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d'Adam; la vigne, elle seule considérée, signifie mon corps qui comme elle a la terre pour mère.

La pureté des vases, je veux dire des corps, provient de la pureté des pensées qui s'étendent et se perfectionnent par cette ineffable liqueur.

On a voulu établir une différence entre ces choses, mais le tout est demeuré un et indivisible. Or, nos ames sont le vin et nos corps la vigne..

Avant cette liqueur il n'est rien, et après elle il n'est rien encore. Le tems où a vécu le père commun des hommes, n'est venu qu'après elle, et elle a toujours existé par ellemême.

Avant les siècles les plus reculés elle était; et l'origine des siècles n'a été que le sceau de son existence.

Telles sont les infinies perfections de cette liqueur, qui engagent à la décrire tous ceux qui sont épris de ses attraits. Que la prose ou les vers célèbrent ses louanges, n'importe, les louanges ont un mérite égal.

Celui quien entend parler pour la première fois, tressaille d'allégresse comme l'amant passionné au seul nom de sa bien-aimée.

Plusieurs m'ont dit : Tu as bu l'iniquité. Non, non, aije repris; le vin que j'ai bu est un vin que je n'aurais pu refuser sans crime.

Qu'elle soit salutaire cette liqueur aux pieux anachorètes combien de fois ils en ont été enivrés ! et pourtant ils n'en ont point bu, ils n'ont fait que la désirer.

Mon esprit en a été troublé dès mon jeune âge; et cette douce ivresse m'accompagnera sans cesse après même que mes os seront réduits en poudre.

Savoure-la dans toute sa pureté; mais si tu veux la mélanger, songe bien alors que te détourner de l'haleine de ta bien-aimée, ce serait commettre un crime.

Cours la demander aux lieux où elle se distribue; qu'on vienne te l'offrir dans toute sa splendeur, parmi des chants mélodieux. Qu'il est grand l'avantage de savourer cette liqueur au doux bruit des concerts!

Jamais cette liqueur et les soucis n'habitèrent ensemble, et jamais le chagrin ne résida au milieu des concerts. Si tu étais enivré de cette liqueur, ne fut-ce qu'un instant, tu verrais la fortune soumise à tes ordres, et la puissance te serait donnée sur toutes choses.

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Il n'a point existé ici-bas l'homme qui a passé ses jours sans jamais la goûter; et celui qui est mort sans en être enivré, jamais la raison n'a été son partage.

Qu'il pleure donc sur lui-même l'infortuné qui n'ayant point pris sa part de cette merveilleuse liqueur, a traîné une vie inutile et déshonorée.

Observations sur quelques Ouvrages de RammohunRoy, par M. LANJUINAIS.

LA Chronique religieuse, p. 388- 403, contient sur la personne, les opinions, la vie et les principaux ouvrages de Rammohun-Roy, des détails sur lesquels on peut compter.

On a donné dans le présent Journal Asiatique, T. III, p. 117-119, un catalogue général des écrits publiés par ce brahmane, qui s'était fixé à Calcutta, où il jouissait d'une grande fortune.

Voici quelques remarques sur les livres qu'il a publiés, en commençant par les plus remarquables, ses versions de quatre Oupanischadah et d'un abrégé du Vedanta.

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Les quatre Oupanischadah sont l'Isha et le Kuth, donnés comme extraits de l'Fajour-veda, le Kéna tiré du Samaveda, et le Mandhaka tiré de l'Atharva qui est le quatrième livre du Veda

L'Isha est le 5 Oupnek hat; il est intitulé dans la version persanne Eischavasieh, ce qui donné en sanskrit le mot Irza ou Iza, ou Ischavasyam, et en français le Seigneur, le Dieu unique, couvert, vétu, caché sous la figure de l'Univers, visible ou apparent aux sens par l'œuvre de la création, laquelle est sans réalité absolue. Voilà toute la doctrine de cet Oupanischadah, je l'ai fait assez connaître dans l'analyse des Oupnek❜hat.

Rammohun-Roy aurait pu se dispenser de traduire ce texte en anglais, puisqu'il y en a déjà une version anglaise dans les œuvres de William-Jones, T. VI, P. 433.

