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Mons de la Bourlie, Envoyant mon cousin, mons le vicomte de Turenne, par delà pour y assembler mes serviteurs, je vous ay voulu faire ce mot pour vous prier vous trouver au lieu qu'il vous mandera et au temps que vous sçaurez. Il vous dira aussi comme j'espere vous voir en bref, et donner tel acheminement à mes affaires, que je m'asvoir en brief l'issue, avec autant d'utilité et contentement que sçaurions desirer; à quoy participeront tous les gens d'honneur qui

seure y

mondit frere qu'il n'a point d'envie de se faire catholique, mais qu'il tend à se rendre le plus fort, pour m'induire ou contraindre à embrasser son party. Partant il est besoin de contreminer ce dessein sans nous arrester au traisté qu'il demande à faire avec la Reyne ma mere, estant resolu de ne souffrir point d'autre religion que la catholique : tant pour la satisfaction de ma conscience que pour couper les racines aux factions qui troublent mon Estat. Et je connois bien que mon dict frere est trop engagé avec ceux de sa religion, sur lesquels il fonde toute son esperance et grandeur, et qu'il n'y aura ordre de le rendre capable de cette deliberation que par force : : moyen de quoy ne laissez point perdre d'occasions, et menez avec vous toutes mes forces qui seront en Guyenne, sans vous arrester aux belles paroles de mon dict frere. Car ce pendant qu'il n'est travaillé en son gouvernement, il employe ses forces contre ceux de Toulouze et autres mes serviteurs de ce payslà, et il ne sera pas aisé de reprendre ce qu'il aura à sa devotion: c'est pourquoy il faut sans retardement l'empescher d'entre

prendre sur mes places de mon dict pays.»

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Le reste de cette lettre n'est deschiffré que par endroicts, mais il est aisé à connoistre que le Roy negotioit du même temps avec le duc de Guise, chef des Ligueurs, et avec le roy de Navarre, chef des Huguenots : et, selon mon jugement, il escrivit cecy au mareschal lorsqu'il se vit comme resolu de s'unir avec les Ligueurs, desesperant de pouvoir resoudre le roy de Navarre de se rendre catholique. Le mareschal, suivant les ordres de la Cour, assembla ses troupes, et le roy de Navarre ne doutant point qu'il n'eust ordre de luy faire la guerre, pour ne pas rompre ouvertement et arrester le mareschal, luy escrivit qu'il estoit fort desplaisant que, pour une legere occasion, l'on se fust brouillé avec les siens en Languedoc, que devant recevoir des hommages à Tartas, il n'avoit pu y mettre ordre; qu'il se rendroit à Casteljaloux le vingtiesme du mois et qu'il le prioit de s'y trouver, afin de resoudre avec luy de ce qu'il faudroit faire pour le service du Roy. Le mareschal escripvit au Roy qu'il avoit accepté cette entrevue.» (P. 162 et suiv.)

m'assistent en si juste cause. L'asseurance que j'ay que ferés ce que vous dira mon dict cousin, comme de rechef je vous en prie, me fera, apres vous avoir asseuré de mon amitié, prier Dieu, Mons' de la Bourlie, qu'il vous ait en sa saincte garde. C'est

Vostre bien affectionné,

Du Mont de Marsan, ce x octobre 1585.

HENRY.

Cop.

Cop.

1585.. 11 OCTOBRE.— [re.

Biblioth. de Tours, ancien manuscrit des Carmes, coté M, no 50, Lettres historiques, p. 174.
Communiqué par M. le préfet.

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Musée britannique, Biblioth. Lansdowne, art. 17. Envoi de M. l'ambassadeur de France à Londres.

Imprimé à la suite de la Déclaration du Roy de Navarre, de monsieur le Prince de Condé et de monsieur le duc de Montmorency, etc. La Rochelle, 1585, in-8°, p. 28. — Mémoires de Mornay, t. 1, p. 576; édition de 1624, in-4°.

