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dans l'autre monde Osiris d’Abydos, mais veut aller aux Champs Élysées sans boire l'eau du Léthé.

II. UN MOT SÉMITIQUE.

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«On fait de ton tombeau un étang (brgtě="???, 33) avec des fleurs (!)., Cette phrase démotique fixe le sens du mot que le texte hiératique correspon

E dant offre à la place de brgtě et dont il n'est pas d'autre exemple dans la littérature égyptienne.

Dans son édition du Papyrus Rhind, Möller n'avait pas proposé d'explication de l’hapur qui est manifestement d'emprunt; plus récemment (1), il a éinis l'opinion que le mot est de provenance libyque et représente l'ancêtre du berbère actuel anán re eau n. Hypothèse fort peu

vraisemblable : on croira difficilement que parmi le petit nombre des termes que les Égyptiens ont pris aux Sahariens se trouve une désignation de la chose dont le pays

de la soif est le plus dépourvu. L'origine sémitique de brgtě, qui apparaît dans le texte hiératique parallèle, invite à chercher bien plutôt du côté de la Syrie.

Nous reconnaissons dans - E le mot bien connu en hébreu 19 et en syriaque Lusso e fontainen.

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מַעְיִן

(1) Pap. Rhind I, VI, 1. 7 (1. 8 du texte hiératique).

(2) G. Möller, Aegyptisch-Libysches, Orient. Literaturzeitung, 1921, c. 195.

SUR

UN HORUS-FAUCON TROUVÉ A SUSE,

PAR

M. V. SCHEIL.

Dans sa campagne à Suse, en 1920-1921, M. de Mecquenem découvrit aux environs de l'À padana un petit souvenir égyptien. Le fait en lui-même n'est pas insolite, et plusieurs ruines mésopotamiennes ont livré diverses amulettes de même origine, avec ou sans légende écrite.

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Le petit Horus-Faucon dont nous voulons parler est en pâte verte (couleur mafek). Ses dimensions mesurent o m.o4 en hauteur, et, du sommet de la tête à l'extrémité de la queue, o m. 05. Le travail en est d'une exécution soignée

tête et plumage — et rappelle peut-être l'époque saste.

A y a lieu de s'arrêter à une inscription assez singu

Н lière gravée sur le jabot :

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dont les termes, semble-t-il, ne présentent d'abord aucun rapport avec le dieu figuré :

Noun, chaos, matière primordiale, Océan.
Les Biou Pa, ames ou génies de Pa.
Les Biou Nekhen, âmes ou génies de Nekhen.

Ouadj(l), plante verte, papyrus; peut être aussi Bouto, la déesse de Basse-Égypte.

Serait-ce là un exemple nouveau d'une inscription égyptienne faite à l'usage des étrangers ignorants de sa langue, par un marchand qui voulait ainsi rehausser le prix de ses objets ? Question de vénalité mise à part, ne connaissons-nous pas la pierre de Ak-Hissar (Anatolie), conservée au musée de Constantinople, qui présente pêle-mêle, grossièrement gravés, dénués de tout sens, nombre de signes hiéroglyphiques égyptiens (voir Recueil de Travaux, XV, 197-199) ?

L'épigraphie de notre Horus-Faucon est formée nou de signes quelconques, mais de mots bien définis.

Pour les avoir ainsi alignés, sur un objet dont la nature nous est bien connue, l'on doit rencontrer dans la fantaisie même du scribe une certaine logique, dont Horus sera le lien.

Notre confrère M. Naville, à qui j'ai soumis le texte, nous fournit une indication précieuse. Les Biou Pa et les Biou Nekhen ne sont pas sans rapport avec Horus, particulièrement avec Horus sur sa plante verte (ouadj), tel que Brugsch l'a trouvé représenté au temple de Denderah (Relig. et Mythol. der alt. Ægypt., p. 461).

M. Naville renvoie au Livre des Morts (chap. cxii), où il traduit : « Quant à Amsiti, Hapi, Douaoumoutf, Kebh

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senouf dont le père est Horus et la mère Isis, Horus parla ainsi à Ra : re Donne m'en deux pour Pa et deux se pour Nekhen, ils sont de ma race, et qu'ils soient avec ce moi pour une durée éternelle, faisant verdir la terre et re « se calmer les orages. De là vient que Horus s'appelle

. « Horus qui est sur sa plante verte (1). Je connais les esprits de Pa : Horus, Amsîti et Hapi.»

Le chapitre cxii se termine ainsi : re Je connais les esprits de Nekhen : Douaoumoutf et Kebhsenouf (1).»

Il semblerait donc que le rédacteur de la légende de notre Horus-Faucon eût eu devant l'esprit le chapitre exi du Livre des Morts, dont il extrait quelques mots essen tiels, par manière d'allusion et sans aucun dessein de résumer ses sources : Biou Pa, Biou Nekhen, Ouadj(t). L'objet lui-même est de matière verte, en souvenir de Horus 21., et appartiendrait à la classe des amulettes qu'on mettait dans les tombes.

Il reste à expliquer, en tenant compte de la forme plus qu'elliptique du texte, la présence, en tête, du nom de Noun. Employé souvent comme vignette, au début des chapitres de livres religieux, Noun indique vraisemblablement cette fois le cercle de l'océan qui entoure notre terre, et sur lequel le soleil navigue depuis le jour de la création. Là, le mort peut voguer avec lastre, et parcourir son domaine entier, sous le patronage des dieux. invoqués. Dans ce cas particulier, ces dieux sont les esprits de Pa: Amsîti, Hapi; les esprits de Nekhen : Douaoumoutf, Kebhsenouf, joints, les uns et les autres, à celui qu'on peut appeler — depuis le jour où il les a demandés à Ra pour être en sa compagnie, faisant verdir la terre et calmant les orages

Horus sur sa plante verte, ou simplement le Vert.

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(1) Traduction Naville reproduite par Brugsch (Relig. und Mythol. der alt. Ægypt., p. 460).

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