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constaté une amélioration progressive, s'accentuant de plus en plus chaque année.

Après ces quelques observations, Messieurs, nous prions la Société d'agriculture de Poitiers de ne tenir aucun compte de la circulaire de M. Richard, du Cantal, et de passer à son ordre du jour.

Poitiers, le 6 mars 1881.

Mor SARRANS.

Théodore GAILLARD.

GERMINATION ET VÉGÉTATION DU BLÉ

PAR CLAUDE BERNARD.

Depuis plusieurs années, j'étudie la racine du blé, et, poursuivant nos travaux, j'ai été souvent frappé de la présence, dans la racine, d'une tige nue. rigide, ligneuse, d'une longueur variable, munie de radicelles à son extrémité. Ce qui m'a toujours surpris, c'est que cette tige n'existe pas dans tous les plants de blé.

Bien décidé, en 1877, à saisir le secret de la formation et du rôle de cet organe, le 4 avril je me suis transporté à la ferme de notre si dévoué et si sympathique collègue Brayé. En arrachant plusieurs plants de blé, il m'a été donné de trouver la solution de mon problème qui, je dois le dire, a un très grand intérêt au point de vue agricole.

La germination d'un grain de blé a pour double fonction de donner naissance à la racine et à la germinale, cette partie de la plante qui forme la tige. Si on examine la germinale au microscope au moment de son apparition, on voit qu'elle est formée d'un noeud surmonté d'une feuille. Mais ces organes sont formés d'un tissu tellement délicat que la germinale ne pourrait traverser la terre, les cailloux, pour arriver au jour, sans être meurtrie, déchirée et même détruite.

La nature, si prévoyante, protège la germinale dans sa marche, à l'aide d'une tunique solide, véritable tube qui l'accompagne et ne la quitte que quelques millimètres au

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dessous de la surface du sol. C'est alors que la feuille abandonne son protecteur et le premier noeud, et s'élance pour prendre possession de son élément l'air. Ce qu'il y a d'admirable dans ces fonctions, c'est que, quelle que soit la profondeur à laquelle le grain a été enterré, la tunique n'abandonne le nœud et sa feuille qu'à la surface du sol.

La tunique est formée de cellules allongées, très longues; elle est nue, c'est-à-dire qu'elle n'est pas pourvue de radicelles; sa texture est ligneuse, rigide et d'une telle solidité, que je n'ai pu la rompre que sous l'effort d'un poids de 1 k. 200, tandis que les racines et radicelles se déchirent sous le plus petit effort.

Racines de blé.

Dans le blé comme dans toutes les céréales, les racines se forment de deux manières :

1o Par le développement de la radicelle, cette partie du grain opposée à la germinale paraît immédiatement après la germination.

2o C'est un fait par moi découvert que les racines prennent également naissance sur le premier et sur le deuxième nœud, à la condition qu'ils soient recouverts de terre.

Il résulte clairement de cette structure d'organe et de leurs fonctions que le cultivateur, à sa volonté, peut créer un ou plusieurs étages de racines, chaque étage, dans un rayon séparé, puisant sa nourriture répandue dans le sol sous la forme d'engrais.

Exemple à l'aide du semoir, le cultivateur enfonce son grain en terre de 4 à 5 centimètres; les racines du grain plongent perpendiculairement, et peuvent atteindre la longueur de 10 à 15 centimètres et même plus.

Les racines du noeud rayonnent à la surface sur une profondeur variable, mais hors la région de la racine du grain. Il peut même arriver qu'il se forme trois étages de racines lorsque le grain est enfoncé profondément.

Dans le semis à la volée, le grain se trouve à la surface; les racines des grains et des noeuds se confondent dans le même rayon; on ne rencontre pas de ces racines qui plongent perpendiculairement dans le sous-sol.

Il est inutile de démontrer ce fait que la prospérité d'une plante dépend de l'abondance de ses racines.

Le semoir a donc ce grand avantage, en enfonçant le grain profondément, de le soustraire à la voracité des insectes et des oiseaux, et surtout de provoquer la fonction de plusieurs étages de racines. Enfin la rigidité, la solidité de la tunique et la profondeur à laquelle le grain est enfoncé, ont certainement pour effet de donner plus de stabilité à la tige du blé.

Au commencement de cette note, nous avons dit que le 1er et le 2o nœud, recouverts de terre, donnent naissance à des racines. Nous en avons des exemples. Ainsi s'explique le battage le réchaussage du blé par la rouleau et la herse, mais surtout par l'instrument si utile, la sarcleuse, de M. Brayé; ce buttage pour formation de racines sur le noeud a paru si indispensable à notre confrère, qu'il se propose de transformer les palettes de son instrument en sarcleusesbatteuses, en leur donnant la forme d'une charrue à double versoir.

En résumé, le cultivateur peut donc, à sa volonté, augmentre la quantité de racines, et par conséquent les chances d'une bonne récolte, à l'aide du semoir.

Règle générale, les semoirs ne donnent que 4 à 5 centimètres comme profondeur du grain; c'est trop peu.

