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qu'elle devait exister quelque part, entre le golfe SaintLaurent et la partie méridionale du Groënland.

N'écoutant que son ardeur, il s'engagea dans le détroit qui porte son nom, sans se laisser aucunement effrayer ni décourager par la désolation et la nudité des îles et des rivages qu'il apercevait.

Mais bientôt, avec l'hiver, le froid devint plus intense et la mer charria d'énormes glaçons qui menaçaient de briser son navire. Son équipage, épouvanté, se révolta, voulut le contraindre à retourner sur ses pas, mais lui, s'obstinant dans ses recherches, refusa. Les plus mutins se saisirent alors de lui et de son fils, et les déposèrent avec quelques marins demeurés fidèles dans une chaloupe, puis ils les abandonnèrent sans vivres

et sans ressources.

La mort de ces malheureux était inévitable; elle ne dut pas se faire longtemps attendre au milieu des dangers dont ils étaient environnés. Jamais d'ailleurs on n'a eu de détail exact sur leur fin. ·

Après l'expédition entreprise pour leur compte, et au cours de laquelle sir Hudson avait réussi à fonder plusieurs postes commerciaux dans les contrées qu'il avait explorées, les Hollandais s'attribuèrent le droit de possession sur toute la région comprise entre le fleuve Delaware et le cap Cod, et lui donnèrent le nom de Nouveaux Pays Bas. »

Un an après, un navigateur hollandais, du nom d'Adrien Bloch, visita les mêmes parages. Ayant

chargé son navire de peaux d'ours, il se préparait à retourner en Hollande lorsqu'un violent incendie se déclara à bord et consuma son navire. Il passa tout l'hiver de 1614-1615 sur l'île Manhattan, à l'endroit où est aujourd'hui bâtie la ville de New-York, et ses matelots y élevèrent un fort avec des troncs d'arbres. Au printemps ils construisirent un autre navire et retournèrent en Hollande, laissant quelques-uns d'entre eux avec leurs familles dans le village qu'ils avaient fondé, et auquel le nom de New-Amsterdam avait été donné.

Si l'on récapitule maintenant les prétentions de chacune des nations qui avaient exploré l'Amérique et y avaient fondé quelques établissements, on y voit ce qui suit:

1o Les Espagnols avaient limité leurs explorations et leurs établissements aux Indes occidentales et aux terres adjacentes, et ils n'avaient de colonies aux ÉtatsUnis que dans la Floride et le Nouveau-Mexique.

2o Les Français réclamaient la possession de toute la Nouvelle-France, et ils fondèrent leurs premiers établissements dans l'Acadie et le Canada.

3o Les Anglais avaient exploré les côtes de l'océan Atlantique sur différents points et ils s'étaient attribué la possession de ce vaste territoire appelé par eux « Virginie. >>

4o Les Hollandais prétendaient à la possession des

Nouveaux Pays-Bas, mais, plus lents dans leurs entreprises, ils n'y fondèrent aucune colonie véritable avant l'arrivée d'Adrien Block en 1614.

Cette division du territoire entre les Espagnols, les Français, les Anglais et les Hollandais n'eut pas grande importance tant que les établissements créés par chaque nation furent séparés par des centaines de milles couverts de forêts et de plaines incultes, mais lorsque les colonies devinrent plus vastes, chacun alors crut les droits de son gouvernement lésés par les empiétements du voisin; ces contestations furent la source de fréquentes querelles et de guerres 'sanglantes.

CHAPITRE VIII

Troubles causés en Angleterre par l'adoption du protestantisme comme religion d'Etat. Emigration des puritains séparatistes en Hollande et en Amérique. Fondation de la colonie de Plymouth; difficultés éprouvées par les premiers colons. Inconvénients reconnus du communisme qu'ils avaient adopté. Ils obtiennent le monopole du commerce. Prospérité de la colonie. Les puritains anglais émigrent aussi en Amérique. Ils fondent une colonie sur les bords de la baie de Massachusetts. Conditions générales de la charte qu'ils avaient obtenue. Formation d'autres colonies appelées Charlestown, Dorchester, Watertown, Lynn, Cambridge et Boston. Elles se réunissent sous le nom de « Colonie de la baie de Massachusetts. >> Roger William; fondation de Providence. Les quakers; origine de leur secte; leurs principes et leurs mœurs. Ennuis qu'ils causèrent aux habitants de la baie de Massachusetts; leur expulsion. Ils se réfugient à Providence. sion des colonies de Plymouth et de la baie de Massachusetts. Union des diverses colonies anglaises sous le nom de « ColoniesUnies de la Nouvelle-Angleterre. »

Fu

A partir de ce moment, les Anglais furent la seule nation qui eut une influence directe sur l'histoire de l'Amérique du Nord. Le pays était principalement occupé et colonisé par des émigrants venus de la GrandeBretagne, et toutes les colonies, dont nous allons maintenant raconter la première origine, devinrent des provinces dépendantes de ce royaume.

FONDATION DE LA COLONIE DE PLYMOUTH.

En 1558, cinquante ans environ avant l'arrivée des émigrants envoyés par les Compagnies de Plymouth et de Londres, un fait d'une importance extrême s'était accompli en Angleterre, par la seule volonté de la jeune reine Élisabeth qui venait de succéder sur le trône à sa sœur Marie: le protestantisme était devenu, à la place du catholicisme, la religion de l'État. Quoique ce changement satisfit la majorité de la population, il se trouva, pourtant, un grand nombre de personnes appartenant au clergé et au peuple qui ne se contentèrent pas de ce qu'ils appelaient une demi« mesure; » il fallait, disait-on, une révision et une purification plus complètes des anciennes pratiques et doctrines religieuses. A cause de cela, on appela ces mécontents << Puritains. Ils voulaient que la reine fût à la tête de l'État et de l'Église, qu'elle eût la nomination des ecclésiastiques et qu'elle fixât la forme du culte. De plus, ils demandaient que les autorités civiles contraignissent le peuple à exécuter ces ordon

nances.

«

Le gouvernement non-seulement rejeta leurs demandes, mais infligea des punitions à certains membres du clergé pour n'avoir point employé les rites prescrits. Il se produisit alors dans le camp des puritains une division en deux partis; pendant que l'un acceptait simplement les ordonnances du gouvernement,

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