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ἐλπιδς (ελπις); γιγαντ

γιγαντς (γίγας); μελαν - μέλανς (μέλας). Quelquefois le nominatif est privé de désinence: génitif μáprop os, nominatif pάprop; quelquefois il se reconnaît au retranchement d'une lettre radicale: génitif par os, nominatif σῶμα ; δράκοντος, δράκων (dans ce dernier la voyelle est allongée). De même en sanskrit, radical RâJAN, roi, nominatif RAJâ; accusatif PATCHANT AM, nominatif PATCHAN (grec TETTOνтa, пÉTт) coquens. Remarquons que le visarga sanskrit est tantôt S, tantôt H, c'est-à-dire qu'on prononce également DEVAS et DEVAH, divus. Ne faudrait-il pas rapporter à cette analogie l'élision de S dans Ennius: versibu' quos olim, etc. Catus Eliu' Sextus?

Les participes en vos nous fourniront un dernier rapprochement; le sanskrit les termine en MÂNAS : NETTÓμEVOS, PATCHAMANAS. Les anciens dialectes d'Italie avaient aussi cette forme de là vertumnus (quasi vertomenos) de vertere; sanskrit VARTAMÂNAS; alumnus (alomenos) d'alere: amamini ( pluriel d'amamenos) vous êtes aimés (en sous-entendant estis ). A ces trois mots cités par M. Bopp, ajoutons vehemens (quasi vehemenos, qui impetu fertur), de vehere. C'est le sanskrit VAHAMANAS, de VAH, qui signifie aussi porter, et fait à la troisième personne de l'àoriste, AVAKSIT, vexit. Cette étymologie réfute assez a fausse dérivation vehere mentem qu'on donne à ve hemens.

Je bornerai ici ces rapprochemens. On en trouvera encore quelques autres dans la seconde préface placée

à la tête de ma grammaire grecque à partir de l'édition de 1819. On les trouvera surtout développés beaucoup plus en détail dans un excellent ouvrage de M. Bopp, publié d'abord en allemand, puis redonué en anglais avec quelques changemens. Enfin M.de Chézy les expose tous les jours avec une rare sagacité dans son cours au Collège de France, et je me fais un devoir de dire que j'en ai recueilli la plupart et beaucoup d'autres encore à ses doctes leçons, plusieurs années avant que personne eût rien publié sur ces matières(1).

Je reviens à M. Thiersch. Dans son quatrième tableau il décompose chaque forme du verbe en radical, voyelle modale, désinence personnelle. Ces trois élémens se distinguent très-bien au passif: indicatif (vο-μαι, λυ-ε-σαί, λυ-ε-ται ; subjonctif λύωμαι; λυτήσαι ; optatif --μev, Au-oc-σo. A l'actif, la voyelle modale se confond avec la désinence, Au-, es, e; elle reparaît au pluriel, Au-ó-μev, λu-e-re; et au duel, Au--TOY. Le parfait passif en est privé, λελυ-μαι, πεφιλη-μαι ; et les verbes en ut à l'indicatif: ten-μi, vide-pai. A l'optatif ces verbes prennent au lieu de a pour voyelle modale, Tiny, iora-i-ny. A cet exemple on forme certains parfaits passifs par un simple › souscrit, πpı, Anuny, no, pro. Mais ordinairement on prend une cir

.

του.

(1) Dès l'an 1810, M. de Chézy a inséré dans le Moniteur no 146, un article plein d'érudition sur la Grammaire sanskrite de Wilkins; article où il apprécie cet ouvrage avec une telle supériorité de doctrine qu'il relève jusqu'aux moindres fautes échappées à l'attention du savant anglais.

conlocution: TETUMμévos einv. A propos de voyelle moτετυμμένος εἴην.

dale, remarquons encore que c'est également I qui en sanskrit caractérise les modes que nous avons comparés aux optatifs grecs.

