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La collégiale a pour doyen messire Jean Domaget. Il n'y a avec lui qu'un chanoine, nommé Herven Madet, du diocèse de Léon en Basse Bretagne, à cause de l'exiguité des revenus dont une grande partie a été perdue pendant les guerres de la fin du XVIe siècle.

Le doyen ne peut présenter l'état de ses revenus, les titres des fondations étant entre les mains du marquis de La Chambre; mais il affirme que, d'après leur teneur, il devrait comporter quatre ou cinq chanoines, outre le doyen.

De fait, la collégiale de Ste-Anne ne se composa jamais que d'un doyen et d'un chanoine.

Citons, parmi les doyens, noble André Marie Maistre, que le livre d'institution mentionne comme « un des convicteurs de Superga. » André Maistre était le frère du président de Maistre et l'oncle de Joseph et Xavier de Maistre. Il fut plus tard vicaire général de Tarentaise et évêque d'Aoste.

Le dernier doyen de Ste-Anne fut Jean-Baptiste Durieux, de Lanslebourg, précédemment curé de Chamoux. Au titre de doyen il ajoutait ceux de prieur de la Corbière et seigneur de St-Pierre-de-Belleville.

Par son testament reçu en 1790 par Me Mollot notaire à Chamoux, il léguait la somme de 4.000 livres pour la fondation d'une école à perpétuité pour l'instruction de la jeunesse de la localité, à partir de la Toussaint jusqu'à Pâques.

Cet ami de l'instruction populaire clot dignement la série des doyens de la collégiale de Chamoux.

Notes sur les inféodations de la seigneurie de Chamoux (1)

En 1891, je fis demander à madame la comtesse de Sonnaz née de Vars si elle voudrait bien me communiquer les chartes qu'elle possède en son château de Chamoux. Elle répondit que ces chartes étaient à ma disposition et, pour me donner une idée de leur importance, elle eut l'obligeance de m'en envoyer ce résumé. J'ai vainement attendu la possibilité d'aller passer quelques jours à Chamoux et maintenant je dois. renoncer définitivement à aller faire une étude plus détaillée de ces parchemins qui peut-être fourniraient, sur plus d'un point de notre histoire, d'intéressants renseignements, Je voudrais au moins que les notes que je dois à l'extrême obligeance de madame la Comtesse, ne soient pas perdues. C'est pourquoi en lui exprimant ici ma bien vive reconnaissance et mon regret de n'avoir pu profiter de ses offres si alléchantes pour un amateur de vieilles chartes, je reproduis ces notes telles que je les ai reçues, avec quelques petites additions.

Il n'est peut-être pas inutile qu'au préalable je rappelle une charte publiée par l'Académie de Savoie (2) et dont l'original se trouve dans les archives de l'évêché de Saint-Jean.

Le premier seigneur de Chamoux qui soit connu vivait au commencement du XIe siècle. Le 31 janvier 1019, Geoffroi du château qui s'appelle Chamoux (Guidfredus de castro quod dicitur Camos), donne et restitue (dono el reddo) à l'église de Saint Jean Baptiste de Maurienne et à la communauté des chanoines qui la

(1) Ces notes, lues par M. l'abbé Gros, sont dues à la plume de M. le chanoine Truchet.

(2) Chartes du dioc. de Maur., 1861, p. 11.

desservent les églises d'Aiton, de Bonvillaret et de Randens, avec leurs biens, leurs dîmes et toutes leurs dépendances. L'acte reçoit l'approbation d'Amaltrude, femme de Geoffroi et de leur fils Nanthelme, Andric, Geoffroi, Ainard, Jothcelme, Aiméric et Umbert. Il y a une condition, c'est que son fils Amédée soit reçu dans le Chapitre et, après lui, un de ses frères, s'il s'en trouve un qui soit clerc.

Mgr. Billet remarque que Geoffroi de Chamoux ne pouvait posséder ces églises qu'abusivement et que la condition qu'il met à la restitution n'est pas exempte de simonie.

J'arrive au XIVe siècle et aux notes de madame de Sonnaz.

1330, 11 avril - Inféodation de la seigneurie de Chamoux en faveur des deux frères Gaspard et Balthazard, fils de feu Jacques Manuel de Saint-Julien, habitant à Aiguebelle.

1333, 24 avril - Investiture d'une maison-forte, biens et rentes féodales, dans la paroisse de Chamoux, à Pierre et Jean Verdon frères.

