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DE LA

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRICULTURE

BELLES-LETTRES, SCIENCES ET ARTS

DE POITIERS.

No 250.

BULLETIN DE DÉCEMBRE 1880.

10 Procès-verbal de la seance, p. 223. 2° Note de M. Durand sur une espèce particulière de trèfle, p. 224.- 3o Note de M. de Traversay sur la production du chanvre dans le département, p. 226. 4° Note de M. Bruant fils, horticulteur, sur une variété de Bégonia- Rex, p. 238. - Esquisse du jour de l'an, p. 232.- Publications reçues dans le mois de décembre, p. 235. Table des matières des bulletins de l'année 1880, p. 237.

SÉANCE DU Ier DÉCEMBRE 1880

PRÉSIDENCE DE M. DE TOUCHIMBERT.

30 membres sont présents.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le Président dépouille la correspondance.

M. Martin, notaire à Beaumont, remercie la Société en son nom et au nom de son fils, de leur nomination de membres titulaires non résidants.

M. Tranchant, ancien conseiller général de la Vienne pour le canton de Chauvigny, membre honoraire de notre Société, fait hommage d'une brochure intitulée « Edifices religieux et constructions diverses de Chauvigny du Poitou, résumé historique.

M. Boucard, inspecteur des forêts, membre correspondant fait également hommage de son rapport sur les dommages causés aux pineraies de la Sologne.

La Société adresse des remerciements à MM. Tranchant et Boucard.

DÉCEMBRE.

18

La Société d'Agriculture de Roumanie (Bukarest) demande l'envoi de nos Bulletins en échange des siens.

La Société fixe provisoirement au 26 janvier la séance publique qu'elle est dans l'usage de tenir annuellement.

M. Cirotteau lit une notice nécrologique de M. Bosquillon, l'excellent professeur d'agriculture que la Société vient de perdre.

M. Durand fournit une note sur une espèce particulière de trèfle.

M. le colonel Babinet fait savoir à la Société que des farines se vendent à un prix inférieur sur différents marchés du département.

Ces farines peuvent offrir des dangers; il serait utile que l'autorité en fit vérifier la qualité... M. le Président est prié d'appeler l'attention de M. le Préfet sur ce point.

Des renseignements sont donnés sur les récoltes en terre ; elles sont dans un état satisfaisant.

La séance est levée.

NOTE SUR UNE ESPÈCE PARTICULIÈRE DE TREFLE.

Parmi les fourrages de prairies artificielles, le trèfle commun, trifolium pratense, est un de ceux dont la culture est le plus répandue. Cette légumineuse rend à l'agriculture des services universellement appréciés, et sur lesquels il serait inutile d'insister ici.

Je crois devoir appeler l'attention de notre Société sur une autre espèce de trèfle, peu connue et surtout peu culti ́vée, qui présente des caractères particuliers très distincts de ceux du trèfle commun, et dont la culture paraît devoir présenter de sérieux avantages.

Ce trèfle que, pour le distinguer du trèfle ordinaire, j'appellerai trèfle hatif, peut être récolté de très bonne heure, la

première coupe étant bonne à prendre vers la fin de mai Trois semaines ou un mois, après l'enlèvement de cette première coupe, on peut récolter la seconde.

Le trèfle hâtif, plus touffu que le trèfle commun, et un peu moins élevé, produit un fourrage abondant et de très bonne nature. La qualité est éminemment nutritive, et le bétail le consomme avec appétit.

La graine, qu'il est préférable de récolter lors de la première coupe, est abondante, mais se détache très facilement ce qui nécessite des précautions pour la récueillir: on peut, afin de faciliter cette récolte, l'opérer à la fraicheur du matin, et laisser sur le sol, pendant quelques jours, les tiges coupées puis on les enlève pour le débourrage, qui se fait aisé

ment.

La plante est très rustique et ne craint nullement les gelées. Implantée dans un terrain, elle se reproduit d'ellemême, et s'y maintient, pour ainsi dire, indéfiniment, la graine végète et produit la plante, même sans guéret ni labour. Simplement épandue sur un vieux pré ou des gazons, elle y pousse et renouvelle l'herbe épuisée.

La feuille du trèfle hâtif est un peu plus petite que celle du trèfle commun: elle porte une petite tache de couleur blanchâtre.

Tout ce qui tient à l'alimentation du bétail étant d'un intérêt essentiel pour l'agriculture, il paraîtrait désirable que des cultivateurs éclairés se rendissent compte, par l'expérience, des avantages que peut offrir le trèfle hâtif, lequel, comme on le voit, présente sous plusieurs rapports de notables différences avec le trèfle ordinaire, généralement cultivé dans nos contrées.

CH. DURAND.

NOTE DE M. DE TRAVERSAY SUR LE CHANVRE.

MESSIEURS,

La Société industrielle et agricole d'Angers, désirant poursuivre le projet de revendiquer auprès du Sénat un droit protecteur des chanvres français, nous a adressé, par l'organe de son Président, une lettre nous demandant de vouloir bien lui dire :

1o Le prix moyen, détaillé, de la culture, du rouissage et du teillage du chanvre ;

2o La part moyenne d'impôts directs et indirects payés annuellement par hectare dans notre département.

11 est très difficile de répondre d'une manière précise et certaine à ces questions, un écart considérable existant entre l'inégalité du rendement et de l'impôt, ainsi qu'entre les frais de culture et de prix de ferme, suivant les communes et même le sol des communes du département où le chanvre est cultivé.

Le département de la Vienne, dont les terres dans plusieurs communes au nord sont très propres à la culture du chanvre, en produisait une quantité considérable, qui a beaucoup diminué depuis que cette culture n'est plus aussi rémunératrice qu'il y a quelques années.

Le chanvre, cultivé en très minime quantité dans le sud du département de la Vienne, était un des plus beaux produits du nord, et les communes de Jaulnay, Dissais, Saint-Cyr, Marigny-Brizais, Vendeuvre, Cheneché, Moncontour, Ouzilly, Lencloître, etc., etc., tiraient autrefois un beau produit de cette plante.

En moyenne, le chanvre, dans nos contrées, produit 50 à 60 kilos par 10 ares, soit 500 à 600 kilog à l'hectare, suivant le terrain et suivant surtout les années, produit bien inférieur à celui obtenu dans la vallée de la Loire, lequel est de 1000 kilos. Or, à 40 fr. les 52 kilos, prix d'aujourd'hui,

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