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11. État des différens registres de comptes, d'aides, dons, octrois, fortifications, faisant partie des archives de l'Hôtel de Ville de Paris; remis le 6 fructidor an vi, au citoyen Cheyré, dépositaire de la section domaniale.

Cet état est précédé des observations générales suivantes : « Les états des objets remis au citoyen Cheyré, sous les numéros 6 et 7, comprennent les comptes du Domaine patrimonial de la ville de Paris, depuis 1411 jusques et compris « 1784, avec mention de ceux qui manquent dans cette série.

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« Ce domaine, foible dans son origine, étoit devenu insuffi<< sant aux charges de la commune. Elle étoit chargée de l'entretien de l'abord des quatre grandes routes qui y aboutissoient, de celui des rivières qui y conduisoient directement ou indirectement les approvisionnemens; elle avoit, dans l'intérieur de la ville, des travaux de constructions et de répara<tions à faire pour l'utilité des habitans et la décoration de la capitale. Elle eut ensuite à se défendre contre les ennemis « extérieurs de l'état, et souvent contre les Anglois dont on « voit la haine et la jalousie s'appliquer constamment, depuis cinq siècles, à désoler et à vouloir dissoudre la France.

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Il étoit donc indispensable que la ville de Paris eût des « moyens extraordinaires de pourvoir à toutes ces dépenses.

a Ils lui furent, dans le principe, accordés sous le nom généaral d'aides. Ils prirent ensuite celui de dons et octrois. Ils se a percevoient sur les denrées et marchandises entrant à Paris. Quelquefois ces moyens furent employés par des cotisations, ou • par des taxes réelles et personnelles sur les habitans, mais au afond, l'objet étoit toujours le même, l'utilité ou la sûreté de a la ville.

On trouve des preuves de ces secours accordés à la ville a de Paris, dans des chartes ou des ordonnances depuis 1285, mais il n'existoit dans ses archives aucun compte de leur recette ou de leur emploi, avant 1424. La ville étoit alors sous ■ la puissance d'Henri VI, roi d'Angleterre, qui, par des lettres « du mois de juin de cette année, continua les octrois précé⚫ demment accordés, et en appliqua le produit aux fortifications;

le duc de Betfort, régent, nommoit les receveurs de la ville, et l'on a trois de leurs comptes depuis 1425 jusques et compris 1436, temps où les Anglois furent chassés de Paris.

On a trouvé, dans les archives de cette ville depuis cette • époque jusqu'en 1587, des suites plus ou moins interrompues a de quelques uns de ces registres des comptes où de leurs acquits. Ces comptes sont des doubles de ceux que les rece◄ veurs rendoient à la Chambre des Comptes, et qu'on s'est a assuré ne plus exister dans ses dépôts.

• Le mépris et la proscription de ces registres sous l'alléga⚫tion que ce sont de vieux comptes, auroient été aussi impar<donnables que la destruction d'anciens monumens ou de ■ vieilles médailles.

On y voit les motifs qui ont déterminé à accorder les oc«< trois ou à ordonner les taxes, les circonstances critiques où ⚫ ces impositions ont été établies, l'emploi qui a été fait de leur ⚫ produit dans des temps d'ordre ou de troubles, les genres de << travaux auxquels les fonds ont été appliqués, le prix des ma⚫tériaux et des salaires pendant plusieurs siècles, des détails précieux sur la Topographie de Paris, des transcriptions de ⚫ contrats de vente et d'acquisitions de terrains destinés aux travaux publics.

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L'histoire, les sciences et les arts réclamoient également la «< conservation de ces Registres, ainsi que des objets déjà remis au Dépôt Domanial, et l'on en fera plus particulièrement connoître l'importance dans le compte général que l'on rendra au gou‹ vernement et au citoyen Camus sur les Archives de la Ville. • Les états de ces différents comptes ont été rédigés dans la ‹ forme de l'état n. 6, et ils sont réunis dans ce cahier au nom⚫bre de quatre.

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Le 1er pour les comptes des aides, dons, octrois et fortifications, depuis 1425 jusqu'en 1679. Il comprend 103 re

gistres et 30 volumes de copies. On ignore la raison pour laquelle on n'en a pas trouvé la suite. On rendra compte des ⚫ éclaircissemens qu'on aura pris à cet égard.

Le 2 pour l'octroi accordé à la ville de Paris, par lettres

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a patentes du 14 décembre 1499, pour la reconstruction du Pont-Notre-Dame. Il comprend 7 registres.

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Le 3e pour l'octroi accordé à la ville de Paris, par lettrespatentes des 27 février 1552 et 17 février 1557, pour les fortifications de la ville; il comprend 15 registres.

Le 4 pour un octroi accordé à la ville de Paris, par lettres• patentes du 27 octobre 1601, pour les constructions du Pont-Neuf, de l'Hôtel de Ville, des fontaines publiques, et << autres travaux dans la ville. Il comprend trois articles. »

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12. État de différens objets qui se sont trouvés aux archives de la ville de Paris, et qui ont été remis au citoyen Cheyré, dépositaire de la section domaniale, le 6 fructidor an vi.

