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sculpture, architecture, constitue une des parties les plus importantes de l'éducation publique, en raison de l'influence qu'ils exercent sur la moralité, les idées politiques et les croyances religieuses des peuples; mais il me serait difficile de faire connaître avec des détails suffisants les établissements consacrés à leur enseignement théorique ou pratique, sans sortir des limites que j'ai dû me prescrire. On a pu voir que le chant et le dessin occupent dans l'enseignement primaire et secondaire une grande place. Ces premières études ne sont que la préparation et le prélude de celles qui se poursuivront plus tard dans les écoles supérieures, Malgré le soin avec lequel les maîtres de l'enfance s'attachent à lui inspirer de bonne heure le goût de la musique, ce goût ne serait pas une passion universelle, et un besoin général, le sentiment musical ne serait pas chez les Allemands une faculté naturelle, se développant sans travail et sans peine, si les germes jetés dans l'âme de l'enfant n'étaient pas puissamment développés par des institutions spéciales dans la jeunesse et dans l'âge mûr. Tout concourt à nourrir et à entretenir ce goût. Partout les gouvernements ont encouragé la formation de ces utiles sociétés chorales, qui sous les noms de Liedertafel, de Liederkranz, de Gesang Verein, de Saenger Verein, se sont multipliées au point que l'on en compte au moins 1500 en Prusse et dans

les autres États d'Allemagne. Partout on chante avec ardeur, partout on écoute chanter avec délices. Il y a des concerts qui durent vingt-quatre heures consécutives, sans que les auditeurs semblent éprouver la moindre fatigue. Quels encouragements ne donne pas cette attention du public aux compositeurs sûrs de trouver pour leurs œuvres et de justes appréciateurs et des admirateurs enthousiastes! La musique en Allemagne est une chose sainte, et nulle part les charmes de la mélodie ou les puissants effets de l'harmonie ne sont employés avec plus de soin à faire pénétrer dans les âmes les vérités morales et les principes religieux.

Le culte de l'art et l'amour du beau ne reçoivent pas de moins puissantes excitations, grâce aux collections réunies à grands frais dans les capitales par les souverains des grands et des petits États. Les musées de peinture de Berlin, de Munich, de Dresde et de Vienne ne sont pas les seuls qui offrent à l'admiration publique les chefs-d'œuvre des grands maîtres. Des villes d'une moindre importance se sont fait un honneur de former aussi de belles collections artistiques. La plupart des capitales ont leurs académies des beaux-arts d'où sortent chaque année des sujets distingués. L'académie de Munich a non-seulement des cours de peinture, de sculpture, d'architecture et de gravure, elle a aussi des maîtres pour l'enseignement de l'histoire de l'art,

de l'anatomie, de la perspective, de la géométrie descriptive, etc. D'ailleurs, parmi les cours nombreux dont se compose l'enseignement des universités, l'esthétique occupe toujours une place considérable. Dans ces cours supérieurs, l'art antique est l'objet d'études savantes, éclairées par l'histoire et la philologie. L'archéologie est depuis Winckelmann un sujet de leçons dans toutes les universités. Elles deviennent l'occasion d'une foule de dissertations de la part des professeurs qui entretiennent des relations intimes avec l'Italie, la Grèce, l'Égypte et l'Orient. Ils connaissent à fond les nombreuses collections d'antiquités dont s'enorgueillissent Mannheim, Bade, Mayence, Wiesbaden, Bonn, Gotha, Weimar, Dessau, etc. — Ils énumérent et célèbrent avec enthousiasme tous les objets recueillis dans les musées nationaux, sans oublier ceux de Paris, de Londres, de Florence, de Rome, de Naples, et il n'est pas étonnant que la connaissance de l'art antique soit répandue dans les États allemands plus que partout ailleurs.

II

Les écoles dans lesquelles les jeunes gens reçoivent un enseignement spécial pour le commerce, l'industrie et les arts mécaniques sont fort nom

breuses en Allemagne. La Prusse n'en possède pas moins de trente, réunissant 3045 élèves avec 193 professeurs. On en compte trente-cinq en Bavière, avec 8100 élèves et 439 professeurs; le royaume de Saxe en possède quatre, ayant 443 élèves et 47 professeurs; le duché de Saxe-Cobourg-Gotha, trois, réunissant 272 élèves, avec 21 professeurs; celle de la ville libre de Brême a 236 élèves et 16 professeurs; celle de Hambourg 1000 élèves et 28 professeurs; les pays allemands de l'Autriche enfin, cinq, réunissant 1852 élèves recevant des leçons de 98 professeurs. Toutes ces écoles forment donc un total de 79, fréquentées par 14235 élèves et ayant 795 professeurs.

Au-dessus de ces établissements, il existe, au nombre de 17, de hautes écoles ayant quelque analogie soit avec notre École polytechnique, nom que portent plusieurs d'entre elles, soit avec notre école centrale des arts et manufactures.

Aachen a 253 élèves et 33 professeurs; Berlin (académie d'architecture), 612 élèves et 29 professeurs; Berlin (académie de commerce), 600 étudiants, 30 professeurs; Hanovre (école royale polytechnique), 260 élèves, 26 professeurs; Dresde (idem), 320 élèves, 34 professeurs; Darsmtadt (idem), 280 élèves, 32 professeurs; Brunswick (collége Carolin), 200 élèves, 25 professeurs; Brünn (institut technique), 186 élèves, 24 professeurs; Grätz (idem), 321 étudiants, 39 professeurs (l'établissement possède une bibliothèque de 66267 volumes); Ofen (école polytechnique),

444 élèves, 26 professeurs; Prague, 892 élèves, 78 professeurs; Munich (école polytechnique), 600 étudiants, 39 professeurs; Stuttgard, 580 étudiants, 56 professeurs; Carlsruhe, 550 élèves, 30 professeurs; Zurich, 867 étudiants, 92 professeurs; Riga, 188 élèves, 25 professeurs; Vienne (institut polytechnique), 740 étudiants, 74 professeurs: ce qui donne, pour les dix-sept écoles supérieures spéciales, 7993 élèves et 692 professeurs.

Habituée à donner à ses institutions une organisation régulière formant un ensemble savamment coordonné, la Prusse a suivi pour ses écoles industrielles et commerciales un plan qui consiste à les répartir dans chacune de ses provinces en les rattachant néanmoins à un centre commun, c'est-àdire à un institut supérieur, ayant son siége à Berlin. Cet institut industriel central est pour les écoles commerciales ce qu'est l'université aux gymnases qui y préparent. Chaque cercle a donc son école préparatoire (provinzial - gewerbe-schule). De chacune d'elles sort tous les ans un élève admis après examen à l'établissement central. Il y reste jusqu'à l'âge de 18 à 20 ans. Celui qui a satisfait aux conditions de l'examen d'entrée reçoit du gouvernement une bourse annuelle de 300 thalers (1125 francs) pendant tout le temps que dure son cours d'études. Cette bourse sert à son entretien comme externe, car l'institut n'a pas de pensionnat.

L'école forme deux divisions: les élèves de la

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