Les deux versions anglaises de W.-Jones et de R.-Roy sont assez ressemblantes; mais cette dernière est beaucoup plus concise; si on les rapproche de la version persanne, par l'intermédiaire de la version latine d'Anquetil-Duperron, on trouvera qu'il n'y a que deux reproches à faire à celle-ci : 1o la paraphrase longue et inutile; 2° l'insertion de termes et de dogmes tout musulmans, savoir: du Tanzi et dụ Táhbi, que je ne dois pas expliquer ici, mais qui sont fort étranVedah les mots et le sens. Cette pour pour gers circonstance rend d'autant moins dangereuse l'addition inexcusable faite par les Mahométans, auteurs de la version persanne.

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Je passe au Kuth-Opounishoud, publié en anglais.

par Rammohun-Roy, vers 1819, sans indication de tems, ni de lieu. Il est facile de reconnaître le Kuth dans le 37 Oupnek hat d'Anquetil, tome 2, p. 299 327, sous ce titre, Oupnek hat Kiouni. Mais je ne peux expliquer ni Kuth ni Kiouni. Roy dit que cet Oupnek'hat est tiré de l'Oujour, autrement de l'Yajour-veda. Les traducteurs persans déclarent avec Anquetil que c'est de l'Atharva-veda: je ne sais qui a raison. Dans les deux versions latine et anglaise, le sens est le même pour la narration et pour la doctrine; mais je dois reconnaître que le texte persan est une longue paraphrase du texte traduit; il semble aussi que ce texte est abrégé dans la version du brahmane Roy. Quant au Kena, je le trouve dans le Kin ou 36° Oupnek hat d'Anquetil, et selon les versions persanne et latine, le Kena ou Kin, c'est-à-dire le brillant ou l'apparent (être), forme une partie de l'A◄ tharva-veda; il en est un sak'hah, ou un kannddah, c'est-à-dire une branche ou une tige. Au contraire, il est, selon Rammohun-Roy, une branche du Sama-veda. Voilà un second exemple de désaccord dans les citations qui démontre combien dans l'Inde on est inexact dans les titres des ouvrages, comme en autre chose.

Mais toutes les versions s'accordent sur le livre du Veda d'où est tiré le quatrième Oupnek hat; autrement le Mandek, selon les versions persanne et latine, ou Moonduck, selon la prononciation bengali de Rammohun-Roy; ou en sanskrit, le Mandaka, ce quifait le principal ornement, l'essence ( du Veda). Cette section est tirée de l'Atharva-veda.

L'objet de Rammohun-Roy, en traduisant toujours en abrégé ces quatre Oupanischadah, a été d'établir dans l'Inde le pur théisme, et de combattre les idolâtries brahmaniques des vedah, en prouvant par ces mêmes livres qu'elles ne procurent point le bonheur éternel, et qu'on ne peut obtenir ce bonheur, qui consiste à devenir Dieu même, qu'en embrassant le système de spiritualisme rafiné, de panthéisme, de mortification des sens, de contemplation, de quiétisme tout désintéressé, enfin d'illuminisme expliqué dans notre analyse des Oupnek'hat, et dont il dissimule les côtés faibles.

C'est dans le même esprit de pantheiste qu'il a publié à Calcutta les ouvrages indiqués dans le T. III de ce Journal p. 118, 119, et surtout la version excessivement abrégée du Vedanta, mot qui signifie la fin ou l'objet des vedah, et qui sert de titre à l'un des six darsanah, ou vues, ou miroirs de philosophie rationelle, réputés orthodoxes dans l'Inde.

Ces systêmes se réduisent à trois, qui chaque se composent de deux tatvah ou traités séparés. Les trois systêmes sont connus sous les noms de sankhyah, de nyayah et de mimansah; c'est au mimansah qu'appartient le Vedantah darsanah. Mimansah veut dire littéralement recherche (de la science rationelle); le plus ancien traité de ce nom est appelé, à cause de cette ancienneté, le Pourwa Mimansah. Le moins ancien est intitulé Outtarah Mimansah, ou supérieure recherche ; on y trouve expliqués les moyens d'unification à Dieu; c'est l'ouvrage du mouni ou solitaire

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