A MESSIEURS LES GENS TENANS LA COURT DE PARLEMENT POUR LE ROY, A PARIS.

Messieurs, Je ne desire aultres juges que vous, de tout ce qui s'est passé depuis ces derniers remuëmens. Car vous avés peu voir en combien de sortes les ennemis de cest Estat et les miens ont tenté ma patience; avés aussi veu combien le respect du Roy et le bien de ce Royaume ont eu de pouvoir sur moy pour me retenir en ma juste douleur. Cependant il en est advenu (et je m'asseure que vous recognoissés tous le tort qui m'y est fait) que les ennemis du Roy et du Royaume sont auctorisez et armez contre moy; tellement qu'il fault que ma patience et mon obeïssance portent la peine de

leur rebellion, et que l'estranger soit contenté aux despens du domestique, et le serviteur, de l'enfant de la maison. C'est chose, Messieurs, qui m'est à la verité trés dure. Mais j'ay Dieu pour protecteur, la France pour juge, vous tous pour tesmoings, le Roy mon seigneur (car je n'en puis doubter) pour approbateur de ma sincerité. Je plains le mal-heur de cest Estat; mais Dieu sçait à qui en est la coulpe, et leur en sçaura donner la peine. Je plains les calamitez du peuple; mais on sçait qui a troublé la paix, de gayeté de cœur, et quelle necessité m'est imposée de me garder. C'est en vain, Messieurs, que je vous repeterois les conditions que j'avois proposées. Vous les avés veuës, et sçavés assez si elles meritoient qu'on y eust quelque esgard. Ne me reste plus que de vous supplier tous, par le serment que vous devés à la France, de vous opposer par vostre authorité à la conjuration que vous voyez à sa ruyne. Au moins n'assistés de vostre auctorité un si pernicieux dessein; au moins favorisez de vos vœux ceulx qui veulent employer leur vie pour empescher la misere et dissipation de cest Estat. Je ne veulx et ne requiers de vous que ce que vous jugerés selon vos consciences. Si ma cause est juste, je desire que vous l'approuviés; si elle est injuste, ordonnés, Messieurs, ce que vous penserés estre de vostre debvoir et du bien. de cest Estat. Dieu m'est pour tesmoin que je suis et ay esté fidele au Roy, que j'aime la France, que j'honore les gens de vertu qui la maintiennent, que je pleure la confusion et la calamnité que j'y voy entrer en tous estats. Je le prie, Messieurs, qu'il vous assiste de sa vertu, vous que j'ay tousjours tenuz pour colonnes de ce Royaume, à ce que puissiez en ces esbranlemens avoir la loüange, comme plusieurs fois, d'avoir soustenu et appuyé le corps de cest Estat. Et j'espere aussi qu'il me fera la grace d'y servir si bien le Roy mon seigneur, et d'y estre si bien servy de bons François, amateurs de sa couronne, que je luy feray voir, en peu de temps, la fin de ses ennemis et le repos de ses subjets; à quoy je n'espargneray ny mon sang ny ma vie. Sur ce donc,

Messieurs, je feray fin, priant Dieu de vous avoir en sa tres saincte

LETTRES DE HENRI IV.

II.

18

garde et protection. Du Mont de Marsan, ce unziesme jour d'octobre 15851.

Vostre plus affectionné et plus asseuré amy,

HENRY 2.

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Biblioth. de Tours, ancien manuscrit des Carmes, coté M, no 50, Lettres historiques, p. 46.
Communiqué par M. le préfet.

Musée britannique. Biblioth. Lansdowne, art. 17. Envoi de M. l'ambassadeur de France
à Londres.

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Imprimé à la suite de la Declaration du Roy de Navarre, de monsieur le prince de Condé, et de monsieur le duc de Montmorency, etc. La Rochelle, 1585, in-8°, p. 31. — Mémoires de messire Philippes de Mornay, etc. t. I, p. 571.

