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dans l'écriture, dans les conciles, dans les' et dans les saints canons, composés de cris

is canons, composés de ce , et parmi ces langues l'écriture, des conciles, des livres des i la latine, qui sont les des papes, et c'est pour l'étude de, qui ont ces avantages, que la universités, et qu'on enseigne er des livres

me er jes livres saints, et de tous les quelques parties de cette scier xerces, comprenant même sous ce mèmes précautions que dan mi fait que la plupart des mots de ces doivent avoir le caractèr istil,

nue, et pour la latine, elle est aujourcité, et un titre qui le ist, et

pet elle a été celle de la plus grande les parties de cette de bons auteurs; et on a aussi en cette les matières de ce sens livro

s livres de toutes les autres. tation des livrer smière utilité de la grammaire d'apprendre ces

le elle a encore celle de renfermer les élémens Après p

je de toutes les langues; car c'est par la grammaire in à distinguer en toutes langues les diverses sortes

ont l'usage est nécessaire pour les composer; comme premj

Toms des personnes et des choses qu'on appelle noms is, ceux qu'on appelle adjectifs qui distinguent les qua

tout ce qui diversifie et les personnes et les choses; les piens qui marquent les dispositions, les actions, les mouvepros et tout ce qu'on veut exprimer de l'état où l'on considère lites choses animées ou inanimées; et le reste qu'on apprend or la grammaire, ce qui comprend les élémens et les fondemens de toutes les manières d'expressions, et les premiers principes de l'art de parler et de parler juste, de sorte que la grammaire a son usage pour les langues, même vulgaires et que chacun parle, puisque c'est par ces principes de la grammaire qu'on met en usage les mots et les expressions, ce qui est commun à toutes les langues.

Comme les préceptes de la grammaire ne suffisent pas pour donner l'intelligence de tous les livres, on y ajoute la lecture et l'étude des auteurs grecs et latins qui ont le mieux écrit dans ces deux langues, pour donner l'habitude de les bien entendre et expliquer toutes sortes de livres; et comme ceux de ces auteurs dont l'étude est plus propre à faire bien entendre les langues grecque et latine, sont presque tous païens qui ont écrit d'une manière simplement humaine, sans connaissance de la religion et sur de différentes sortes de matières, mais toutes renfermées dans les bornes des lettres humaines, on appelle l'étude de ces livres l'étude des humanités, qui ont outre l'agrément leur utilité par la politesse et l'élégance du style de ces auteurs, par plusieurs sentences, mots d'esprit et autres ornemens, et matières d'érudition qui sont très-utiles, soit pour écrire ou pour parler, ou même dans la simple conversation et pour d'autres usages, de sorte que l'église approuve cette étude des humanités et la lecture de ces auteurs tant à cause de la nécessité d'y apprendre les anciennes langues que des autres visages qu'on peut en tirer;

mais elle ordonne et les bonnes mæurs demandent aussi qu'on retranche de quelques-uns de ces livres ce qu'il pourrait y avoir de contraire à la pureté. .

Comme parmi ces auteurs qu'on lit dans les humanités, il y en a plusieurs qui sont historiens et cosmographes, d'autres poètes, soit grecs , soit latins; on apprend dans ces livres les anciennes histoires, quelques principes de la géographie et de la cosmographie, et aussi les règles de la poésie grecque et latine ; et toutes ces études ont leur utilité qui sera expliquée dans la suite. ,

Après la grammaire et les humanités on passe à l'étude de la rhétorique où l'on continue les humanités, et l'on y ajoute les élémens et les préceptes de l'art de parler avec éloquence , qui consistent en quelques règles tirées des remarques qui ont été faites par quelques auteurs sur les manières naturelles de parler agréablement et efficacement pour persuader, mêlant quelquefois au discours des expressions figurées de diverses sortes, selon les sujets et l'usage que doit à voir le discours, soit pour mettre quelque vérité dans son jour, ou pour exciter quelque mouvement, ou pour d'autres fins; mais comme ces figures et tous les autres ornemens du discours, n'ont d’utilité qu'à mesure qu'ils sont essentiels au sujet, ni d'agrément qu'à proportion qu'ils sont naturels, et que plusieurs de ceux qui ont étudié cette rhétorique ne savent pas l'élever à son juste usage, mais cherchent des ornemens où il n'en faut point, et ne donnent pas à ceux qui peuvent ètre nécessaires, l'air naturel qui doit faire toute leur beauté, l'usage servile de ses ornemens qu'ils cultivent après cette étude, et qu'ils emploient sans discernement des matières où ils peuvent convenir, et des manières de les placer et de les tourner, a eu cet effet, que cet abus assez ordinaire a fait prendre en mauvaise part le nom de la rhétorique où ils puisent ces figures et ces ornemens; car, au lieu que l'art de bien parler devrait élever à une éloquence solide et judicieuse, proportionnée aux sujets, et dont les ornemens eussent toute leur grace et toute leur beauté dans les manières vives et naturelles d’éclairer, de toucher, de mouvoir l'esprit et le cour, le mauvais usage des figures et des autres ornemens de la rhétoriqne s'éloignant des tours naturels, et y substiluant cet air étudié et composé de l'abus des règles, fait un effet tout contraire à l’éloquence qui doit tirer toute sa beauté de la nature même; et quoiqu'il soit vrai que par la nature sans aucun usage de l'art, on ne puisse pas aussi bien parler qu'avec le secours de l'art, ce secours ne doit point paraître, et l'art consiste à le cacher, et à n'étaler que les graces naturelles de la même manière que la nature elle-même, si elle était dans sa perfection, les étalerait, car c'est elle qui en est la source; ainsi, plus il y a d'art qui donne à la nature sa perfection, moins il doit paraître, et ce qui paraît de servitude de l'étude et du travail de

