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Khaghan héréditaire. Ce dernier n'avait dans la réalité aucun pouvoir. Le roi s'arrogeait même le droit de le sacrifier à la première demande du peuple, quand celui-ci croyait que le Khaghan portait malheur au pays. Il est donc à présumer que l'autorité des Khaghans d'origine turque s'était considérablement affaiblie dans les derniers tems de la monarchie khazare. Des espèces de maires du palais, après avoir usurpé le titre de roi, étaient devenus les véritables souverains du pays, et tenaient les Khaghans dans une dépendance absolue.

Le troisième argument en faveur de l'opinion que les Khazars étaient des Turcs, ne peut se soutenir depuis que nous savons qu'il n'est fondé que sur une faute de la géographie persane, citée plus haut. Ibn Hhauqal dit justement le contraire; car il nous apprend que la langue des Khazars différait totalement de celle des Turcs. Il avait puisé ce qu'il dit sur les Khazars, dans un petit ouvrage d'Ahhmed ben Foslan. Celui-ci avait été envoyé en 309 de l'hegire (921 de J. C.) par le khalife Moktadir billah au roi des Bulgares, pour l'affermir dans la croyance musulmane. La relation du voyage de cet ambassadeur, extraite dans le dictionnaire géographique de laqouti, a été publiée par mon savant ami M. Fræhn de Saint-Pétersbourg (1). J'en emprunte le passage suivant :

<< La langue des Khazars diffère de celle des Turcs

(1) De Chasaris. Excerpta ex scriptoribus arabicis. Interprete C M. Frachnio. Petropoli 1822. 4°.

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» et des Persans, et la langue d'aucun autre peuple >> ne correspond avec elle. Les Khazars ne ressem→ >> blent pas aux Turcs. Ils ont des cheveux noirs, et » sont de deux races; l'une appellée Qará-khazar (2) » de couleur jaune tirant sur le noir, de sorte qu'ils » paraissent être une espèce d'Hindous; l'autre est » blanche et remarquable par sa beauté et par sa

>> stature. »

Quant à la langue des Khazars, Ibn Hhauqal en parle en termes plus précis :

« La langue des véritables Khazars, dit-il, diffère » de celle des Turcs et des Persans. » --- Ceci semble indiquer que de son tems ce peuple était mêlé avec d'autres tribus qui avaient un idiôme différent, mais qui passaient pour Khazars.

Dans un autre endroit, le même auteur ajoute :

<«< La langue des Bulgares est aussi celle des Kha» zars. Les Berthas ont une autre langue, et celle des » Russes diffère entièrement des idiômes des Kha»zars et des Berthas. » On voit donc qu'il y avait dans le X. siècle de notre ère trois langues différentes dans les pays arrosés par le Wolga et le Kama inférieur; savoir, 1o.' cellé des Khazars et des Bulgares; 2o. celle des Berthas, et 3o. la langue des Russes.

Malheureusement les auteurs Byzantins ne nous ont conservé que deux mots khazars, qu'on trouve dans le passage suivant de Constantin Porphyrogenète : « Près » du Danube inférieur, vis-à-vis de Dristra, dit

(2) Khazars noirs (en turk).

l'auteur couronné, commence le pays des Petche» nèghes, et leur domination s'étend jusqu'à Sarkel, » forteresse des Khazars, dans laquelle il y a une » garnison qu'on change de tems en tems. Chez eux » Sarkel signifie habitation blanche ( äørpov dømitiov). W Plusieurs savans, dans la conviction les Khaque zars étaient originairement des Turcs, ont cherché d'expliquer le nom de Sarkel par le turc. Mais dans cette langue blanc est rendu par aq, et kel n'y signifie pas habitation. Ce dernier mot ressemble plutôt à qala'h, d'origine arabe et usité dans les langues turques, pour désigner une forteresse. Feu M. Lehrberg, auquel nous devons un mémoire très intéressant sur la véritable position de Sarkel, a proposé de traduire le nom de cet endroit par forteresse jaune (sari-qala’h). Cette explication ne paraît pas satisfaisante, car elle diffère trop de celle que Constantin a donnée; et d'ailleurs le mot qala'h ne s'est introduit chez les tribus turques que par l'islamisme. Mais la plus grande difficulté se montre dans le mot sar qui doit signifier blanc et non pas jaune.