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Premier objet. État de terriers du domaine de la ville de Paris, 9 vol. de 1539 à 1767.- Deuxième objet. — État de registres de baux à loyer, à cens et rentes de maisons et héritages dépendans du domaine de la ville de Paris, 24 vol. de 1486 à 1722. Troisième objet. État de trois cartons contenant pièces relatives à la construction du quai d'Orsay, aux remparts et à la place et statue de Louis XV. — Quatrième abjet. État des registres pour servir à l'enregistrement des mandemens des différentes dépenses de la ville, 11 registres de 1729 à 1789. Cinquième objet. État des registres du contrôle de la caisse de la ville, 9 vol. de 1765 à 1772. Sixième objet. — État des inventaires et répertoires qui se sont trouvés dans les archives du ci-devant bureau de la ville, 4 vol. de 1583 à 1684.

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Comme on l'a vu, dans les observations qui précèdent l'état n° 6, la seule lacune importante que les commissaires répartiteurs aient eu à signaler en 1798, dans les anciennes archives de l'Hôtel de Ville, est celle des comptes du domaine dont les originaux manquoient depuis 1424 jusqu'en 1721. L'on verra, dans la seconde partie de cette notice, combien ces lacunes sont considérables aujourd'hui.

LE ROUX DE LINCY.

Dom Morillon. — 3oseph, ou l'Esclave fidèle.

1679-1705.-Joseph, ou l'Esclave fidèle, poême. A Turin, chez Benoist Fleury et Julien Le Brun, associez. CLXXX. in-12 de 4 folios liminaires et 179 pages. Tel est le titre d'un livre M. Brunet annonce être devenu rare, parce que les exemplaires en ont été retirés du commerce. Il fut vendu 9 fr. chez Baron.

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que

Ce livre si rare a eu néanmoins trois éditions bien constatées, pas davantage : Je les possède toutes trois. Il en est deux qui portent la souscription de Turin, 1679; elles sont faites l'une sur l'autre, réimprimées page pour page et ligne pour ligne; mais les fleurons et vignettes sont différens. Les lettres grises varient, les abréviations d'une impression disparoissent dans l'autre, enfin d'autres signes typographiques prouvent à l'évidence la diversité des éditions. ཇ རྩ བ ། ་ རྟེ ། ཟ

La troisième réimpression présente sur le titre la sphère céleste, tenue par une main sortant d'un nuage, avec cette indication: A Bréda, chez Pierre, Jean Jacques, imprimé sous la presse. M. DCC.v, pet. in-12 de 4 folios et 177 pages; l'exécution typographique a quelque chose de plus élégant, de plus cóquet que les deux éditions précédentes; toutefois il s'y trouve quelques fautes: on remarque entre autres qu'au bas de la page 72, le vers suivant a été oublié :-

J'ai sujet de la craindre autant qu'elle me flate."

Le poëme de l'Esclave fidèle a pour père dom Morillon, bénédictin, oublié par toutes nos biographies, mêmes universelles,

qui enfanta péniblement cette œuvre, la seule qui nous soit restée de lui. Ses confrères, dit-on, s'empressèrent de faire disparoître ce fils unique, et d'en anéantir toutes les traces et tous les souvenirs qui purent leur tomber sous la main.

On ne voit pas trop loin d'abord ce qui a pu soulever cette inimitié des doctes bénédictins contre l'inoffensif Joseph. Ce n'est sûrement pas l'effet d'une pruderie trop susceptible, car le père Morillon avoit prudemment dissimulé les passages scabreux où l'épouse trop passionnée de Putiphar fait à l'esclave fidèle des avances infiniment trop prononcées. On en peut juger par la manière dont l'auteur termine la scène si connue, entre Joseph et la dame qu'il nomme Oserie, et qui vient d'être repoussée avec perte:

1. P.

« A ces mots, possédée autant qu'on le peut dire

Du démon de l'amour qui la presse et l'inspire, O
Elle fait un effort qui blesse la pudeur,

Et qui marque l'excès de sa brutale ardeur. »

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Assurément ces vers n'ont rien de la crudité de la petite gravure de Rembrandt; c'est, au reste, le seul passage tant soit peu grivois que nous ayons découvert dans ce rare poëme, nous ne pouvons donc supposer que ce soit par un púdique scrupule que l'ordre des bénédictins ait cherché à le supprimer; nous préférons, penser que cette célèbre congrégationi, qui jouissoit d'une haute réputation littéraire, s'est trouvée intéressée, pour la conserver intacte, à la destruction d'une œuvre aussi foible par le style que burlesque par ses détails, et qui ne présentoit rien en harmonie avec la hauteur et la sainteté du sujet. Si tel fut le but que se proposoit l'illustré congrégation, il n'a été que foiblement atteint, puisque le poëme du P. Morillon eût naturellement été oublié par sa médiocrité, tandis que les efforts tentés pour le détruire lui ont donné une réputation de rareté et de curiosité qui lui vaut une seconde vie que toutes les bibliographies et les catalogues ne manqueront pas de prolonger.

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Ce n'est pas toutefois la pensée de la médiocrité aujourd'hui

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