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ancien et premier nom de Haïti. La dernière descente que fit Colomb dans les nouvelles terres qu'il visitait fut sur la côte, à peu de distance du lieu où depuis a été bâtie la ville du Cap français.

Ayant laissé trente-huit hommes de son équipage dans un fort qu'il avait fait construire dans l'île Espanola, autre nom de Haïti, dont le cacique ou roi était devenu de ses amis, Colomb retourna en Espagne pour y rendre compte de sa mission. En route, il fut assailli par une violente tempête, et obligé de relâcher dans le Tage. Il envoya aussitôt demander au roi de Portugal la permission de mouiller, jusqu'au beau temps, dans le port de Lisbonne, ce qui lui fut accordé avec beaucoup d'empressement. Puis, s'étant rendu à

d la cour, sur l'invitation que lui en avait faite le roi,

, Colomb y fut reçu avec tous les honneurs dus à son mérite et à son rang, et le roi écouta avec admiration le récit merveilleux de son voyage'.

Sept jours après, Colomb continuait sa route, et le 15 mars 1493 à midi, il entrait dans le port de Palos, après une absence de sept mois et douze jours.

Son arrivée à Barcelone, où se tenait la cour, fut un véritable triomphe. Les deux souverains Ferdinand et Isabelle le comblèrent d'honneurs et de marques de distinction; tous les priviléges qui lui avaient été promis lui furent confirmés et alors, enfin seulement, les habitants de la ville de Gênes s'enorgueillirent d'être ses compatriotes.

1 Le Monde, tome X.

Six mois plus tard, le 25 septembre 1493, Colomb, muni de pouvoirs illimités, partait de Cadix, certains auteurs disent de Palos, avec une flotte de dix-sept navires pour aller fonder des établissements dans les contrées qu'il avait découvertes. Mais bientôt après, il revenait en Espagne pour se disculper des imputations fausses et mensongères que des envieux avaient fait parvenir jusqu'à la cour. Lorsque le roi et la reine l'eurent entendu, ils firent bonne justice de la calomnie et des calomniateurs, ordonnèrent l'arrestation et le châtiment des coupables et accordèrent à Colomb de nouvelles faveurs.

C'est seulement à son troisième voyage qui eut lieu, après cet incident, au mois de mai 1498, que Colomb, escorté de six vaisseaux, connut le continent du Nouveau Monde qu'il crut être les Indes occidentales. Il atteignit l'embouchure de l'Orénoque et le prit pour le grand fleuve Gihon ayant sa source dans le jardin d'Eden ; jusque-là il n'avait fait que découvrir et visiter les îles qu'il avait rencontrées.

Christophe Colomb fit en 1502, accompagné de son frère Barthélemy, un quatrième voyage qui le tint éloigné d'Espagne pendant plus de deux années. Durant cette dernière expédition, il eut beaucoup à souffrir des rhumatismes qu'il avait contractés au cours de ses longues traversées, et il mourut, à son retour, d'un accès de goutte, le 20 mai 1506, à Valladolid, âgé de soixante à soixante-neuf ans.

Quelques années après, en 1513, le roi Ferdinand

ordonna qu’un monument en marbre fût élevé sur sa tombe avec cette inscription :

« AUX ROYAUMES DE CASTILLE ET DE Léon,

COLOMB DONNA UN NOUVEAU MONDE. »

Puis, plus de deux siècles se passèrent, et ce ne fut qu'en 1796 que les restes mortels de Colomb furent transportés à la Havane en grande pompe et inhumés définitivement dans la cathédrale.

Christophe Colomb s'est montré toute sa vie animé · d'une grande piété; au début de toutes ses entreprises,

il invoqua régulièrement la protection divine, et dès qu'il mettait le pied sur une terre nouvelle, il s'agenouillait pour remercier Dieu des grâces qu'il lui avait faites. On ne peut, non plus, l'accuser d'avoir, pendant le cours de sa vie, donné aucune preuve d'un esprit égoïste et soucieux d'amasser des richesses, car Colomb, qui n'avait demandé aux souverains de l'Espagne de garder pour lui une partie des bénéfices de ses découvertes qu'afin de pouvoir fonder des églises et des asiles d'orphelins, Colomb mourut pauvre.

A l'appui de ce que nous venons de dire et pour terminer cette histoire abrégée de la vie de Christophe Colomb, nous devons citer le portrait que fait de lui son fils Ferdinand Colomb dans l'Historia del suo Padre : « Il avait le visage long, le teint animé et marqué de quelques taches de rousseur, le nez aquilin, les os de la pommette un peu saillants; ses yeux gris clair semblaient commander l'obéissance. Ses cheveux de couleur claire avaient commencé à blanchir dès l'âge de trente ans. Il était très-frugal et simple dans sa mise; il s'exprimait facilement et avec éloquence; il était d'une douceur et d'une bonté extrêmes, qualités qui attachaient vivement à sa personne ceux qui le voyaient dans l'intimité. Naturellement irascible, il était parvenu à dompter son caractère et montrait dans ses manières beaucoup de réserve et de distinction. Il était toujours attentif à remplir les devoirs de la religion et sa piété consistait surtout à dire du bien à ses semblables. >>

Ne quittons point le sujet de la découverte de l'Amérique sans dire comment les frères Pinzon, les deux principaux compagnons de Colomb, se conduisirent pendant son premier voyage et ce qu'il en advint dans la suite. Le mérite de ces deux hommes est d'avoir été prompts à embrasser les idées de celui que l'on accusait alors de folie. Mais tandis que Vincent-Yanez resta le fidèle ami de Colomb, et le sauva du péril qui le menaçait quand le vaisseau qu'il montait, la SantaMaria, alla échouer sur un banc de sable des côtes de Saint-Domingue, Martin Alonzo devint son rival. La Pinta, dont il avait le commandement, devançait toujours les deux autres bâtiments. Il prétendit avoir le premier découvert le Nouveau Monde, et fit tous ses efforts pour être le premier à annoncer la découverte à la cour d'Espagne. Il arriva, en effet, le premier, mais le roi lui refusa l'audience qu'il demandait. Il fut

témoin des honneurs accordés à Colomb et mourut de raye. Grâce aux services rendus plus tard par son frère à la marine espagnole, la famille des Pinzon fut anoblie, mais cette famille, qui doit sa noblesse à VincentYanez, n'en vénère pas moins religieusement la mémoire de Martin Alonzo. Elle maintient son antagonisme avec le grand amiral, en inscrivant sur son écusson cette devise qui est une contrefaçon de l'épitaphe de Colomb:

A CASTILLA Y A LEON
NUEVO MUNDO DIO PINZON.

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