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de numismatique arabe. On nous a représenté qu'il n'existe jusqu'ici aucun traité de ce genre qui soit à la fois exact, méthodique et complet, de manière à pouvoir servir de guide aux amateurs des médailles orientales. Nous réunirons dans ce traité tout ce qui a été dit de bon sur le même sujet, en y joignant nos propres observations, et nous tâcherons d'y mettre l'ordre et la clarté indispensables dans ces sortes d'ouvrages. Cette partie contiendra tout ce qui, dans la science des médailles arabes, peut se réduire en règle. La seconde sera consacrée à l'explication parti.culière des médailles du cabinet de M. le duc de Blacas, et renfermera de plus une notice historique des princes qui les ont fait frapper (1).

(1) Nous citerons aussi les médailles du Cabinet du Roi. Ce cabinet est fort riche en médailles orientales. Nous profitons de cette occasion pour témoigner notre reconnaissance à MM. Gosselin et Raoul-Rochette, conservateurs du Cabinet du Roi, pour l'extrême complaisance qu'ils ont mise, dans le tems, à nous les communiquer. Il est également de notre devoir de citer M. Mionnet, premier employé du même Cabinet, qui a bien voulu nous procurer toutes les facilités possibles dans l'examen de ces médailles.

Sur les Ambassades en Chine (1).

LA Russie a conclu, en 1728, un traité avec la Chine par lequel la frontière entre les deux empires se trouve définitivement fixée, et le commerce réciproquement établi sur des bases solides. Après la lecture de ce traité, qui ne contient rien d'humiliant pour la Russie, on se tromperait si l'on supposait que cette puissance est regardée par la Chine comme son égale. Dans le traité même, il n'y a rien qui puisse faire présumer que la Chine s'arroge une suprématie sur la Russie, mais qu'on lise la description de cet empire, dans la géographie officielle des Mandchoux; on y verra que la monarchie des czars est traitée comme un état soumis au prince qui gouverne l'empire du Milieu. Le chemin même par lequel on doit recevoir les ambassadeurs et le tribut russe, y est indiqué par le réglement chinois.

Les diplomates répondront peut-être, que puisque la Chine n'a jamais reçu la moindre marque de soumission de la Russie, on doit traiter la vanité ridicule de la première, avec le mépris que mérite toute prétention insoutenable. Ces diplomates auront tort aux yeux des Chinois, et aux yeux des Européens en état de juger la question.

(1) Voyez, sur le même sujet, un article de M. Abe! Rémusat sur l'ambassade de lord Amherst, inséré dans le Journal des Savans, année 1821. p. 259–269.

D'après les idées reçues en Chine, toute puissance étrangère qui y envoie une ambassade, se reconnait le fait soumise à l'empereur.

par

En chinois cet acte de soumission est désigné par les mots laitchhao, «venir rendre hommage.»

Cette expression ne s'applique ordinairement qu'à la première ambassade du même peuple; pour les suivantes on se sert des mots lai koung, « venir

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porter le tribut ». Qu'on ouvre les annales chinoises, et on verra qu'en l'an 166 de notre ère, l'empereur romain Antonin (Marc-Aurèle) envoya une ambassade qui offrit le tribut à Houon ti, de la dynastie des Han; qu'en 284 une autre l'apporta aux Tsin, et que la même chose eut lieu en 637 et 719. On trouvera que l'Espagne est soumise depuis 1576, la Hollande depuis 1653, et le Pape depuis 1725.

Dans l'explication d'une mappemonde publiée en 1794, à Peking, on lit : « A la cinquante-huitième » année de Khian loung (1793), les Anglais, qui se » trouvent à l'extrémité du nord-ouest du Monde, » et qui dans les anciens temps n'avaient jamais pé» nétré en Chine, traversèrent les deux Océans pour » venir rendre hommage à l'empereur. » La seconde légation anglaise sera traitée dans les annales de l'empire comme ayant porté le tribut.

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On voit donc que l'envoi d'une ambassade est une marque de soumission, et que les présens qu'elle apporte sont regardés comme une chose due à l'empe

reur. Aussi sont-ils appeléskoung, « vectigalia >>> tributa. » Koung est en général tout ce qu'un inférieur offre à son supérieur naturel.

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Je sais bien que plusieurs personnes ont jugé que, pour des intérêts politiques ou commerciaux, on pourrait facilement fermer les yeux sur l'arrogante vanité des Chinois, pourvu que l'ambassade remplisse le but proposé. On serait tenté de se ranger de cette opinion, si ce n'était pas un fait constant, que jamais une ambassade en Chine ne peut remplir son but. Les Chinois, loin de négocier avec les envoyés des puissances étrangères, ne les regardent que comme des gens venus de la part de leur maître, pour présenter son respect et le tribut dû à son supérieur.

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La manière fixe et immuable de traiter avec le gouvernement Chinois, est celle de faire remettre par écrit les demandes à faire, au gouverneur de la province où l'on aborde. Celui-ci l'envoie à Peking, au Li fan youan (Collége des affaires étrangères), qui ne manque jamais d'y faire réponse. Mais il n'y a pas d'exemple que les Chinois aient traité avec un ambassadeur, s'il ne vient pas à la tête d'une armée. Les Mandchoux ont fait quelques concessions à la Russie, parce qu'ils la craignirent dans le temps, et parce qu'ils prévirent que le commerce à la frontière de la Sibérie, et les caravanes russes qui se rendraient à Peking, feraient du bien aux Mongols Kalka, ruinés par les longues guerres avec le Galdan des Euleuts. Dans d'autres circonstances et dans un autre temps,

la cour de Peking ne se serait peut-être pas montrée si traitable.

La chose la plus inutile qu'on peut faire est donc d'envoyer des ambassades en Chine, puisqu'elles doivent toujours rester sans résultat, et ne servent qu'à mettre les gouvernemens Européens dans une position humiliante. Que les ambassadeurs fassent ou ne fassent pas les cérémonies prescrites par les lois du céleste empire, cela n'est d'aucune importance. Le mal qu'on veut éviter en refusant de s'assujétir aux neuf génuflexions devant l'empereur ou devant son trône, est déjà fait par l'arrivée même de la mission. KLAPROTH.

CRITIQUE LITTÉRAIRE.

Système perfectionné de conjugaison des verbes grecs, présenté dans une suite de tableaux paradigmatiques, par D. Frédéric THIERSCH, professeur au Lycée de Munich, et chef du Séminaire philologique de la même ville; traduit de l'allemand sur la troisième édition, par F.-M.-C. JOURDA, D. M. P., membre de la Société médicale d'émulation, et de la Légion d'honneur. Paris, chez Thomine et Fortic, libraires, rue Saint-André-des-Arcs, no 59. 1822.

LE grec ancien n'est pas au nombre des langues dont la Société asiatique s'occupe spécialement. Cependant il rentre au moins indirectement dans son domaine, soit comme source du grec moderne, soit comme in

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