Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

» de la lumière dont il brille, comme ils ne peuvent » supporter celle du Créateur.

» Arrivé au lieu de l'assemblée, il aperçoit qu'il » est grand comme le Créateur.

>> Lorsqu'il monte sur l'estrade, il reçoit l'Intelli»gence universelle; il connaît tous les mondes.

» Et lorsqu'il s'assied sur le trône, il semble qu'il » s'asseye sur le Créateur.

» Ce trône est resplendissant de lumière : ses deux » pieds de derrière sont le passé et le futur; les deux » autres sont les vrais biens, et la terre. Ses deux bras » sont deux versets du Sama-Veda, lus avec mélodie; >> les deux côtés qui font la largeur du trône sont deux >> autres versets du Sama-Veda, et ces quatre ver>> sets ont leur nom propre. Tous les autres versets du » Rig-Veda et du Sama-Veda sont comme la trame » du tissu du trône; et les versets du Yadjour-Veda >> en sont comme la chaîne. La lumière de la lune en » est le siége, et l'harmonie du Sama-Veda en est le » tapis; les mesures du Veda en sont le coussin.

» C'est là que le Créateur est assis; le Maschgoul >> avance et s'assied aussi sur ce trône. Le Créateur >> lui demande : Qui es-tu? Il répond : je suis le tems, » je suis le passé, le présent et le futur. Je suis émané >> de celui qui est lumière par lui-même. Tout ce qui » fut, qui est, qui sera, émane de moi. Vous êtes >> l'ame de toutes choses; et tout ce que vous êtes, je » le suis. » Oupn. 12, Brahm. 106.

(La suite au numéro prochain. ).

NOTICE DE DEUX PAPYRUS ÉGYPTIENS

EN ÉCRITURE DÉMOTIQUE,

Et du règne de Ptolémée-Épiphane–Euchariste;

Par M. CHAMPOLLION-FIGEAC (1).

ON connaît déjà, par les travaux des archéologues et des critiques, plusieurs de ces papyrus rapportés d'Égypte dans ces dernières années, et qui, de peu d'étendue comparativement aux autres papyrus en écriture hieroglyphique ou en écriture hiératique, offrent ordinairement un texte égyptien en écriture démotique ou populaire. On les a désignés sous la dénomination particulière de contrats, parce que, en effet, leur contenu se rapporte ordinairement à des transactions entre particuliers, ainsi qu'on l'a reconnu soit par une espèce d'enregistrement ou de sommaire écrit en grec et ajouté à une marge du texte égyptien, soit par l'examen de ce texte même, ou bien enfin par des contrats purement grecs, analogues dans la forme et dans l'objet aux contrats égyptiens. De plus, on sait aujourd'hui que la langue égyptienne, et ses trois écritures diverses, n'ayant pas cessé d'être d'un usage général en Égypte sous la domination des rois macédoniens, on y rédigeait très-souvent les con

(1) Cette notice a été lue à la séance de la Société Asiatique du 2 Juin 1823.

trats dans les deux langues simultanément, en écriture démotique et en égyptien, la langue de la nation, et en grec, la langue de l'administration publique. Il existe, en effet, en Angleterre, outre l'inscription de Rosette; un contrat grec, qui est la traduction d'un contrat égyptien récemment acquis pour le Cabinet des Antiques de la Bibliothèque du Roi de France. M. le docteur Young vient de publier cette copie grecque, qui est à Londres, ce savant Anglais ayant d'abord reconnu l'identité des deux textes, d'après la lecture des noms propres du protocole de l'acte égyptien, qui lui a été communiquée par mon frère l'année dernière. Les deux actes sont, réellement, les mêmes; le texte grec est intitulé: ANTIгPADON EYNTPAΦΗΣΑΙΓΥΠΤΙΑΣ copie du contrat égyptien; ils commencent l'un et l'autre par la même date, et les noms des officiers publics qui les ont signés sont aussi les mêmes. Le sens du mot ANTIPPADON ne présente aucun doute; mais il pourrait encore servir, vu la circonstance dans laquelle il est employé, à expliquer entièrement la nature des fonctions de l'ANTIIPADEYE qui est toujours nommé avecle ΔΙΑΓΡΑΦΕΥΣ etlΥΠΟΓΡΑΦΕΥΣ dans l'enre