Cette manière d'analyser les verbes grecs est bien plus philosophique que le système, heureusement abandonné, des figuratives et des pénultièmes. Mais c'est ici surtout que M. Thiersch présente synthétiquement les résultats de sa belle et rigoureuse analyse; il faut être déjà fort pour le suivre et composer avec lui les formes dont il montre d'abord les élémens épars. Ce qu'il y a de plus véritablement neuf dans ses tableaux, c'est la conjugaison homérique mise en regard de la conjugaison ordinaire et présentée avec beaucoup de clarté. Le neuvième et dernier tableau, qui comprend les déclinaisons et quelques verbes irréguliers très-usités, est presque à lui seul une clef d'Homère. C'est principalement dans l'étude de ces anciennes formes qu'on reconnaît cette vérité, qu'en grec comme en sanskrit la conjugaison primitive était

σl,Ti, pour l'actif; pa, σαι,ται, pour le moyen.

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Or

T sont les consonnes radicales des trois pronoms μοῦ, σοῦ, τοῦ; les voyelles ne sont là que pour en faciliter l'articulation. Cette remarque détruit le système d'après lequel la grande famille des langues sanskritiques aurait formé sa conjugaison uniquement par des inflexions de la racine, tandis qu'une autre famille, à laquelle appartiennent l'arabe et le syriaque, la forme par des affixes ayant une signification propre. On voit que les désinences du sanskrit, d'où sont venues celles

du latin et du grec, n'étaient elles-mêmes dans l'origine, que de simples affixes que le temps et l'usage ont fini par fondre en un seul mot avec le radical. Ces idées, que nous avons déjà indiquées ailleurs, se trouvent avec des détails intéressans dans l'ouvrage anglais de M. Bopp, cité plus haut.

La traduction française des tableaux de M. Thiersch a le genre de mérite que comporte un tel ouvrage, la clarté. Quelques fautes d'impression, en petit nombre, ne méritent pas une critique sérieuse; elles sont si difficiles à éviter! Le lecteur instruit les corrigera d'ailleurs très-facilement. Nous voudrions que le traducteur se fût plus sévèrement interdit le néologisme. Etude difficultueuse, règles intransgressibles, lettres congénères, lettres terminales, n'étaient pas des locutions absolument nécessaires.

J'aurai atteint le but que je me suis proposé dans cet article, s'il contribue d'un côté à faire connaître un bon ouvrage, et de l'autre à exciter la curiosité de ceux qui n'ont pas encore lu ce qui a été écrit sur les innombrables rapports du sanskrit avec le grec, le latin, et toutes les vieilles langues de l'Europe.

J. L. BURNOUf.

NOUVELLES.

SOCIÉTÉ ASIATIQUE.

Séance du 1er Décembre 1823.

Les personnes, dont les noms suivent, sont présentées et admises comme membres de la Société :

S. Em. le Cardinal ZURLA.

M. CAHEN, Directeur de l'École d'enseignement mutuel israëlite de Paris.

M. Bopp, de Berlin, témoigne sa gratitude pour le titre d'associé qui lui a été accordé. Il annonce la prochaine publication d'une Grammaire samskrite en latin, et de quelques Extraits du Mahabharata, et offre de se charger du soin de faire imprimer sous ses yeux les fragmens sanskrits dont le Conseil a arrêté la publication.

M. Zohrab, membre de la Société, demande au Conseil de faire imprimer le Poème arménien de Nersès Glayetsi, sur la prise d'Édesse par les Sarrasins, en l'an 1143. Cette proposition est renvoyée à l'examen d'une Commission composée de MM. Saint-Martin, Kieffer et Burnouf.

Un membre fait observer que la Commission chargée de diriger le travail relatif à la gravure des caractères devanagaris, est maintenant incomplète par le départ de M. Fauriel. M. Burnouf est désigné et agréé pour remplacer M. Fauriel dans cette Commission, qui s'occupera sans

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