l’art, paraît moins beau à proportion que la nature y a moins de part.

On fait ici cette remarque de l'abus qui peut se faire de la rhétorique, parce qu'il est de l'intérêt public que ceux dont les professions demandent l'usage de l’éloquence, s'éloignent de cette fausse rhétorique par l'usage opposé d'une éloquence proportionnée à leurs sujets, et qu'ils conservent avec la grace des ornemens que les matières peuvent demander , la force et la dignite propres à leurs fins, soit pour parler en public, ou pour écrire des ouvrages qui méritent l'usage de l'éloquence. Car l'ordre public la rend nécessaire au ministère de plusieurs professions dont chacune a besoin de son éloquence pour toucher l'esprit ou le cour. Quelques-unes pour mettre des vérités soit de fait ou autres, dans leur jour, et en établir les preuves par la force des raisonnemens et des réflexions sur tout ce qui peut y contribuer, et par l'ordre et les autres caractères propres à ce genre de persuader, et éclairer l'esprit des lumières de la vérité. D'autres pour exciter des mouvemens ou des sentimens d’estime, d'aversion, de tendresse, d'indignation, de zèle, de générosité, et les

autres que les divers sujets et les occasions peuvent demander • selon les sortes d'impressions que doivent faire les différens ca

ractères des divers objets, soit par leurs attraits, comme la justice, les vertus, les vérités, ou par leurs qualités opposées comme l'injustice , les erreurs, les vices. Ainsi, les officiers chefs de compagnies de justice ont à parler quelquefois en public pour des remontrances ou d'autres sujets, soit pour quelque établissement utile, ou pour la réformation de quelques abus, et leur dignite et les matières dont ils ont à parler demandent une éloquence grave et qui soit digne de leur rang. Ainsi, les gens du Roi, dans ces mêmes compagnies, ont à faire des harangues, des plaldoyers, des remontrances et d'autres discours de différens genres qui ont leurs caractères différens, et qui demandent leurs sortes d'éloquence proportionnée, et leurs plaidoyers même qui pourraient sembler être du même genre que ceux des avocats des parties, ayant pour sujet la défense de la justice et de l'équité pour les parties qui ont la bonne cause, doivent être distingués de ceux des avocats par la manière de cette défense'; car, au lieu que les avocats n'ayant à défendre que l'intérêt d'une des parties, ils peuvent se restreindre à ce qui regarde cet intérêt, et ne tendre qu'à toucher l'esprit et le cậur des juges des sentimens et des mouvemens que la qualité de leurs cáuses peuvent rendre nécessaires, et qu'ainsi les exagérations et les autres figures proportionnées à l'état des causes peuvent dans leur bouche être naturelles à l'éloquence de leur profession, le devoir de défendre la justice étant joint dans la bouche des gens du Roi à la dignité et à l'autorité de leurs charges, dont les fonctions sont de rendre témoignage de la vérité des faits, et de protéger la justice du bon parti, ils ont à peser les intérêts et les moyens des deux parties, et à défendre la juste cause , de telle sorte qu'ils n'y embrassent que le parti de la vérité et de la justice, ce qui bannit de leur éloquence les figures et les ornemens qui paraîtraient pencher à quelque considération pour l'intérêt d'une partie par d'autres vues que de l'équité qui demande leur protection, et à qui seule ils peuvent donner quelqnes traits de la force et de la dignité que doit avoir dans leur bouche une éloquence consacrée à la vérité et à la justice.

