplomatistes bénédictins, qui regrettaient de n'avoir pu traiter avec étendue la matière des abréviations, disaient, en citant le beau lexique de Walther : « Notre littérature française manque d'un pareil ouvrage, dont la nécessité se fait sentir à ceux qui veulent déchiffrer les anciennes écritures et travailler dans les archives »; puis ils ajoutaient : « Au moyen d'un Dictionnaire d'abréviations fait sur les manuscrits et les chartes de France, on surmonterait sans peine bien des difficultés, et l'on éviterait de prendre un mot pour un autre, méprise qui change souvent le sens d'une phrase. »

bonos C'est surtout à une époque comme la nôtre, où cette ardeur pour la recherche et la publication des manuscrits inédits de notre histoire et de notre littérature va toujours croissant, qu'il serait urgent de rendre vulgaire une science qui peut faire éviter bien des méprises.

Nos études sur les difficultés paléographiques et la haute bienveillance qui a accueilli nos publications sur cette matière nous ont encouragé à rédiger un Dictionnaire d'abréviations qui serait pour l'inexpérience un guide, sinon infaillible, au moins plus sûr que le

et finissant au xvie. Nous n'avons pas cru devoir employer ce système, attendu que la même forme abréviative traverse souvent plusieurs siècles sans recevoir d'autres modifications que celles qui lui viennent du changement de l'écriture.

tâtonnement de la routine, et qui pourrait n'être pas inutile même aux habiles dans ce genre d'étude. Ti

En nous proposant ce travail, nous n'avons pas voulu copier rigoureusement le lexique du diplomatiste allemand. Il ne nous paraissait pas suffisant de ne donner que les abréviations latines des chartes et des manuscrits de notre pays. Les abréviations des inscriptions lapidaires et métalliques et les abréviations françaises les plus ordinaires devaient trouver place aussi dans ce Dictionnaire. Mais là encore ne devait pas se borner notre travail. Car de faire que réunir dans un ordre plus ou moins méthodique des abréviations de tous genres, quelque étendu qu'en fût le nombre, c'eût été rendre un bien faible service et n'améliorer en rien les travaux déjà produits sur cette matière. En effet, qu'estce que donner un Recueil ou Dictionnaire d'abréviations sans rien dire de leur mécanisme, sans les expliquer par leurs principes ? C'estforcer les personnes qui le consultent d'y revenir à chaque abréviation qui se présente. Procéder ainsi, n'est-ce pas tomber dans ce défaut signalé par les auteurs de la nouvelle diplomatique, à l'occasion des notes de Tiron ? « On s'est contenté, disent-ils, de rechercher leur signification dans quelques anciens manuscrits où elles sont rendues en latin, et d'en composer des listes alphabétiques, sans expliquer ni pourquoi ni comment telles et telles figures ont la valeur des lettres qu'elles expriment et des mots qu'on leur fait signifier. »

Il nous restait donc à réparer une omission importante des paléographes, c'est-à-dire à expliquer comme nous l'avons fait dans notre Paléographie des chartes et des manuscrits ", mais ici avec plus d'étendue, la méthode brachygraphique à l'aide de laquelle les graveurs en lettres, les scribes et les copistes du moyen âge rendaient leur écriture si brève, si serrée et quelquefois si énigmatique. En faisant connaître les divers modes abréviateurs dont se compose cette méthode, en expliquant les signes qu'elle emploie et les règles observées dans la formation de chaque genre d'abréviation, c'est déjà répandre, ce nous semble, quelque lumière sur le point le plus obscur des écritures anciennes. On concevra alors que notre Dictionnaire n'a plus besoin, une fois les règles connues, d'être grossi des abréviations simples et régulières qui s'expliquent aisément : il ne doit contenir que les mots abrégés qui sont d'une construction trop brève, ou qui échappent aux règles générales. Il fallait encore, afin d'éviter la confusion et de faciliter les recherches, ranger

er à part le

part les abréviations commençant par des signes ou des chiffres au lieu de lettres.

C'est sur ces bases que nous avons construit notre

+ Dès 1835, nous avions dejà, dans notre Essai sur la Paléographie française, cherché à débrouiller le chaos des abréviations, en les classant par genre et en expliquant les règles qui président à leur construction. Dans une seconde édition de cet ouvrage, en 1839 (Paléographie des chartes et des manuscrits), plus de développement fut donné à cette partie importante de la paléographie; aujourd'hui nous pensons l'avoir complétement expliquée,

Dictionnaire, et nous n'avons rien négligé pour en faire un livre utile et commode. Il contient en outre une table des sigles romains qu'on rencontre dans les inscriptions chrétiennes jusqu'au vie siècle inclusivement; et, pour aider à lever un obstacle qui résulte de l'obscurité que répand sur certains mots latins une orthographe ancienne ou barbare, nous avons donné une liste de cette sorte de mots, où se trouvent aussi les lettres et les syllabes mises les unes pour les autres. Comme il arrive que beaucoup d'abréviations sont construites d'après cette orthographe vicieuse, on aura un moyen de les expliquer, soit par cette table directement, soit par analogie avec les mots qui y sont rassemblés.

Les caractères propres à chaque genre d'écriture, placés en tête des divisions alphabétiques, serviront encore à lever les difficultés qui naîtraient de la forme étrange ou de la similitude de certaines lettres. On trouvera aussi dans ce Dictionnaire les chiffres romanogallicans et arabes avec leur différentes formes. Enfin nous n'avons rien omis de ce qui peut faciliter le déchiffrement des anciennes écritures. Nous avons cherché le plus possible à être méthodique dans le plan et soigneux dans l'exécution matérielle de notre livre. Aussi,

+ « Non negaverim, dit le docte Mabillon, tamen residere in illis instrumentis orthographiæ nævos non paucos, qui vel ex dictantis, vel ex scribentis vitio processerunt, Ex omissione litteræ geminatæ. – Vocabuli similitudine. Litteræ transpositione.-Syllabæ detractione. - Litteræ redundantis adjectione.) (De re Diplom. Orthographia vitiata, p. 57.)

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craignant qu'on ne rendît pas avec exactitude et correction les pages d'abréviations, nous avons voulu nous charger nous-même de la tâche longue et pénible de les écrire sur pierre. Ainsi on sera assuré que les lettres et les signes abréviatifs n'ont pas été défigurés ni transposés : condition essentielle dans un ouvrage de cette nature.

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