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première répètent d'abord ce qu'ils ont pu apprendre dans l'école préparatoire; puis ils passent à l'étude plus sérieuse de la physique et de la chimie. Une fois entrés dans la section supérieure, ils se livrent surtout à la pratique, tout en continuant à étudier les théories des constructions, des machines surtout, pour lesquelles le pays fait les plus grands sacrifices. On achète pour l'établissement, sur les fonds généraux accordés au commerce, à l'industrie et aux travaux publics, tous les instruments de travail jugés nécessaires et principalement les machines que l'on fait venir d'Angleterre, de France et d'Amérique. Dès qu'elles arrivent, elles sont dessinées, puis copiées ou imitées en nature et enfin données gratuitement à ceux des fabricants dont l'État veut encourager les entreprises.

Cette école ne ressemble ni à notre Conservatoire, ni à notre École centrale des arts et manufactures. Elle donne une éducation toute pratique et immédiatement applicable; elle est instituée surtout pour les enfants appartenant aux classes ouvrières. C'est à proprement parler une école d'apprentissage d'un ordre élevé, établie sur une large échelle. Elle forme non des ingénieurs, mais des artisans et de véritables chefs d'établissements industriels. La section supérieure forme deux classes, selon les professions auxquelles se destinent les élèves. Dans la première sont les tourneurs, les ébénistes, les ou

vriers en fer; dans la seconde, les tailleurs de pierre, les graveurs, les lapidaires, les fondeurs, les teinturiers, les fabricants de produits chimiques, les constructeurs de machines et les mécaniciens. L'établissement a donc des ateliers, deux pour les grands travaux, l'autre pour les moindres, des laboratoires de chimie, des machines à vapeur, etc.

La Saxe, qui a devancé la Prusse dans les développements de son industrie, a depuis longtemps de nombreuses écoles d'arts et métiers. Chemnitz, Zittau, Plaüen ont des écoles dans lesquelles les élèves sont préparés pour l'institut supérieur technique de Dresde.

Au nombre des écoles spéciales figurent les instituts agronomiques, les écoles d'agriculture, d'horticulture, les écoles forestières que l'Allemagne possède en assez grand nombre et dont l'organisation n'est pas moins remarquable que celle de ses autres établissements techniques. Parmi les écoles consacrées à l'étude et à la pratique de l'agriculture, on peut citer avec honneur celle de Möglin dans la province de Postdam, d'Eldena, de Hohenheim dans le Würtemberg; et parmi les écoles forestières, celles de Neustadt en Prusse, de Tharand dans la Saxe, de Hanovre, de Brunswick, de Giessen, de Carlsruhe, etc. Les villes de Berlin et de Dresde ont aussi des écoles vétérinaires renommées. Il suffira de connaître les principaux

établissements préparant aux carrières professionnelles pour avoir une idée de l'organisation qu'ont reçue en Allemagne la plupart des institutions de ce genre.

III

École industrielle de Barmen.

Une des meilleures écoles industrielles ou de perfectionnement pour les ouvriers est en Prusse: celle de Barmen.

Cette ville qui, réunie à celle d'Elberfeld, compte aujourd'hui 100,000 habitants, occupe une vallée couverte de métiers et d'ateliers où les ouvriers jouissent de la plus grande liberté, trouvent à leur portée tous les moyens d'instruction, des écoles de toutes sortes, caisse d'épargne, secours mutuels, pensions de retraite, etc. Dans l'année 1851, le conseil municipal, ayant demandé au ministre l'autorisation de créer une école technique, en obtint la permission. Mais le gouvernement refusa de lui accorder aucun subside. L'institution fut donc établie aux frais de la commune, qui voulut lui donner une organisation analogue à celle des écoles techniques les plus florissantes du Würtemberg, de la Bavière et surtout de la Suisse. Elle se compose de deux di

visions dont l'inférieure est spécialement destinée aux ouvriers, et dont la supérieure prépare à l'Institut royal des arts et métiers. On y enseigne l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, la chimie, la physique, l'allemand, le français, l'écriture, le dessin, a trigonométrie, la stéréotomie et l'architecture. Un soin tout particulier est donné à l'étude du dessin. Pour les élèves qui dessinent d'après la bosse, chacun d'eux est renfermé dans une petite cellule rectangulaire dont une fenêtre ferme un des deux côtés et dont les trois autres sont clos par des draperies de couleur vert foncé. Le modèle en plâtre, placé devant une de ces draperies, se dessine trèsnettement sur un fond doux à l'œil et les élèves peuvent, en faisant glisser les draperies sur les tringles qui les supportent, faire varier à leur fantaisie la position de l'ombre sur le sujet qu'ils ont à reproduire1.

A peine établie, l'école avait vu accourir d'Elberfeld un si grand nombre d'ouvriers qu'il fut nécessaire de l'agrandir, ce qui nécessita de la part du conseil municipal, toujours généreux, une nouvelle allocation de 600,000 francs. Ce sont les administrations municipales qui presque partout ont fondé les écoles professionnelles. La ville de Berlin en a trois qui comptent 13 à 1,400 élèves. Les cours

1. Baudouin, ouvrage cité, p. 170.

ont lieu le dimanche, de huit heures du matin à une heure du soir. Les ouvriers payent environ 15 centimes par séance. Les leçons sont gratuites pour les apprentis.

Écoles supérieures de Stuttgard.

La ville de Stuttgard, dont le gymnase jouit d'une grande réputation et possède une riche collection d'instruments de physique et de mathématiques, se distingue surtout par ses écoles préparatoires aux arts techniques, son école supérieure de commerce, son école d'architecture et son école polytechnique. Tous ces établissements sont parfaitement organisés et pourvus abondamment de tous les instruments de travail. Quant à l'enseignement, il ne diffère pas de celui des établissements du même genre existant en Allemagne pour les jeunes gens appelés à occuper des positions élevées dans les arts, le commerce et l'industrie. On a vu précédemment, d'ailleurs, combien le royaume de Würtemberg attache de prix à ses établissements d'instruction publique de tous les degrés. Il en a offert une preuve dans l'exposition générale de dessin, de travaux de modelage et d'écriture des écoles communales et privées, qui a eu lieu le 10 août 1872, à Stuttgard.

A cette exposition ont pris part: 400 écoles würtembergeoises, dont 118 écoles professionnelles

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