Recueil D, à Luxembourg (dans le Recueil A, B, C). — 1759, in-12, page 131.

A MESSRS DE LA FACULTÉ DE THEOLOGIE DU COLLEGE DE SORBONNE.

Mess", Je m'adresse volontiers à vous és affaires dont est aujourd'huy question, comme à ceulx qui faites profession particuliere d'avoir l'œil que l'Eglise ne reçoive ou souffre aulcun dommage. Vous aurés consideré ces remuëmens derniers de ceulx de la maison de Guise, fondez sur plusieurs pretextes bien divers, mais finalement qui se sont reduicts et retranchez à un, à sçavoir de remettre à son entier l'Eglise Catholique, et, à ceste fin, m'exterminer et ceulx qu'ils pretendent heretiques. Et la force et violence a esté telle qu'il s'en est ensuivy au plus près de leur intention. Or je ne veux point douter que, selon vostre prudence, vous n'ayés cogneu que leur but est autre qu'ils ne dient. C'est, soubs le manteau de la Religion, d'avoir les armes en main pour ruiner les premiers de la maison de France, et se faire voye à l'usurpation de cest Estat. Mais je desire, Mess', que vous jugiés, pour le faict mesme de la Religion, qui

1

En marge de cette lettre et de la suivante, dans les Mémoires de Mornay : Faite par M. du Plessis.

2

N'ayant pas les originaux de cette

lettre et de la suivante, dont les nombreuses reproductions offrent quelques variantes, nous avons suivi de préférence l'édition originale de 1585.

d'eux ou de moy ouvre un plus beau chemin pour reunir l'Eglise, et lever le schisme qui depuis un si long temps nous met en peine. J'ay esté nourry en une religion que j'estime saincte et vraye; et, que j'en fasse profession de cœur, n'est besoing de tesmoignages; aultrement j'eusse bien sceu esviter tant de maulx qu'il m'a fallu souffrir, auxquels naturellement on ne prend pas plaisir. Aultrement aussi j'eusse bien sceu mesnager la bonne grace du Roy et la bien-vueillance de son peuple, que aprés la faveur de Dieu je cognois m'estre trés utile et desirable. Estant tel, Mess", il est par trop dur, et m'assure que le jugerés ainsi, de requerir que sans aultre forme j'abandonne ma Religion, et fasse force à ma conscience et à mon ame. Et quand je serois si miserable que de me forfaire en telle sorte, à bon droict serois-je accusé de peu de conscience, à bon droict vous desfieriés-vous de moy en toutes choses, qui aurois manqué à ce que j'estimerois debvoir à Dieu, au jugement de mon ame propre. Ce qui raisonnablement se peut requerir de moy, c'est, à mon advis, ce que j'ai jà volontairement offert, et que tous les jours encore j'offre. C'est, MessTM, d'estre instruict en un concile libre et legitime, où les controverses meuës au faict de la Religion soient bien debatuës et decidées, et d'acquiescer à ce qui en sera dict; voye, comme vous savés très bien, pratiquée de tout temps en l'Eglise en pareil cas, et par les plus sages roys et empereurs du monde; voie par vous, Mess's, conseillée aux roys predecesseurs, moyennant laquelle vous avés sceu maintenir contre plusieurs usurpations les privileges et droicts de l'Eglise gallicane; voie, en somme, que l'Eglise en sa plus grande vertu, n'a onc refusée pour reduire peu de gens de basse condition, mesme un seul homme, en son giron; et que beaucoup moins doit-elle ou rejeter aujourd'hui ou recuser, qu'il est question de plusieurs millions d'ames, de villes entieres et de grandes provinces, d'un nombre infini de gens qualifiez, mesmes des premiers princes du sang et des plus proches de la Couronne, qui ne peuvent pas estre ny forcez qu'à toute peine, ny exterminez qu'en la ruine de l'Estat, et qui, au contraire, s'ils sont une fois persuadez par la

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