gistrement grec de tous les contrats rapportés d'Égypte, et qui aurait pu être aussi une espèce de copiste ou traducteur-juré, délégué de l'autorité publique pour écrire, dans la langue administrative, des contrats rédigés en langue et en écriture du pays. Ainsi l'étude de ces précieux débris de l'antiquité égyptienne, peut fournir chaque jour quelque résultat nouveau, et l'on ait combien le petit nombre des contrats connus et

[ocr errors][ocr errors]
[ocr errors]

publiés a déjà procuré de notions historiques de quelqu'intérêt. Il devait d'ailleurs en être ainsi, d'après l'usage adopté, dans la rédaction des actes publics passés en Égypte durant la domination des Ptolémées, de mentionner dans leur protocole non-seulement l'année du règne et le surnom du souverain régnant, mais encore plusieurs prêtres ou prêtresses, et au premier rang parmi eux, le prêtre d'Alexandre-leGrand, fondateur de la monarchie macédonienne en Égypte, et dont le nom est suivi dans ces contrats des noms de tous les rois Ptolémées morts depuis Alexandre et associés à ses honneurs, jusques au roi régnant. Ainsi, le protocole, dans les actes publics de quelque importance, et, pour cela même, plus soignés dans leur texte, offre la série généalogique et chronologique des rois Ptolémées, et ces documens sont très-précieux pour leur histoire. Nous avons fait voir ailleurs (1) comment le seul contrat grec, appelé de Ptolémaïs et publié par M. Boëck, à Berlin, a suffi pour mettre hors de doute le règne d'un PtoléméeEupator, que nous avions exhumé, en quelque sorte, de l'oubli absolu où l'avaient laissé tous les historiens et tous les critiques avant nous; et encore pour confirmer pleinement ce que nous avions aussi cherché à établir sur la véritable durée du premier règne de Ptolémée-Soter II, portée à dix-sept ans par les uns, à quinze par d'autres, et qui est fixée à dix ans dans nos

(1) Éclaircissement sur le contrat grec de Ptolémaïs, p. 25 à 32

Annales des Lagides (2). L'examen soigneux de ces contrats est donc, à bien juste titre, l'objet des travaux des philologues de notre tems; il promet quelques heureux résultats, et de plus nombreux encore à mesure que l'époque relative de ces contrats divers se rapprochera de plus en plus, que le texte de leur protocole sera plus régulier et plus complet; surtout enfin quand, au lieu de la simple mention des divers prêtres qu'il était ordonné d'y relater, on y trouvera de plus et leurs noms et ceux de leur père, avec l'énoncé de leurs fonctions. C'est de là qu'on doit tirer en effet des données certaines, et qui nous ont manqué jusqu'ici, sur l'ordre de ces prêtres, sur leurs familles, leurs noms, leur succession, et sur la durée annuelle ou perpétuelle de leur sacerdoce.

Bien des doutes restaient encore à éclaircir sur ce

point pour l'Égypte des Lagides; mais les deux papyrus qui sont le sujet de cette notice, et qui font partie d'une seconde collection d'antiquités égyptiennes récemment envoyée à M. Thédenat du Vent fils, serviront à résoudre quelques-uns de ces doutes. Ces deux contrats sont l'un et l'autre du règne de Ptolémée-Épiphane, l'un de l'an 4 et l'autre de l'an 8; chacun d'eux, ce qui n'existe sur aucun autre contrat connu, contient, pour son époque, le nom du pretre d'Alexandre, le nom de l'athlophore de Bérénice-Évergète, celui de la canéphore d'Arsinoé-Philadelphe, et enfin le nom de la prétresse d'Arsinoé

(1) Tome II, p. 182 à 196.

« VorigeDoorgaan »