On peut encore mettre au nombre des personnes de qui les professionis ou les emplois peuvent demander l'usage de l'éloquence, ceux qui président à des assemblées, comme du clergé ou autres, ceux qui assistent à des conciles, les ambassadeurs, les généraux d'armées et autres qui peuvent être dans des occasions de parler en public; et chacune de ces professions ou emplois à sa manière d'éloquencc propre; mais de toutes les sortes d'éloquence, aucune n'importe autant au public que celle des personnes qui doivent annoncer la parole de Dieu au peuple, évêques, pasteurs et autres qui ont l'honneur d’être -appelés à cette fonction, dont le ministère demande une espèce d'éloquence qui soit proportionnée par des caractères singuliers, et qui la distinguent de toute autre sorte d'éloquence, selon que sa fin et son usage en est différent. Car au lieu que tous les autres usages de l'éloquence sont de persuader l'esprit de quelques vérités, ou d'exciter dans le coeur quelques sentimens qui peuvent naturellement devenir agréables et à l'esprit et au coeur des personnes qu'on veut toucher et persuader, soit qu'elles n'y aient aucun intérêt propre, ou qu'il s'agisse de leur intérêt, l'usage de l'éloquence qui doit accompagner la parole divine est d'éclairer les esprits de vérités, et toucher les cours de sentimens et de mouvemens, qui, quoiqu'essentiels au plus grand de leurs intérêts , loin de pouvoir naturellement leur étre agréables, ne trouvent en la plupart que de l'opposition et une résistance que Dien seul peut vaincre; ce sont des aveugles qu'il faut éclairer, des sourds qu'il faut faire entendre, des paralytiques qu'il faut mettre en mouvement, des amateurs de leurs plaisirs, de leurs intérêts, et des esclaves de leurs passions à qui il faut enseigner et inspirer l'amour opposé d'objets qu'ils rejettent, et dont les attraits doivent affadir et rendre insipides et horribles même tous ceux de leurs passions. Ainsi, cet ouvrage qui tient du miracle, ne peut s'opérer que par la vertu d'une éloquence qui ait le caractère divin des vérités qu'elle enseigne et des sentimens qu'elle doit produire, et ce caractère n'est autre chose que la lumière qui met ces vérités dans leur jour pour en persuader l'esprit et l'attrait qui en inspire l'amour dans le cœur.

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Il est facile de juger qu'une éloquence destinée à un tel usage, doit avoir pour première règle que ce soit l'esprit de Dieu qui domine sur tout l'appareil qui doit la former, et quoique Dieu permette que des ministres de sa parole qui l'annoncent par un autre esprit ne laissent pas d'instruire et toucher quelques auditeurs, soit à cause des bonnes dispositions de ceux qui vont les entendre, ou par l'effet d'une conduite particulière de Dieu sur eux, il est toujours vrai que celui qui annonce la parole de Dieu devant avoir pour fin d'élever à lui ceux qui l'écoutent, doit avoir pour principe cet esprit de Dieu qui doit animer le sien, et passer de sa bouche et de son cæur à l'oreille et au coeur de ses auditeurs.

Selon ce principe qu'on peut supposer pour bien établi, et dont on ne doit pas ici rapporter de plus amples preuves, tout ce que ceux qui annoncent la parole de Dieu peuvent y mêler qui ne convienne pas à l'esprit de Dieu, ne peut être propre å leur éloquence, et elle aura au contraire sa perfection par les caractères de cet esprit, puisque c'est lui qui doit parler par leur bouche. Ainsi, l'écriture étant son langage propre, c'est principalement dans cette source qu'il faut puiser les fondemens et les ornemens de cette éloquence; on ne saurait aussi se proposer aucune éloquence qui égale celle des livres saints, nonseulement en leur genre, mais en aucun autre. De sorte qu'il est assez étrange que quelques auteurs pieux aient cru qu'on ne devait pas chercher d’éloquence dans l'écriture, ayant jugé que son caractère de simplicité y est opposé, au lieu que des auteurs même païens ont senti dans cette simplicité de l'écriture, des beautés et des grandeurs d'expressions qu'ils ont donnés pour exemple de ce genre d'éloquence qu'on appelle sublime; et on voit aussi dans tous les livres saints, que ce caractère de simplicité n'est qu'un effet de ce que c'est le Saint-Esprit même qui s'y exprime, et qui seul peut inspirer des expressions dignes des vérités que lui seul enseigne, et dont il peut seul donner de justes idées, ce qui fait qu'on voit en plusieurs'endroits de l'écriture des trais d'une éloquence dont le caractère marque que c'est Dieu qui parle, et où jamais aucun homme n'aurait pu atteindre; car quel homme, par exemple, aurait jamais pu s'aviser de dire de Dieu que c'est celui qui est , si Dieu n'avait appris lui-même cette expression à Moïse, se définissant par cette parole, ego sum qui sum, c'est moi qui suis (1). Quel homme aurait su exprimer la manière dont Dieu créa toutes choses, si ce divin historien de l'origine du monde qui a eu pour témoin Dieu même, n'avait appris de lui ce qu'il nous apprend par une expression divine, qui marque que ce fut une simple

(1) Exod. 3. 14.

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