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gagner leur admiration et à se faire des disciples.

En ces temps de persécutions religieuses, alors que l'attention de chacun était tournée vers la religion, il ne lui fut pas difficile de trouver des adhérents à ses extravagances. Fox et ses compagnons rejetérent toutes les cérémonies usitées par l'Église, comme pleines d'orgueil et d'ostentation; ils affectèrent au contraire, dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux, une simplicité extrême, et bannirent loin d'eux jusqu'aux règles de la politesse ordinaire. En se parlant, ils n'employaient jamais que le terme d'« Ami. ) Ils renoncèrent aux usages établis qui veulent que l'on parle à une seule personne comme si on s'adressait à plusieurs, et ils revinrent à l'usage des langues anciennes, en se tutoyant les uns les autres. Ils cherchèrent aussi, par leur costume, à se distinguer du reste du peuple, en excluant sévèrement tout ornement. Leurs vêtements ne devaient pas être plissés comme c'était alors la mode, et ils ne souffraient ni bouton inutile, ni dentelle, ni broderie.

L'enthousiasme effréné de cette secte, étant trop violent pour le tempérament de quelques-uns de ses prédicateurs, les jeta dans des convulsions qui leur firent donner le nom de « quakers » (trembleurs).

Ils étaient tout aussi extravagants dans leurs meurs que dans leur religion. Lorsqu'un quaker recevait un soufflet sur une joue, il tendait l'autre; lui demandiez-vous son manteau, il vous donnait aussitôt son habit. Il ne réclamait jamais, quand il demandait son salaire, que la somme exacte qu'il avait résolu de recevoir. Cette dernière coutume est louable, et elle continue d'ailleurs à être observée rigoureusement par les membres de cette secte.

Quelques quakers essayèrent de jeûner pendant quarante jours, à l'imitation de Jésus-Christ, et l'un d'eux y succomba.

Il ne s'est jamais rencontré de fanatiques qui aient ainsi eu en horreur toutes les cérémonies, formes, coutumes et institutions religieuses. Ils ne tenaient aucun compte du sabbat, et ils niaient jusqu'au caractère sacré des églises. Une femme quakeresse entra un jour toute nue dans une église où se trouvait le protecteur Cromwell, se disant inspirée par le SaintEsprit pour apparaître au peuple comme un avertissement; un grand nombre de ses coreligionnaires crurent que le renouvellement de toutes choses allait commencer, et, l'imitant, ils se dépouillèrent de leurs vêtements.

De telles pratiques, contraires aux mæurs du temps, firent très-mal accueillir les quakers dans la colonie des puritains de Massachusetts. Quelques-uns des plus ardents furent fouettés par ordre du gouverneur, emprisonnés et expulsés de la colonie.

Cependant, ces châtiments ne les décourageaient pas; ils revenaient à la charge, se glorifiant de leurs souffrances, et il fallut, pour refroidir leur enthousiasme, que quatre d'entre eux fussent exécutés.

Alors, seulement, les puritains purent être tranquilles chez eux. Quant aux quakers, ils se réfugièrent auprès de Roger William, à Providence.

Ainsi furent posées les bases de l'État de RhodeIsland dont le principe fondamental était l'entière liberté de conscience pour tous.

Tandis que les puritains faisaient de grands progrès et agrandissaient leurs établissements, les pèlerins ou séparatistes continuaient à exercer leurs patients efforts; mais, par le manque absolu de personnes instruites parmi eux, ils ne réussirent pas aussi rapidement dans leurs entreprises de colonisation que les puritains, composés en majeure partie de gens ayant reçu une haute éducation.

Longtemps, ces deux colonies restèrent indépendantes l'une de l'autre, et quoiqu'une distance de quarante milles seulement les séparât, il existait une si grande divergence entre leurs opinions religieuses que cela seul suffisait à les tenir divisées. Pourtant, en 1692, la colonie de Plymouth ayant demandé à se fondre avec sa voisine, l'offre fut acceptée, et les deux colonies en formerent une seule qui prit le nom de a Massachusetts. » L'origine de ce nom, qui veut dire « Montagnes bleues, » est attribuée à une tribu d'Indiens, vivant à cette époque au milieu des établissements des Européens.

Dès 1643, une union s'était formée entre les colo

nies de Massachusetts, de Plymouth, de New-Haven et de Connecticut, sous le titre de « Colonies-Unies de la Nouvelle-Angleterre, » dans le but de repousser plus efficacement les attaques des Indiens, et les tentatives d'envahissement des colons français et hollandais.

CHAPITRE IX

Fondation de la colonie du Maine. Charles (er en donne la propriété

à sir Ferdinando Gorges. Elle se fond avec celle de Massachusetts. Fondation de la colonie de New-Hampshire. Elle fait partie trois fois de celle de Massachusetts, puis devient province royale. Fondation de la colonie de Vermont. Elle est considérée comme une dépendance de la colonie de New-Hampshire. Contestations soulevées au sujet du droit à sa possession. Fondation de la colonie de Rhode Island. Division des terres entre les colons. La colonie devient un refuge pour les persécutés. Jalousie des colonies voisines. Introduction de l'Eglise baptiste en Amérique. Charte de la colonie. Fondation de la colonie de Connecticut. Les Anglais et les Hollandais s'en disputent la possession. Les Anglais l'emportent. Difficultés rencontrées par les colons. Première constitution de la colonie. Hartford, Wethersfield et Windsor sont fondées. Création de la colonie de New-Haven. Abandon de la province aux Anglais.

Les deux colonies dont nous venons de retracer l'histoire, ayant été, par l'importance qu'elles acquirent très-rapidement, la source pour ainsi dire des autres colonies, ont dù nous occuper les premières; nous parlerons maintenant des autres établissements fondés dans les différentes parties de ce qui constitue actuellement les Etats-Unis.

COLONIE DU MAINE.

La colonie du Maine ne fut pas, pendant longtemps, considérée comme une colonie séparée et indépendante,

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