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charbon animal employé par M. Curaudau, ont donné 40 grammes de phosphate de chaux mêlé avec un peu de phosphate de fer, un gramme et plus de sablon et soixanteneuf centièmes de gramme de carbonate de chaux, produits qui assurément n'étoient pas ceux obtenus de l'analyse que nous avions faite aussi du charbon de corne exigé par M. Curaudau, comme étant celui qui devoit être uniquement employé.

Restoit à expliquer comment le charbon de M. Curaudau étoit si différent du nôtre; à cet égard nous ne fûmes pas long-temps à trouver la cause que nous cherchions; car en examinant les matières qui avoient servi à faire ce charbon nous reconnûmes qu'elles offroient un mélange de râpure de corne, de morceaux d'ivoire, et de différentes autres substances. Nous apprimes de plus, que M. Curaudau avoit chargé un ouvrier de convertir ces matières en charbon, et que présumant qu'on avoit suivi les précautions qu'il avoit indiquées, il ne s'étoit pas donné la peine de vérifier jusqu'à quel point ses ordres avoient été suivis. Enfin on ne nous laissa pas non plus ignorer que ce charbon, une fois fait avoit été porphyrisé sur une table de marbre blanc.

D'après tous ces renseignemens, il n'étoit plus difficile de rendre raison de la différence qui existoit entre les produits obtenus avec le charbon de M. Curaudau et celui que nous avions préparé, en nous conformant exactement au mode qui nous avoit été indiqué. En effet, comme d'après l'analyse il étoit constant que les 100 grammes de charbon que M. Curaudau avoit employés dans son expérience, contenoient 40 grammes et plus de phosphate de chaux, mêlé avec un peu de phosphate de fer, on concevoit facilement comment en chauffant fortement un mélange d'un semblable charbon de soufre et de potasse, on avoit obtenu une grande quantité de gaz phosphorescent et du phosphore sous forme concrète, tandis que notre charbon, qui ne contenoit et ne devoit réellement contenir qu'une très-petite quantité de phosphate de chaux, n'avoit pas même donné de gaz phosphorescent lorsqu'on l'avoit traité avec le soufre et la potasse. Nous expliquâmes pourquoi dans le résidu de la distillation du mélange des matières préparées par M. Curaudau, il s'étoit trouvé une beaucoup plus grande quantité de carbonate de chaux que celle du résidu de notre opération, puisque indépendamment de la chaux séparée lors de

la décomposition du phosphate de chaux que contenoit en grande quantité le charbon de M. Curaudau, il y avoit encore celle détachée de la table de marbre sur laquelle ce charbon avoit été porphyrisé. Quant à l'origine du fer contenu dans le résidu de l'opération de M. Curaudau, elle ne nous offrit rien d'équivoque, lorsque nous nous rappelâmes que la corne et les os contiennent une petite quantité de ce métal, que d'ailleurs nous avions aussi trouvé, en analynotre charbon de corne.

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Il dut donc pour lors être démontré pour nous que M. Curaudau s'étoit trompé, en avançant que ses expériences prouvoient la possibilité de faire du phosphore, de la chaux et du fer, et que les élémens de ces substances étant contenus dans le soufre, dans le charbon animal et dans la potasse, il ne s'agissoit que de les séparer et les réunir. Enfin nous devons dire à la Classe que M. Curaudau n'a pas tardé à reconnoître et à convenir de son erreur, lorsqu'après avoir analysé lui-même son charbon animal, il a vu qu'il n'étoit pas du tout semblable à celui qu'il croyoit avoir employé.

Il seroit superflu d'insister sur les autres expériences citées par M. Curaudau, parce que dans presque toutes le charbon animal ayant été le même que celui dont il s'étoit servi dans l'expérience que nous venons de décrire, la même cause d'erreur a dû se présenter dans les autres essais où ce charbon a été employé.

D'après ce qui s'est passé pendant le cours des expériences faites par la Section de Chimie, nous avons lieu de présumer que M. Curaudau, qui a reconnu son erreur, ne sera plus tenté de revenir sur les questions très-difficiles qu'il croyoit avoir traitées avec succès; mais dans tous les cas nous l'ine vitons à mettre plus de sévérité dans les recherches qu'il voudra soumettre au jugement de la Classe.

SUITE des Réflexions sur les Espèces minérales.

PAR J.-C. DELAMETHERIE.

La chaleur que l'auteur des Réflexions sur quelques méthodes minéralogiques (Annales de Chimie française, tom. 65, pag. 1, 113 et 225) a mise dans la discussion de déterminer les caractères de l'espèce minérale, a engagé tous les minéralogistes à s'occuper de cet objet intéressant.

Il a cherché à prouver avec l'auteur du Traité de Minéralogie, que

« L'espèce minéralogique est une collection de minéraux, » dont les molécules intégrantes sont semblables, et com» posées des mêmes élémens unis en même proportion. >>

L'espèce minérale ne peut donc être déterminée, d'après ces principes, que par la forme de la molécule qu'on obtient par le clivage....

J'ai constamment combattu cette opinion; et j'ai fait voir en dernier lieu, dans ma Réponse à Lasteyrie (Journal de Physique, tom. 66, pag. 298 et 391), que les naturalistes reconnoissent plusieurs espèces, telles que les gommes, les résines, les gommes-résines,... dans lesquelles on ne peut point constater la nature de la molécule.

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J'ai ajouté que l'auteur du Traité de Minéralogie a mis lui-même au nombre des espèces minérales un grand nombre de substances minérales, telles que le succin, le pétrole, jayet, le bitume, l'anthracide,... dans lesquelles on ne peut pas plus assignerla nature de la molécule que dans la gomme arabique, les baumes, les résines;...mais pour donner encore plus de force à ces observations, je vais ici faire un exposé des espèces minérales décrites dans son ouvrage. Celles dont il a déterminé la molécule, sont marquées par un astérisque, et celles qui n'ont point d'astérisque ont leur molécule indéterminée.

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2. Espèce. Soude boratée. * 3. Espèce. Soude carbonatée. Troisième Genre.

1. Espèce. Ammoniaque muriatée. “ TROISIÈME ORDRE.

Substances acidifères alkalino

terreuses.

Premier Genre.

I. Espèce. Alumine sulfatée alka

line.

2. Espèce. Alumine fluatée alkaline. SECONDE CLASSE.

Substances terreuses.

1. Espèce. Quartz. * 2. Espèce. Zircon. * 3. Espèce. Télésie. 4. Espèce. Cymophane. 5. Espèce. Spinelle. * 6. Espèce. Topaze. 7. Espèce. Emeraude. 8. Espèce. Enclase. * 9. Espèce. Grenat. * 10. Espèce. Amphigène. 11. Espèce. Idocrase. 12. Espèce. Meionite. 13. Espèce. Feldspath. * 14. Espèce. Corindon. 15. Espèce. Pléonaste. 16. Espèce. Axinite. * 17. Espèce. Tourmaline. 18. Espèce. Amphibole. 19. Espèce. Actinote. * 20. Espèce. Pyroxene. 21. Espèce. Staurotide. * 22. Espèce. Epidote. * 23.- Espèce. Sphene. 24. Espèce. Wernerite. 25. Espece. Diallage. 26. Espèce. Anatase. 27. Espèce. Dioptase. 28. Espèce. Gadolinite. 29. Espèce. Lazulite. 30. Espèce. Mésotype. 31. Espèce. Stilbite,

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