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de sa matière ; qu'il a puisé dans toutes les sources: il ne dissimule aucune objection ; &: toutes ses réponses font trèsíatisfaisanres pour les espcits bien-faits, qui veulent user de leur raison. M. de Nèfle est un homme de Lettres dans toute l'étendue de ce terme; c'est àv dire, qu'il a fait d'excellentes études; qu'il poslede tous les bons Auteurs anciens & modernes ;.qu'il est né d'ailleurs avec beaucoup d'esprit , de talent , d'imagination même. J'ai vû des vers François de fa façon qui font honneur à son génie. IL a déja fait imprimer quelques ouvrages qui ont été bien accueillis; entre autres , Yjírifìippe Afode r ne j & les Préjuges du Public. On "prépare une nouvelle édition de ce dernier Livre, & je me propose de vous le faire connoître lorsqu'il paroîtra. L'Examtn du Matérialisme. , si propre, à confondre les Impies, les Libertins & les Incrédules , se trouve à Paris, chez Vincent t imprimeur-Libraire , Rue S. Séverin.

Lettre Critique de M. le Marquis De *** à M. de Servandoni.

Gette Lettre Critique est d'un Amateur du, vtai beau ,. & d'un Partisan du bon> jjo VA N N k E

goût. C'est une ironie soutenue avec enjouement, dans laquelle, fous prétexte de relever les prétendus défauts du Spectacle de M. de Servandoni, on en faic sentir les beautés. La frivolité de notre siécle y est feule en butte aux trait» d'un éloge Satyrique. M. le Marquis De *** qu'on suppose un Marquis du bon ton , dit d'abord à M. de Servandoni: « De » quoi diable vous avisez - vous d'imiter » cette Nature tant prônée , & qui ra» dote, de la copier dans Pobfcurité d'une » nuit, dans une belle aurore , dans un f jour plein , dans une sécheresse , dans une pluye abondante, le tonnerre , » les éclairs, le sombre des forêts, l'é» paiíseur des bois, dans la chute des tevr» rens , les nuances d'un beau Ciel, la » verdure des arbres , & tous autres ob» jets si triviaux & si ordinaires ? On voie *, cela tous les jours , 8c fans y faire la » moindre attention., dans la Nature » même : comment voulez- vous que Pi* » mrtation nous intéresse ?... UneMofi » quée ! Je vous en paise l'architecture , » les ornemens , la richesse ; je veux » qu'elle éblouisse : mais en vérité c'est » un lieu où l'on invoque , où l'on ì, prie ; il y a un pupitre, une esoèce de

*,Prêtre; que sçais-je? Un appareil de » Culte ! Oh cela est du derniersingulier; » je vous pardonne encore moins l'Her-, » mite qui s'avise de faire un miracle. » Pour le coup, on n'y peut plus tenir. »

Le Marquis dévoile ensuite le sujet de La Forêt Enchantée, Sc fait voir que M. DeServandoni a sçû faire de cet Episode duTasse un Poëme, où les règles font ì peu près observées. « Voilà de quoi as» sommer tout le monde. Sont-ce là no» n usages, nos heureuses libertés , notre » charmante indépendance , ce brillant » décousu qui fait tant d'honneur à nos M modernes! . . . De quel œil voujez« vous que vous voyent nos sublimes » Tragiques, & nos Comiques senten» tieux ? Ce sont des gens admirables j » ils font économes de méthode, & ils » ont raison j ils se sont déclarés ouvertcY, ment contre tout ce que l'on appelle v unité , 6c ils ont bien fait : & vous » dans un spectacle d'une heure de re» presentation , vous mettez plus de ces » miseres , qu'ils ne feroient dans cin,, quante Pièces de cinq Actes chacune.., M Ah vous ères furieusement vieilli; le » siécle précédent vous adoptera , si vous » n'y prenez garde. On vous adjugera de $ti Vjsthìê

» cette espèce de génie qu'on ne con noir » plus ; mais on vous refusera del'et » prit. »

J'aime surtout ta plaisanterie du Marquis au sujet de Renaud, lorsqu'il aroive pour desenchanter la Forêt. "Conve» nort - íl qu'il marchât seul& à pied, » comme un homme ordinaire í Pour qu'il » entrât décemment dans la Forêt, il fal» loit au moins le mettre dans une petite » voiture légère, dans un Diable, par » exemple, qu'il auroit mené lui- même; » il fa!loit lui pendre un gros manchon » fur l'épaule au bout d'une ceinture en J, bandoulière ; c'est la de l'intérelîànt r * & tour lè monde eîit kit comble. »

M. lè Marquis part dè là pour conseiller i M. De Strvandoni de tourner soa génie à inventer des ressorts plus liants & plus actifs pour nos voitures ; à-fabriquer áés Sophas , des Pdrejseufes qui puisíènt se mouvoir pareu-x-mêmes * & qui ayent une élasticité conforme à leurs usages. Il Tinvite aussi a se rendre souvent au Boulevard , où il" pourra saisir ce qui peut interesser , amuser le Public Il y verra1 les plus jolies choses du monde, des Marionnetes admirables, Sec. Enfin il esfc persuadé que notre grand Artiste gour

roît y donner à peu de frais un Spectacle de fantaisie , qui feroit à croquer; qu'on y feroit foule, qu'on y étoufferoit. Cette petite Brochure agréable se vend au Palais-Royal, & à la porte du grand Théâtre des Thuileries.

. Urbanì Hierne Àclorum Chemicorum Holmienjìum, Tom. 1. & U.

Les Essais Chimiques de ce célèbre Médecin Suédois publiés pour la première fois en 1711 étoient devenus rares. On en a donné à Stockholm une nouvelle édition augmentée deplus d'un -tiers, &c enrichie d'une grande quantité de notes par le Docteur Wallerius. Les eíïais à! Hierne font le fruit d'une longue 1 suite d'opérations exécutées dans le Laboratoire Royal de Stockholm fous les regnes de Charles XI & de Charles XII, Rois de Suède. La faine Chimie, qui s'est ^établie en France , doit recevoir avec plaisir de pareils Ouvrages. Celui-ci se trouve à Paris chez BriaJJon, Libraire» Rue Saint Jacques , à la Science.

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