1378, 26 novembre Investiture accordée aux frères Richard et Gaillard par le comte de Savoie, Amédée VI.

1415 Amédée VIII déclare le château de Chamoux maison-forte de première classe et capable de soutenir un siège.

1427, 16 août - Vente et inféodation par le même de la seigneurie de Chamoux et de ses dépendances rière les paroisses de Bettonet, Bourgneuf, Montendry et Montgilbert, en faveur de Jean de Seyssel, seigneur de Barjac et de la Rochette.

1465, 2 avril - Investiture au dit Jean de Seyssel, seigneur de Barjac et de la Rochette du château, mandement et juridiction de Chamoux, pour lui, ses héritiers et successeurs quelconques.

1497, 4 décembre - Investiture conforme à la précédente, accordée par le duc Philibert de Savoie à Louis comte de La Chambre du château, mandement et juridiction de Chamoux, à lui échus par succession du comte Aimon son père, lequel était fils et héritier de Jean de Seyssel.

1517, 18 juin - Investiture en faveur de Jean, fils du comte Louis de La Chambre.

1566, 15 mars - Le duc Emmanuel Philibert accorde la même investiture à Jean, fils de Jean comte de La Chambre.

1623, 2 septembre - Testament de Louise marquise de La Chambre, fille du susdit Jean de La Chambre, instituant son héritier particulier le prince Thomas de Savoie-Carignan.

1638, 13 février - Vente par le prince, EmmanuelPhilibert de Savoie-Carignan, fils de feu le prince Thomas, héritier de Louise de La Chambre ; à Philibert Chappel comte de Rochefort, de la seigneurie de Chamoux comprenant les paroisses de Chamoux, Bettonet, Bourgneuf, Montendry et Montgilbert, pour le prix de 65.000 livres de Piémont.

1715, 28 octobre Jean et Jean-Louis, fils et héritiers universels de Philibert Chappel, comte de Rochefort, vendent la seigneurie de Chamoux à S. E. Pierre de Mellarède, ministre d'Etat et premier président en la Chambre des Comptes, pour lui et son ami à élire pour le tout ou pour partie de la dite vente. Prix 22,000 écus de six florins.

1715, 9 novembre Le seigneur Pierre de Mellarède fait élection du seigneur Joseph Arétan, baron de Monfort, conseiller et maître auditeur en la Chambre des Comptes de Savoie, et lui relâche les paroisses de Chamoux, Montendry et Montgilbert avec la juridiction, les biens fonds et les autres droits spécifiés dans l'acte, à la charge qu'il paiera la somme de 106,000 florins, en déduction de celle ci-dessus de

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22,000 écus. 1734, 10 juillet Quittance en faveur du baron de Montfort pour la cavalcade due par la seigneurie de Chamoux.

1745, 30 octobre Testament du seigneur Arétan, baron de Montfort, instituant son héritier universel noble Joseph d'Albert, d'Orelle, gentilhomme de Maurienne, son petit-fils par sa fille Claudine, mariée à Antoine d'Albert, seigneur de Vimines et Couz (1).

Les trois fils de Joseph d'Albert et de Cécile, fille de de l'avocat Didier de St-Michel, moururent avant leur père. Simon, l'aîné, porta le titre de baron de Chamoux la seigneurie de Chamoux fut érigée en baronnie par patente du 2 septembre 1791. Capitaine au régiment de Maurienne, il fut tué dans un combat en 1794. Ses frères avaient eu les titres, l'un de baron de Montendry, l'autre de baron de Montgilbert. Leur sœur cadette, qui avait épousé le baron Graffion, devint héritière de la terre et seigneurie de Chamoux.

Leur fils unique n'ayant pas d'enfants, institua son héritière universelle sa femme, Céline, fille du baron de Roberty de Sainte-Hélène-du-Lac et de Thérèse de Gerbaix de Sonnaz. Céline de Roberty épousa en secondes noces le général comte Hyppolyte de Gerbaix de Sonnaz, à qui elle laissa son héritage.

Le général est mort au château de Chamoux en 1871. Son fils, le comte Victor de Sonnaz, l'a suivi en 1882. Il ne reste dans le vieux château que sa veuve, madame Rose de Terningo.

Dans la cour, sur l'emplacement du hangar à bois, s'élevait, avant la Révolution, l'église collégiale de Sainte-Anne, fondée en 1515 par Louis de La Chambre (2).

(1) V. Travaux de la Société...... 1° série, t. 6, p. 258. p. 267.

(2) V. ibid.,

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