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plus en France. Ce n'étoient ni la religion ni la philosophie qui lui importoient dans l'existence d'un clergé tout-à-fait soumis à ses volontés; mais, ayant entendu parler de l'alliance entre l'autel et le trône, il commença par relever l'autel. Aussi , en célébrant le concordat , fit-il, pour ainsi dire, la répétition habillée de son couronnement.

Il ordonna, au mois d'avril 1802 , une grande cérémonie à Notre-Dame. Il y fut avec toute la pompe royale, et nomma pour l'orateur de cette inauguration , qui? l'archevêque d'Aix, le même qui avoit fait le sermon du sacre à la cathédrale de Reims, le jour où Louis XVI fut couronné. Deux motifs le déterminèrent à ce choix : l'espoir ingénieux que , plus il imitoit la monarchie , plus il faisoit naître l'idée de l'en nommer le chef; et le dessein perfide de déconsidérer l'archevêque d'Aix assez pour le mettre entièrement dans sa dépendance, et pour donner à tous la mesure de son ascendant. Toujours il a voulu , quand cela se pouvoit, qu'un homme connu fit quelque chose d'assez blåmable en s'attachant à lui , pour être perdu dans l'estime de tout autre parti que le sien. Brûler ses vaisseaux, c'étoit lui sacrifier sa réputation ; il vouloit faire des hommes une

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monnoie qui ne reçût sa valeur que de l'empreinte du maître. La suite a prouvé que cette monnoie savoit rentrer en circulation avec une autre effigie.

Le jour du concordat, Bonaparte se rendit à l'église de Notre-Dame, dans les anciennes voitures du roi , avec les mêmes cochers , les mêmes valets de pied marchant à côté de la portière ; il se fit dire jusque dans le moindre détail toute l'étiquette de la cour; et, bien que premier consul d'une république, il s'appliqua tout cet appareil de la royauté. Rien, je l'avoue, ne me fit éprouve# un sentiment d'irritation pareil. Je m'étois renfermée dans ma maison pour ne pas voir cet odieux spectacle; mais j'y entendois les coups de canon qui célébroient la servitude du peuple françois. Car y avoit-il quelque chose de plus honteux que d'avoir renversé les antiques institutions royales , entourées au moins de nobles souvenirs, pour reprendre ces mêmes institutions, sous des formes de parvenus, et avec les fers du despotisme? C'étoit ce jour-là qu'on pouvoit adresser aux François ces belles paroles de Milton à ses compatriotes : Nous allons devenir la honte des nations libres, et le jouet de celles qui ne le sont pas; est-ce , diront les étrangers , cet édifice de li

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berté'q..e les Anglois se glorifioient de bâtir? Ils n'en ont fait tout juste que ce qu'il falloit pour se rendre à jamais ridicules aux yeux de l'Europe entière. Les Anglois du moins ont appelé de cette prédiction.

Au retour de Notre-Dame , le premier consul, se trouvant au milieu de ses généraux , leur dit : N'est-il pas vrai qu'aujourd'hui tout paroissoit rétabli dans l'ancien ordre? «Qui, » répondit noblement l'un d'entre eux, « ex» cepté deux millions de François qui sont » morts pour la liberté, et qu'on ne peut faire » revivre. » D'autres millions ont péri depuis, mais pour le despotisme.

On accuse amèrement les François d'être irréligieux; mais l'une des principales causes de ce funeste résultat, c'est que les différens partis, depuis vingt-cinq ans, ont toujours voulu diriger la religion vers un but politique, et rien ne dispose moins à la piété que d'employer la religion pour un autre objet qu'ellemême. Plus les sentimens sont beaux par leur nature, plus ils inspirent de répugnance quand l'ambition et l'hypocrisie s'en emparent. Lorsque Bonaparte fut empereur, il nomma le même archevêque d'Aix, dont nous venons de parler, à l'archevêché de Tours; et celui-ci, dans un de ses mandemens, exhorta la nation à reconnoître Napoléon comme souverain légitime de la France. Le ministre des cultes, se promenant alors avec un de mes amis, lui montra ce mandement, et lui dit : « Voyez, » il appelle l'empereur grand , généreux , ila · » lustre , tout cela est fort bien ; mais c'est » légitime qui étoit le mot important dans la » bouche d'un prêtre. » Pendant douze ans, à dater du concordat, les ecclésiastiques de tous les rangs n'ont laissé passer aucune occasion de louer Bonaparte à leur manière, c'est-àdire , en l'appelant l'envoyé de Dieu, l'instrument de ses décrets, le représentant de la Providence sur la terre. Les mêmes prêtres ont depuis prêché sans doute une autre doctrine; mais comment veut-on qu'un clergé , toujours aux ordres de l'autorité, quelle qu'elle soit, ajoute à l'ascendant de la religion sur les âmes?,

Le catéchisme qui a été reçu dans toutes les églises, pendant le règne de Bonaparte , menaçoit des peines éternelles quiconque n'aimeroit pas ou ne défendroit pas la ilynastie de Napoléon. Si vous n'aimez pas Napoléon et sa famille, disoit ce catéchisme (qui, à cela près, est celui de Bossuet), que vous en arri

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aut-il pas des motifs particuliers qui doivent plus mt nous attacher à Napoléon Ier., notre empereur ? Oui : car il est celui que Dieu a suscité dans les cirtances difficiles pour rétablir le culte public de la reli

sainte de nos pères et pour en être le protecteur. Il a ené et conservé l'ordre public par sa sagesse profonde active ; il défend l'état par son bras puissant; il est decenu l'oint du Seigneur par la consécration qu'il a reçue du souverain pontife, chef de l'église universelle.

D. Que doit-on penser de ceux qui manqueroient à leur devoir envers notre empereur ? · R. Selon l'apôtre saint Paul, ils résisteroient à l'ordre établi de Dieu même, et se rendroient dignes de la damnation éternelle.

notre empereur

D. Nya-t-il fortement nous

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