Je propose donc pour le nom de Sarkel une autre explication qui me paraît plus naturelle. Dans les dialectes Wogouls de la Sibérie occidentale, sar, sarni, sorni et sairan, signifient blanc. La racine en est s-r, avec une voyelle entre ces deux consonnes. Elle se retrouve avec la même signification chez plusieurs tribus samoièdes dans les mots syr, sirr et siri.

Une maison ou une habitation s'appelle dans les différens dialectes Wogouls kell, kella, kuel, koual, kol, et dans la langue des Tchouwaches kil.

Les Wogouls sont de la race des Finnois orientaux, et les parens des Hongrois de nos jours. Les Khazars (etavec eux les Bulgares) appartenaient donc à cette même race, puisque leur langue était identique avec celle des Wogouls. Ce fait établi doit nécessairement changer notre manière de voir dans le système ethnographique, adopté jusqu'à présent pour la grande migration des peuples. Il démontre aussi que Schloetzer et Thunmann ne se sont pas trompés en supposant que les Hongrois blancs cités dans la Chronique russe de Nestor, n'étaient autres que les Khazars des Byzantins.

KLAPROTH.

LETTRE

AU RÉDACTEUR DU JOURNAL ASIATIQUE.

MONSIEUR,

Vous avez inséré, il y a quelques semaines, dans votre savant journal un article sur l'état de la littérature hébraïque et de l'instruction religieuse chez les Israélites de l'Allemagne, comparées à ce qu'elles sont chez les. Israélites de France. Puisque vous avez envisagé cette matière, d'ailleurs très-intéressante, comme étant renfermée dans le cercle des objets que la Société Asiatique se propose d'approfondir, j'ai conçu le dessein de vous soumettre quelques observations sur cet article, dans le double but de payer mon tribut à une société où l'on a daigné m'honorer de nom

breux suffrages pour faire partie du conseil d'administration, notamment dans la séance où un prince éclairé a parlé de l'étude des langues en homme qui les apprécie avec sa raison et son cœur, et dans le dessein de relever les inexactitudes et les omissions qui me paraissent se trouver en assez grand nombre dans cet article signé K. Tsarphati.

Je me bornerai, quant aux faits, à ajouter plusieurs noms aux noms des célèbres hébraïsans israélites de l'Allemagne cités dans cet article, ceux de A. Wolfsohn, J. Levy, B. Lindau, J. Eischel, Sal. Sattnow, Schottlander, S. S. Cahen, dont les quatre premiers furent parmi les plus actifs collaborateurs du journal littéraire hébreu publié à Berlin sous le titre de Collecteur par la société israélite nomméeles Ama

שוחרי הטוב והתושיה: teurs du bien et de la sagesse

et parmi les traducteurs et commentateurs les plus habiles qui, dans cette même société, continuaient la traduction allemande avec des commentaires hébreux des livres de l'Ancien Testament, commencée par l'illustre Moses Mendelsohn. On doit de plus à J. Eischel une excellente biographie de ce cé“ lèbre philosophe juif, dans un hébreu aussi élégant

dau une histoire naturelle dans la même langue, d'a

-et a B. Lin ; תולדות רבנו משה בן מנחם que pur

-instruc) ראשית למודים près celle de Raf en allemand

tion première). Schottlander, est directeur de la maison d'éducation pour la jeunesse israélite fondée à Zeesen, entre Goettingue et Brunswick, par le respectable M. Jacobsohn et S. Cahen, qui vivent encore. L'un

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