Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

DU

PLACEMENT DES VIEILLARDS INDIGENTS

DANS LEURS FAMILLES

A L'AIDE D'UNE PENSION

Par M. le Docteur ANIZON.

Le 7 juin 1854, j'ai eu l'honneur d'exposer, devant la Société Académique, un plan d'organisation du service médical gratuit, en faveur des indigents de la ville de Nantes.

Ce plan, actuellement réalisé, du moins dans ses dispositions essentielles, doit, à l'appui aussi chaleureux qu'éclairé de nos collègues, le plus puissant élément de son succès.

Je proposais, en même temps, bien que d'une manière accessoire, une modification profonde aux usages de nos administrations charitables; je veux parler du placement d'un certain nombre de vieillards nécessiteux, chez leurs proches, ou même chez des personnes étrangères à leurs familles.

C'est sur cette mesure, passée inaperçue parmi nous, mais qui compte, en sa faveur, douze années d'un succès

non interrompu, à Paris et dans le Loiret, que je désire appeler, d'une manière toute spéciale, l'attention de l'Académie (1).

J'exposerai successivement: son origine, son organisation, son but, ses résultats.

Puis, comme conclusion pratique, j'essaierai de montrer combien elle serait utile et facilement applicable aux indigents de notre ville et de tout notre département.

§ I. ORIGINE.

En 1849, le directeur de l'assistance publique, ému des ravages que le choléra venait d'exercer dans les pavillons de la Salpêtrière, où 900 femmes étaient mortes, victimes du fléau, voulut aviser au moyen de diminuer l'encombrement de cet asile, afin de prévenir le retour d'un pareil malheur.

Dans ce but, 533 femmes indigentes furent placées et entretenues dans leurs familles, à l'aide d'une pension dite secours d'hospice.

Le même essai, fait en faveur de 320 vieillards de Bicêtre, ne fut pas moins heureux, et un arrêté du 23 juin 1850 vint organiser le service, tel qu'il existe aujourd'hui.

A la même époque, une semblable mesure était prise dans le Loiret.

Voici à quelle occasion:

Le 29 octobre 1848, un membre du Conseil général, M.

[ocr errors]

(1) Une institution analogue existe en Suisse, depuis longues années, notamment dans le petit canton de Genève. Je n'ai pu me procurer aucun document officiel à cet égard. J'ai su senlement qu'elle y produit d'excellents résultats.

Saint-Aignant Boucher, avait fait à ses collègues la proposition de créer, dans les campagnes, de petits hospices où seraient reçus les invalides de l'agriculture; et le Conseil général, prenant cette proposition en considération, avait invité le Préfet du Loiret à vouloir bien la faire étudier dans le plus bref délai.

Pour répondre au désir du Conseil, un projet d'organisation fut présenté par ce magistrat, à la session suivante, et approuvé le 6 septembre 1850.

Rejetant la création d'hospices multiples comme trop onéreuse pour le département et pour les communes, ce projet, devenu règlement organique, conciliait, autant que possible, l'intérêt si complexe des vieillards, de leurs familles et des contribuables, en autorisant le placement de ces nécessiteux, soit dans les hospices alors existants, soit dans leurs familles, soit même chez des particuliers, choisis avec soin.

[merged small][ocr errors][merged small]

Quelques détails, sur l'organisation de ces secours, ne seront pas sans intérêt.

D'après le règlement de Paris, « pour être apte à réclamer » le secours d'hospice, l'indigent doit avoir 70 ans révolus, » vivre, autant que possible, en famille, - les hommes >> surtout; être dans ses meubles et non en garni, être » inscrit, depuis plus d'un an, au contrôle des indigents de » la ville... >>

« Néanmoins sont admis de préférence les indigents de » 75 ans, qui peuvent justifier d'un domicile de 10 années » consécutives... >>

« Les pauvres, ainsi secourus, continuent d'être inscrits. » sur le contrôle des indigents, mais dans un article

» spécial. En cas de maladies, ils ont droit à la visite du » médecin, à la délivrance gratuite des remèdes, des bains, » des bandages et des actes de l'état-civil. »

« Le nombre des secours d'hospice est réparti par l'Admi»nistration, entre les bureaux de bienfaisance, propor» tionnellement à la population indigente dont ils sont >> chargés. >>>

Quant à la quotité des secours, elle est fixée à 253 francs pour les hommes et à 195 francs pour les femmes.

La répartition s'en fait annuellement par les soins du bureau de bienfaisance auquel ils sont attribués, et d'une manière inégale, suivant la rigueur de la saison. De mai à octobre, les hommes reçoivent 19 francs et les femmes 15; du mois d'octobre au mois d'avril, l'allocation mensuelle est de 24 francs pour les hommes et de 18 francs pour les femmes.

A l'origine, « ces secours étaient fournis, tant en » argent qu'en nature; aujourd'hui, ils sont donnés uni» quement en espèces. Comme ce sont des individus choisis » qui les reçoivent, il n'en résulte aucun abus; et ces >> sommes, employées plus spécialement à payer le loyer » de la famille, donnent une considération toute particu>> lière au vieillard qui procure une telle ressource. »>

(( Lorsqu'une vacance a lieu par suite de départ, décès, » ou entrée réelle à l'hospice, le bureau de bienfaisance >> auquel la pension d'hospice est attribuée, présente un >> nouveau candidat. »

Tel est le secours d'hospice à Paris.

Le mode, suivant lequel cette institution fonctionne, dans le Loiret, où elle est plus spécialement départementale, diffère quelque peu, par son organisation et par la quotité des secours.

Pour y participer, l'impétrant doit produire :

Un acte de naissance, attestant qu'il a 70 ans accomplis; Un certificat du médecin;

Un certificat du Maire et du Percepteur constatant son indigence;

Un engagement pris par la personne qui désire lui donner

asile.

Pour garantir l'observation fidèle de cet engagement, plusieurs inspecteurs, ou à leur défaut le Maire de la commune et les médecins du service médical gratuit, s'assurent, par des visites périodiques ou accidentelles, de la position des vieillards, ainsi pensionnés, et provoquent, s'il y a lieu, le retrait de l'autorisation. Du reste, les dispositions principales sont absolument les mêmes qu'à Paris.

[blocks in formation]

Ce mode d'assistance est désigné, dans la capitale, sous le nom de secours d'hospice; dans le Loiret, sous le titre de pensions de vieillards. Il a pour but de retenir et de fixer un père ou une mère au milieu de sa famille; de lui éviter les inconvénients moraux et matériels - inhérents à toute agglomération d'êtres vivants; de soulager un plus grand nombre de pauvres, à l'aide d'une somme déterminée; d'éviter enfin les frais considérables de constructions hospitalières nouvelles, que le nombre toujours croissant de familles peu aisées ne tarderait pas à rendre nécessaires : considérations d'une haute valeur, sur lesquelles je crois devoir m'arrêter quelques instants.

Personne ne peut contester qu'il est du devoir des enfants de venir en aide à un père ou à une mère dont la sollicitude

« VorigeDoorgaan »