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A l'Histoire , à la Philosophie, aux Sciences, à la Littérature

et aux langues des Peuples Orientaux ;
Rédigé par MM. CHÉZY, - COQUEBERT DE MONTBRET,

DEGÉRANDO,-FAURIEL, GARCIN DE TASSY,- GRAN-
GERET DE LAGRANGE, Hase,-KLAPROTH , · RAOUL-
ROCHETTE, -- ABEL-RÉMUSAT, - SAINT-MARTIN, -

SILVESTRE DE Sacy, et autres Académiciens et
Professeurs français et étrangers ;

ET PUBLIÉ

PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE.

TOME III,

A PARIS,
CHEZ DONDEY - DUPRÉ PÈRE ET FILS,
Imp.-Libraires, Propriétaires du Journal Asiatique,

Rue Saint-Louis , No. 46, au Marais.

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SUR LAO-TSEU,

Philosophe chinois du sixième siècle avant notre ère, qui a professé les opinions attribuées à PLATON et à PYTHAGORE (1).

Par M. ABEL-RÉMUSAT.

Peu de sujets, dans le domaine de l'histoire ancienne, sont propres à faire naître plus de curiosité que les antiques rapports et les liaisons maintenant presque oubliées qui doivent avoir existé entre ces nations, dont l'origine remonte aux premiers âges du monde. A l'intérêt déjà si vif qu'inspire tout ce qui tient aux mœurs, aux arts, au génie des Égyptiens, des Assyriens, des Perses, des peuples de l'Inde et de la Chine, se joint une sorte d'étonnement quand on croit apercevoir quelques traces de commu nications qu'on est accoutumé à regarder comme impossibles. Une seule particularité de ce genre, quand elle est bien constatée, fournit matière à une foule de questions piquantes et à un plus grand nombre de

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(1) Cet extrait a été lu à la séance publique de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 28 juillet 1820.

conjectures. Telle est la cause de l'empressement que les savans ont toujours mis à les rassembler et à les expliquer. Souvenirs fugitifs, traditions presque effacées, analogies dans les usages et dans les opinions, tout a été recueilli avec avidité. Les faits les plus minutieux ont acquis de l'importance par le but qu'on se proposait, et qui n'était autre, en réalité, que de retrouver, en marquant les relations des peuples, l'origine et la succession des sciences, des arts, et de la civilisation.

C'est aussi là le motif qui a engagé tant d'hommes judicieux à rechercher l'histoire des fables et des erreurs vaste et importante partie de l'histoire de l'esprit humain. Car, s'il ne s'agissait pour nous que de prendre une idée plus juste et plus précise des écarts auxquels notre entendement est exposé, nous pourrious bien, sans aller si loin et sans remonter si haut, en trouver autour de nous, et dans nous-mêmes, les preuves les plus satisfaisantes et les exemples les plus multipliés. Pour l'objet qui l'occupe, l'antiquaire laisse de côté ces méprises communes dans lesquelles notre raison se laisse naturellement entraîner, en tout tems et en tout lieu, par un effet de sa faiblesse et de son orgueil; mais il s'attache de préférence à ces erreurs si singulières, à ces imaginations si bizarres, ou à ces subtilités tellement raffinées, qu'il est difficile de croire qu'elles aient été trouvées deux fois. Pour lui, les plus fortes absurdités sont les meilleures, parce qu'elles sont mieux caractérisées, et que les conclusions qu'il en déduit sont plus rigou

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reuses. C'est ainsi qu'on peut tirer parti des erreurs mêmes en faveur de la vérité, et faire tourner les fa. bles au profit de l'histoire. Car enfin, la vérité est une, et peut se trouver partout sans rien prouver; mais le champ du mensonge est immense, et, quand on s'y rencontre, il faut bien qu'il y ait quelque raison pour cela. Que deux hommes raisonnent juste à trois mille lieues l'un de l'autre, cela n'a rien d'extraordinaire, et peut s'attribuer au bon usage qu'ils font de leurs facultés. Mais s'ils se trompent tous deux sur le même sujet, et précisément de la même manière, il y a à parier que leur méprise vient d'une source commune, et qu'ils ont eu le même in

stituteur.

Il y a ainsi telle erreur grossière qui a fait le tour du monde plus vite que n'aurait pu faire une vérité, et dont on est bien embarrassé de suivre la marche et de tracer l'itinéraire. Comment se fait-il, par exemple, que ces notions fantastiques par lesquelles les anciens savaient si bien suppléer au défaut de connaissances géographiques, aient été portées à l'autre extrémité du continent? Les hommes sans tête, qui ont les yeux sur la poitrine; ceux dont les oreilles sont si grandes, que l'une leur sert de matelas quand ils sont couchés, tandis qu'ils s'enveloppent de l'autre comme d'une couverture; les amazones, les pygmées et leurs combats avec les grues, les cyclopes et tous ces monstres dont l'imagination des Grecs avait peuplé les régions qui leur étaient inconnues, reparaissent chez les Mythologues de l'Asie orientale. Les mêmes

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