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y a deux problèmes très intéressants à résoudre :

Un problème mécanique Rechercher le moyen de semer très profondément.

Un problème physiologique Rechercher la profondeur à laquelle on peut enfoncer un grain dans différentes sortes de sol, sans craindre la pourriture.

Tallage du blé.

Je n'ai trouvé dans la science aucune explication, aucun document sur le tallage du blé. Pour moi, c'est la propriété que possède un grain de blé de donner plusieurs tiges et, par conséquent, plusieurs épis de blé.

Cette propriété, suivant mon opinion, corroborée par celle de M. Brayé, appartient à l'espèce du blé. Les blés ne tallent pas, tallent médiocrement ou beaucoup. Mais nous pensons qu'il est possible d'augmenter le tallage par le battage. C'est une question toute nouvelle, qui a en agriculture une très grande importance. Mais je n'ai étudié ce sujet que cette année, et j'avoue que je n'ai que peu de documents à offrir.

Seulement, au point de vue physiologique, je puis dire que le nœud dont j'ai parlé plus haut, arrivé à la surface du sol, commence à produire des racines, et à sa base il apparaît des noeuds nouveaux latéraux qui, en se développant, donnent naissance à des talles, et sur les nœuds nouveaux apparaissent et des racines et d'autres talles. Ce fait, qui demande de nouvelles études, me paraît expliquer la grande quantité d'épis que l'on obtient avec un grain planté isolément.

Ces études furent interrompues par la mort de Claude Bernard.

L. BABINET.

CHARGES QUI PÈSENT SUR L'AGRICULTURE FRANÇAISE

MESSIEURS,

Sans vouloir discuter les théories du libre échange et de la protection, je pense qu'il est utile de mettre en évidence. les charges énormes supportées par l'agriculture française, et de montrer ainsi que les droits payés par les produits du sol français sont bien supérieurs à ceux que l'on impose aux produits similaires étrangers.

Le travail que j'ai l'honneur de vous soumettre eзt de 1869 et peut par conséquent n'être plus d'une rigoureuse exactitude; je crois cependant qu'il ne doit pas s'écarter beaucoup de la réalité. J'aurais voulu le refaire; mais, ne faisant plus d'agriculture depuis 1870, je ne l'ai pas pu. J'espère, Messieurs, que quelques-uns d'entre vous voudront bien faire un pareil calcul et en communiquer le résultat à notre Société, qui pourra ainsi être fixée d'une manière exacte sur la qualité des droits payés par les produits agricoles.

En 1869, une ferme que je faisais valoir à moitié fruits, aux environs de Saint-Maixent, et qui donnait un produit brut moyen de 5,300 fr., payait :

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Pour établir la quotité des contributions indirectes payée par la ferme dont il s'agit, j'ai divisé le produit des contributions indirectes, déduction faite des produits de l'enregistrement des tabacs et des postes, soit 623 millions, par 10 millions, chiffre de la population à cette époque ; j'ai ainsi obtenu la part des contributions indirectes payées par chaque habitant, et j'ai multiplié cette part par 10, nombre de gens tant grands que petits habitant la ferme; ce nombre n'est certainement pas supérieur à la moyenne des habitants d'une ferme de cette importance.

J'ai calculé le droit de mutation à 4 fr. 50 pour 100 payé tous les 15 ans sur une valeur de 80,000 fr., de beaucoup inférieure à la valeur réelle de la ferme.

J'ai supposé une exonération tous les 16 ans au taux de 2000 fr. L'exonération n'existe plus, mais la charge du service militaire n'en est pas moins lourde; les chiffres que je viens de coter doivent être au-dessous de la moyenne; car j'ai établi mon calcul sur une ferme dont toutes les terres sont d'excellente qualité et d'une exploitation facile, je n'ai porté que pour mémoire la prestation en nature, parce qu'elle varie de commune à commune et de département à département, même avec des taxes équivalentes. Avec des impôts payés par les produits du sol français, nos agriculteurs, qui paient la terre de 1000 à 7000 fr. l'hectare et même quelquefois plus, peuvent-ils soutenir la concurrence des produits de certaines contrées où les terres d'une fertilité extrême se vendent à des prix extrêmement bas? Ainsi, en Roumanie, la terre, d'une qualité telle qu'elle n'a pas besoin d'être fumée pour produire de magnifiques récoltes, ne se vend que 150 à 180 fr. l'hectare; en Russie, le prix des terres propres à la culture du blé varie de 16 à 65 fr. l'hectare.

Les terres noires,qui sont d'une fertilité extraordinaire, valent de 130 à 190 fr. l'hectare. Depuis l'établissement des chemins de fer et la création de grands navires à vapeur, les produits agricoles sont transportés à de grandes distances, très rapidement et à très bas prix.

En 1865, le transport d'un bœuf de Pesth, Hongrie, à Paris coûtait 72. fr.; depuis lors les tarifs des chemins de fer ont en général été abaissés, et ce transport doit coûter moins aujourd'hui. A la même époque, en Roumanie, les boeufs de la taille

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